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Architecte subtil, enseignant respecté
Pierre-Louis Faloci, né en 1949 à Nice, est lauréat du Grand Prix national de l’architecture 2018. - © PHOTOS : DANIEL OSSO

Architecte subtil, enseignant respecté

JACQUES-FRANCK DEGIOANNI |  le 02/11/2018  |  ProfessionMinistère de la CultureGrand Prix national de l'architecturePrix de l'Equerre d'argentFranck Riester

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En retrait et discret - si ce n'est secret -, Pierre-Louis Faloci voit son parcours et son engagement récompensés par le Grand Prix national de l'architecture 2018.

« Ça faisait bien vingt ans que je n'avais plus entendu parler de lui ! », s'étonne l'un. « Sur les six candidats qui restaient, il était le seul à pouvoir l'obtenir ! », s'exclame une autre. C'est dire si Pierre-Louis Faloci, lauréat du Grand Prix national de l'architecture 2018, suscite des réactions où la surprise le dispute à l'admiration. C'est le 19 octobre, après une journée de débats - et à l'unanimité du jury - que Franck Riester, ministre de la Culture, a remis à l'architecte né en 1949, à Nice - « un sauvage dans le métier », ainsi qu'il se qualifie - le diplôme du Grand Prix. Le ministre a salué « l'exemplarité d'un parcours et d'une œuvre » qui a su « composer avec le paysage, l'histoire et la mémoire », une œuvre « de justesse et de profondeur ». « Vos réalisations touchent tous ceux qui les approchent », a-t-il ajouté. « Je ne m'y attendais pas. J'étais extrêmement ému », confie le lauréat.

Equerre d'argent. Diplômé en 1974 de l'Unité pédagogique d'architecture n° 7 (UP7), Pierre-Louis Faloci ouvre son agence dès 1975, où ses premiers projets le font rapidement (re)connaître sur la scène nationale et internationale : « "Casabella" me suit et me publie depuis 1985 », souligne-t-il, étonné par la fidélité de la revue italienne à son travail. Auteur de nombreux lieux de mémoire - musée de la bataille de Valmy à Sainte-Menehould (Marne), musée de la Guerre 1914-18 à Lens (Pas-de-Calais), Centre européen du résistant déporté, sur le site du camp de Natzweiler-Struthof (Bas-Rhin), etc. -, il reçoit l'Equerre d'argent en 1996 pour le musée de la civilisation celtique au Mont-Beuvray (Nièvre).

Praticien reconnu, passionné de photographie… et de football, il a enseigné depuis 1990, et jusqu'en 2016, à l'école d'architecture de Paris-Tolbiac puis, à partir de 1998, à Paris-Belleville. « Je ne suis pas dans le star system . Je ne suis pas dans la rapidité. Après l'Equerre, je me suis mis en retrait pour me concentrer sur la recherche et l'enseignement. J'ai passé ma vie à enseigner [2 480 étudiants, a-t-il calculé, NDLR]. C'est dans mon caractère de réfléchir et transmettre. »

Liberté pédagogique. Et ce sont ses anciens étudiants qui en parlent le mieux : « Faloci est fan de Le Nôtre, de composition, d'ordonnancement et de land art, comme révélateur du paysage. C'est aussi un amoureux du cinéma, des cadrages et des travellings, relève Benjamin Fleury, architecte. Il sublime l'approche moderne de l'architecture (structure, lumière, etc. ), par une analyse poétique du site, de sa géologie et de son climat. Il ajoute à l'espace cette quatrième dimension qu'est le temps long de l'Histoire. » Son confrère Julien Joly d'ajouter : « Pas de dogme imposé avec lui. Chaque étudiant développait son écriture. Sa mémoire des projets et sa bienveillance avaient l'art de nous motiver. C'est une personnalité kaléidoscopique, rigoureuse et fantasque. Il m'a transmis cette intranquillité nécessaire pour se méfier du réel et mieux l'interroger. » « J'enseigne l'architecture et le paysage comme un tout. J'essaie en permanence d'expliquer aux étudiants que l'architecture n'appartient plus au système des beaux-arts et qu'elle ne peut plus être envisagée comme une discipline solitaire, écrit Pierre-Louis Faloci sur son site web. J'ai toujours insisté sur le fait que ce métier était étroitement lié à la notion de paysage et, par conséquent, à la conscience d'une énorme responsabilité dans l'acte de construire et de transformer. » Réfléchir et transmettre…

En savoir plus : Monographie : « Pierre-Louis Faloci. Architettura, educazione allo sguardo », par Marco Biagi et Joseph Abram, 22 x 28 cm, 224 p., 48 euros. Editions Electa (édition bilingue italien-anglais), 2018.

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L’ancienne Halle aux sucres de Dunkerque (Nord), devenue Learning Center « Ville durable » (2015). - © PHOTOS : DANIEL OSSO

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