Après un an de pandémie, des artisans plus stressés mais la parole libérée
- © Capeb, Iris-ST, CNATP

Après un an de pandémie, des artisans plus stressés mais la parole libérée

Maya Pic |  le 06/05/2021  |  Santé au travailArtisan santé-sécuritéHygiène, sécurité et protection de la santé100 % eau et énergie 100 % gros œuvre

Ma newsletter personnalisée

Ajouter ce(s) thème(s) à ma newsletter personnalisée

Artisans
Santé au travail
Artisan santé-sécurité
Hygiène, sécurité et protection de la santé
100 % eau et énergie
100 % gros œuvre
100 % second œuvre
Capeb
CNATP
France
Stores et fermetures
Valider

La 7e édition du baromètre Arti Santé BTP, portant sur l’année 2020, révèle des résultats singuliers sur l’état de santé des artisans : manque de perspectives, incertitudes, stress accru, mais également meilleure santé, bon moral et libération de la parole.

Marquée par une crise sanitaire inédite et par l’incertitude de son évolution, l’année 2020 a fortement impacté les entreprises artisanales du bâtiment. Cette nouvelle étude Arti Santé BTP menée dans ce contexte particulier, entre décembre 2020 et janvier 2021, par la Capeb, l’Iris-ST et la CNATP, met en évidence les conséquences directes de la pandémie de Covid-19 sur les artisans.

Activité et accompagnement

Avec une baisse d’activité globale de 9 %, l’optimisme des dirigeants sur l’avenir de leur entreprise recule à 46 %, contre 54 % en 2019. À noter cependant, le nombre de dirigeants déclarant la pérennité de leur entreprise menacée baisse lui aussi, à 23 % contre 31 % en 2019, grâce aux mesures de soutien gouvernementales. Parmi ces dirigeants, 27 % se sont fait aider. Un chiffre en hausse de 6 points, qui prouve que les artisans sont plus enclins à entrer dans une démarche d’accompagnement. Ainsi, 69 % déclarent savoir vers qui se tourner, contre 59 % en 2019.

Diminution du temps de travail

Malgré un rythme de travail toujours très soutenu, on constate une diminution du temps de travail. 47 % des artisans déclarent travailler 6 à 7 jours par semaine contre 54 % en 2019. Et pour la deuxième année consécutive, le nombre de dirigeants travaillant plus de 60 heures par semaine est en baisse (18 %, contre 21 % en 2019 et 26 % en 2018).

Le confinement du printemps 2020 a par contre raccourci les congés d’été des artisans. 27 % d’entre eux ont dû les réduire et 21 % n’en ont pas pris du tout. 41 % ont pris moins de 2 semaines de congés contre 30 % en 2019. Avec pour conséquence une augmentation de la fatigue qui s’installe en fin d’année.

Meilleure santé mais hausse du stress

En dépit de la crise sanitaire, le baromètre révèle que les artisans se considèrent en bon état de santé : 82 % contre 72 % en 2019. Les dirigeants qui se déclarent fatigués sont aussi moins nombreux (49 % contre 58 % en 2019). La quantité de sommeil est bonne pour 63 % d’entre eux, qui dorment entre 6 et 8 heures par nuit, mais à nuancer car ils sont 67 % à avoir des troubles du sommeil.

Malgré ces perceptions plutôt positives, une première depuis quatre ans, le nombre d’artisans se déclarant stressés a augmenté, soit 60 % des répondants et 82 % de ceux dont la pérennité de l’entreprise est menacée. Et pour 68 % d’entre eux, le niveau de stress a augmenté (contre 43 % en 2019). Un état émotionnel majoritairement dû à la crise sanitaire, même si depuis sept ans les résultats du baromètre alertent sur le stress des dirigeants d’entreprise artisanale.

Libération de la parole

Démarches administratives, charge de travail, investissement personnel continuent de peser sur les artisans. Ils sont plus nombreux à percevoir leur activité comme très exigeante mentalement (59 %, contre 57 % en 2019 et 46 % en 2018) et 32 % d’entre eux déclarent avoir rencontré des difficultés psychiques en 2020. Point positif, ils sont toujours plus nombreux à oser faire part de leur mal-être : 60 % l’ont évoqué à quelqu’un en 2020, contre 56 % en 2019 et seulement 36 % en 2018. Un chiffre peut-être dû à la médiatisation du mal-être lié à la crise sanitaire et à davantage d’information sur les dispositifs de soutien.

Le président de la Capeb, Jean-Christophe Repon, s’enthousiasme de cette avancée : « nous constatons cette année une véritable libération de la parole de nos artisans qui sont davantage enclins à se faire aider. Fruit d’un travail de longue haleine, nous allons évidemment continuer notre travail d’information pour soutenir au maximum nos artisans dans leur quotidien ! » Pour Cécile Beaudonnat, responsable santé-sécurité à la Capeb, « le rôle des médias qui ont largement abordés les conséquences psychologiques du confinement a certainement débloqué certains tabous auprès de certains chefs d’entreprise qui n’ont pas hésité à en parler. »

Agilité et résilience

En cette fin d’année 2020, la majorité des répondants déclarent tout de même avoir réussi à tirer des éléments positifs de cette crise sanitaire : une mise à jour de la partie administrative de leur entreprise pour certains, des réflexions sur leurs activités et le développement vers de nouveaux marchés pour d’autres. 75 % des artisans déclarent même avoir le moral, malgré le stress et l’incertitude face à l’avenir.

Cette positivité s’explique notamment par le fait que le secteur du bâtiment s’est relativement bien porté après le 1er confinement avec une reprise rapide de l’activité. De plus, 76 % des répondants se sont sentis soutenus par les dispositifs de soutien mis en place par les pouvoirs publics et dans la mise en œuvre des mesures sanitaires nécessaires à la poursuite de leur activité.

Commentaires

Après un an de pandémie, des artisans plus stressés mais la parole libérée

Votre e-mail ne sera pas publié

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur
Ajouter Le Moniteur à l'écran d'accueil