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Après un an d'interruption, le chantier de la Toulouse School of Economics redémarre
Depuis le 14 septembre, Eiffage construction Midi-Pyrénées a repris la construction du bâtiment qui abritera la centaine de chercheurs de la Toulouse School of Economics. - © © Christiane Wanaverbecq

Après un an d'interruption, le chantier de la Toulouse School of Economics redémarre

Christiane Wanaverbecq (Bureau Sud-Ouest du Moniteur) |  le 15/10/2015  |  TechniqueHaute-GaronneGros œuvre

Arrêté le 29 septembre 2014 à la suite de la découverte d’erreurs de calculs dans les fondations, le chantier de construction de la Toulouse School of Economics peut reprendre pour une livraison en 2018, soit un an et demi de retard par rapport au calendrier initial.

Depuis le 14 septembre, les ouvriers d’Eiffage construction Midi-Pyrénées s’activent sur le chantier de la Toulouse School of Economics (TSE), au bord du canal de Brienne au centre-ville de Toulouse.

Après les travaux de nettoyage et préparatoires, ils pourront véritablement attaquer en novembre la reprise de la construction du bâtiment (11 280 m2 Shon) conçu par les architectes irlandais Grafton Architects pour accueillir la centaine de chercheurs et de doctorants de l’école désormais mondialement connue pour les travaux de son président, le prix Nobel de l’économie Jean Tirole. Ils intégreront en septembre 2018 leurs nouveaux locaux, soit un an et demi après la date de livraison programmée. Pour le maître d’ouvrage, le retard représente un surcoût de près de 5 millions d’euros sur le montant total initial de 44,5 millions d’euros, sans compter la perte d’une partie des 8 millions d’euros de Fonds européen de développement régional (Feder).

Etudes incomplètes et erronées

La reprise d’un des projets emblématiques de la ville rose met un terme à l’ajournement du chantier décidé, à partir du 29 septembre 2014, par l’université Toulouse 1 Capitole pour revoir les calculs des fondations. «Le maître d’ouvrage a été alerté d’abord par l’OPC qui a constaté que les études d’exécution complémentaires prévues dans le DCE n’étaient pas livrées selon le planning. Puis, Eiffage, titulaire des lots «gros œuvre» et «revêtements lourds», a déclaré qu’elle ne pouvait plus continuer les travaux compte tenu d’études incomplètes et erronées», rappelle le professeur François Sabiani, conseiller juridique du maître d’ouvrage.

Reprise des fondations

Les premiers audits ont montré la responsabilité du bureau d’études structures RFR et de son sous-traitant RFR GO+. «Sur la centaine de fondations, plus de 20% devaient être reprises. Aujourd’hui, après diagnostic, nous avons décidé d’en reprendre certaines avec des micropieux ou bien de renforcer les semelles», précise Michel Ramongassié, directeur du patrimoine à l’université Toulouse 1 Capitole, qui s’appuie désormais sur Eiffage pour les études d’exécution.

«L’enjeu est maintenant de terminer un beau bâtiment digne de TSE. Nous avons évité le pire, car le chantier reprend, certes avec du retard, un surcoût pour le maître d’ouvrage et des répercussions juridiques», confie Philippe O’Sullivan, architecte du cabinet Grafton Architects.

Recherche des responsabilités

En effet, Toulouse I Capitole cherche à être indemnisée des dommages causés par les défaillances de RFR GO+. Compte tenu de sa liquidation et de celle de sa maison mère RFR*, elle devra se tourner vers les assurances. La problématique est la même pour les entreprises. Eiffage a, par exemple, laissé sur le chantier deux grues et mis au chômage technique des compagnons. «Avant 2013, les entreprises qui subissaient des difficultés pouvaient se retourner contre le maître d’ouvrage. Mais depuis un arrêt du conseil d’Etat de juin 2013 «Région de Haute-Normandie», en l’absence de faute du maître d’ouvrage, elles ne peuvent rechercher que la responsabilité des autres intervenants pour les fautes qu’ils auraient commises. Dans l’affaire du chantier TSE, il s’agit principalement de la maîtrise d’œuvre, et surtout de RFR», explique le professeur François Sabiani. Pour l’heure, le professeur de droit public, conseille à l’université d’attendre la fin de l’opération.

Expert

De son côté, Eiffage construction Midi-Pyrénées a demandé au tribunal administratif (TA) de Toulouse de nommer un expert pour définir et chiffrer les travaux de reprise, évaluer les préjudices, et déterminer les responsabilités. «Après le rejet de sa demande par le TA qui a considéré qu’il était encore trop tôt à ce stade de l’opération, l’entreprise a saisi la cour administrative d’appel de Bordeaux qui devrait rendre sa décision cet automne. Mais, la demande de définition et de chiffrage des travaux de reprise a surpris car le maître d’ouvrage a confié les études d’exécution à Eiffage elle-même», déclare François Sabiani.

Interrogée, Eiffage n’a pas souhaité se prononcer.

Maîtrise d’ouvrage: Université Toulouse 1 Capitole.

AMO: Athegram AMO.

Architectes: Grafton Architects (mandataire), Agence Vigneu-Zilio.

Entreprises: Eiffage Construction (terrassements, gros œuvre), Malet (VRD), Réalco (menuiseries extérieures), Constructions Saint-Éloi (serrurerie), ETP, Rouzès (plâtrerie, cloisons vitrées, faux plafonds), Del Tedesco (menuiseries intérieures), Comey (planchers techniques), Roudié, Sol Français (revêtements de sol, peinture), Eiffage Energie Thermie (plomberie, CVC, GTC), Cofely Ineo GDF Suez (courants forts, courants faibles), CFA (appareils élévateurs), ISS (espaces verts).

Surface: 11 280 m2 Shon.

Coût: 44,5 millions d’euros TTC.

Les défaillances de RFR GO+ mettent ou ont mis en danger d’autres chantiers en France.

A Strasbourg, le chantier de construction du nouveau bâtiment de l’institut d’études politiques de Strasbourg est suspendu depuis juillet 2014. Le bâtiment se fissure suite à des études également réalisées par RFR. Le maître d’ouvrage, Eurométropole, a dû budgéter des solutions de démolition alors que le bâtiment est quasiment terminé. Le permis de construire est terminé et tous les marchés ont été annulés.

A Limoges, en début d’année, la découverte de fissures dans les gradins du stade Beaublanc en construction a conduit la Ville de Limoges à poser des étais. Des erreurs de calcul de RFR GO+ seraient à l’origine de ce défaut de fabrication. A l’époque, les équipes techniques étaient à la recherche de solutions pour sécuriser la structure avant de finir la charpente en acier.

* le tribunal de Paris a prononcé en date du 30 septembre 2015 l’ouverture de la liquidation judiciaire de la maison mère RFR

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