Arcelor Mittal attaqué en justice pour la vente de Dofasco

CHESSA Milena |  le 26/12/2006  |  InternationalMise en concurrenceAcierEuropeConjoncture

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Le conglomérat allemand ThyssenKrupp a engagé mardi une procédure judiciaire en référé contre le numéro un mondial de l'acier Arcelor Mittal, lui reprochant de ne pas respecter son engagement de lui céder le sidérurgiste canadien Dofasco. L'audience doit se tenir le 11 janvier prochain à Rotterdam, bien qu'Arcelor Mittal juge la procédure "sans aucun fondement".

Un bras de fer oppose depuis plusieurs mois Arcelor Mittal à ThyssenKrupp au sujet du rachat de Dofasco. Ce dernier avait été racheté pour 4 milliards d'euros en janvier par Arcelor, à l'issue d'une bataille avec ThyssenKrupp. Par la suite, Mittal Steel s'était entendu avec l'allemand pour lui revendre Dofasco en cas de succès de son OPA hostile sur Arcelor. Mais Arcelor avait alors voulu protéger Dofasco de l'appétit de Mittal Steel par un montage juridique, en transférant les actions dans une fondation indépendante aux Pays-Bas, la Strategic Steel Stichting.

Mittal Steel et Arcelor ont fusionné l'été dernier, et ThyssenKrupp espère toujours mener à bien son projet, qui le ferait passer au sixième ou septième rang mondial des producteurs d'acier. Mi-novembre, Arcelor Mittal, avait annoncé que son projet de vente de Dofasco à ThyssenKrupp était compromis, en indiquant que la fondation néerlandaise ne serait pas dissoute, alors que cette dissolution "aurait permis la vente de Dofasco". L'action en justice annoncée mardi a pour but de faire en sorte qu'Arcelor oblige la fondation à lui restituer les actions Dofasco. Le blocage de la vente de Dofasco pourrait faire les affaires d'Arcelor Mittal, qui conserverait ainsi une filiale très rentable. Elle a enregistré une très forte progression de son bénéfice net au troisième trimestre.

Le premier sidérurgiste mondial avait aussi précisé vouloir "évaluer la situation" et "prendre contact avec le ministère de la Justice américain", qui a la haute main sur les dossiers de respect de la concurrence. Le département américain de la Justice (DoJ) avait conditionné en mai son feu vert à la fusion entre Arcelor et Mittal à la cession de Dofasco ou à celle d'autres actifs de taille équivalente s'il en était incapable, afin d'éviter un abus de position dominante. A défaut, si la vente de Dofasco devenait impossible, le DoJ avait indiqué qu'il demanderait la vente de l'usine de Sparrows Point (près de Baltimore, est), soit celle de Weirton (en Virginie, est). Début décembre, le patron de ThyssenKrupp avait indiqué qu'il misait sur l'intervention des autorités américaines pour assurer son rachat de Dofasco.

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