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AQUITAINE-MIDI-PYRENEES Le retour de l'investissement dans les stations pyrénéennes

JEAN-MARIE CONSTANS, JEAN-BERNARD GILLES, FLORENCE ELMAN |  le 26/01/2001  |  Collectivités localesArchitectureAménagementHaute-GaronneHautes-Pyrénées

Près de 300 millions d'euros de projets sur dix ans

Les Pyrénées renouent avec l'investissement. On estime ainsi, sur l'ensemble du massif, à près de 300 millions d'euros (1,9 milliard de francs) le montant des projets de travaux et des équipements mis en oeuvre par les vingt-neuf stations de sports d'hiver dans les dix prochaines années. Pour la seule saison 2000-2001 près de 35 millions d'euros (229,6 millions de francs) sont d'ores et déjà engagés, dont environ 14 millions d'euros (91,8 millions de francs) pour les équipements de neige de culture et l'aménagement des domaines skiables et plus de 21 millions d'euros (137,7 millions de francs) pour les remontées mécaniques. Un niveau d'investissement, près de 17 % du total des investissements au plan national, qui témoigne d'un effort qui tranche avec la morosité des dernières années, même si une certaine prudence reste encore de mise. Une évolution qui s'explique en partie par l'amélioration de la situation financière des collectivités gestionnaires, qui ont su résorber leur endettement, mais dans laquelle interviennent aussi d'autres facteurs indique Michel Rouffet, responsable de l'antenne Pyrénées du SEATM (Service d'études et d'aménagements touristiques en montagne). « Les équipements de la plupart des stations pyrénéennes datent d'une trentaine d'années. Leur obsolescence autant que les règlements de sécurité exigent aujourd'hui leur remplacement. La concurrence accrue, entre stations françaises ou avec les stations espagnoles et andorranes, implique une nette amélioration de l'offre. Enfin le développement de la neige de culture est devenu une nécessité pour pallier au déficit d'enneigement souvent constaté ». Des investissements de niveau variable mais qui représentent pour certaines stations des programmes d'une particulière ampleur. Ainsi les stations du Tourmalet Barèges-La Mongie prévoient 45 millions d'euros (295,2 millions de francs) d'investissements sur dix ans, dont 10,8 millions d'euros dès cette année avec deux télésièges et le remplacement du téléphérique du Taoulet permettant l'accès au Pic du Midi, Saint-Lary 21,6 millions d'euros (141,7 millions de francs) sur cinq ans dont 10 millions d'euros cette année pour un nouveau télésiège et des équipements de neige artificielle, 10,6 millions d'euros environ pour Luz-Ardiden, 2,9 millions d'euros cette année pour Ax-les-Therme et 4,5 millions d'euros en prévision pour un nouveau téléporté en 2002, 24 millions d'euros (157,4 millions de francs sur cinq ans pour les deux stations des Pyrénées-Atlantiques, Gourette et la Pierre-Saint-Martin (voir ci contre).

Ce retour à l'investissement est également lié, souligne Michel Rouffet, à l'évolution des modalités de gestion des stations, qui demeurent, spécificité du massif et à l'exception notable de Saint-Lary, assurées en direct par les collectivités locales.

Le déclic de la loi montagne

« L'application de la loi montagne, qui était perçue comme un frein a favorisé en définitive l'investissement. La règle du conventionnement, avec l'obligation de se mettre en conformité avant janvier 1999, et les regroupements intercommunaux ont accéléré la modernisation des stations ». Une dynamique qui s'inscrit entre autres exemples dans les créations récentes du SIVU des vallées d'Aure, qui regroupe cinq communes autour de Saint-Lary, d'un syndicat mixte avec les communes de Bagnères, Barèges, Sers et Campan pour Barèges-La Mongie, ou la création d'un syndicat intercommunal entre Saint-Pierre et Eyne, dans les Pyrénées-Orientales. Sans oublier l'action des départements qui s'impliquent de manière croissante dans des structures essentielles pour l'économie du massif. En témoignent l'implication de la Haute-Garonne et des Hautes-Pyrénées dans la Semap, qui gère la station de Peyragudes, le syndicat mixte associant communes et département de l'Ariège pour la gestion de Guzet Neige, ou la proposition du département des Pyrénées-Orientales de couvrir l'endettement des stations en contrepartie d'une participation à leur gestion (voir page suivante).

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La révolution du canon à neige

Depuis deux ans, les stations pyrénéennes mènent une véritable course à l'armement. En 1999, dix sites sur les 29 du massif ont investi 5,6 millions d'euros (36,7 millions de francs), soit 16,22 % des 34,7 millions d'euros injectés sur l'ensemble des stations de l'Hexagone pour accéder à la « garantie neige ». Pourquoi ce réveil soudain ? « Parce que les technologies ont considérablement évolué ces dernières années, explique Henri Mauhourat, directeur général de l'EPSA. Avec des équipements bien pensés, on peut désormais maintenir l'enneigement entre 1 400 et 2 000 m, 60 à 80 % du temps. Il y a cinq ans, on ne pouvait fabriquer de la neige artificielle au delà d'une température de -3°, aujourd'hui on y parvient sans difficulté à 0°. »

POINT DE VUE "Nous devons désormais travailler sur l'hébergement" Henri Mauhourat, directeur général de l'Epsa (Etablissement public des stations d'altitude).

« Aujourd'hui, une station se gère comme une entreprise. Elle doit donc être concurrentielle, se moderniser, faire du marketing et être rentable. Or bon nombre de sites du massif des Pyrénées ont été créés, il y a quarante ans, dans une optique d'aménagement du territoire et non de rentabilité. Changer les mentalités et les modes de fonctionnement fait donc partie des priorités. Par ailleurs, il faut s'attaquer de concert à la remise à niveau des stations, "le hard" (remontées mécaniques, production de neige de culture...) qui accuse un certain retard. La course à la rénovation est amorcée, mais on peut s'interroger sur la capacité à investir des plus petits sites. Le troisième volet auquel il faut s'attaquer, c'est la faiblesse de l'hébergement pyrénéen, tant en terme de qualité que de quantité. La requalification de l'existant, l'augmentation du nombre de lits "banalisés", la création d'hôtels haut de gamme sont des points à travailler ».

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Stations pyrénéennes

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