En direct

Après la tour Triangle, celles de la ZAC Bercy-Charenton contestées à Paris
Vue d'ensemble du nouveau quartier, ou près de 360 000 m² sont à aménager. - © © Ateliers234.SOM.AREP.

Après la tour Triangle, celles de la ZAC Bercy-Charenton contestées à Paris

Florent Maillet, avec AFP |  le 02/07/2018  |  ProjetsAménagementBouygues ImmobilierJean NouvelVie du BTP

Le projet d’aménagement de cette ZAC, l’une des dernières grandes emprises foncières de la capitale, est soumis au vote du Conseil de Paris ce lundi 2 juillet en fin d'après-midi. Le débat promet d’être très animé. Non seulement l’opposition municipale devrait voter contre ce projet mais également les alliés écologistes de la maire de Paris.

Les projets de grande hauteur dans la capitale continuent de faire monter les oppositions de tous poils dans les tours. Après la polémique il y a quatre ans sur la future tour Triangle, les six projets de tours et, plus largement, le projet d'aménagement de la ZAC Bercy-Charenton (XIIe), l'une des dernières grandes emprises foncières de la capitale, promettent d'être âprement contestés la semaine prochaine au Conseil de Paris.

"Le mandat de (la maire PS) Anne Hidalgo a été marqué par un feu d'artifice de bétonisation", a lancé jeudi 28 juin devant la presse l'élue d'opposition (LR) Valérie Montandon, et la zone d'aménagement concertée "Bercy-Charenton, c'est le bouquet final!", a dénoncé l'élue du XIIe arrondissement, où ce projet va se réaliser.

 

80 hectares, dont 18 aménageables

 

Le dossier de "l'un des plus vastes projets d'aménagement de la mandature", selon Jean-Louis Missika, adjoint à l'urbanisme d’Anne Hidalgo, sera en effet soumis lundi 1er juillet au vote, que certains annoncent serré, des élus parisiens sur le démarrage de sa phase opérationnelle.

La ZAC s'étale sur 80 hectares au sud-est de la capitale -dont 18 aménageables- aujourd'hui coincés entre périphérique et échangeur de l'A4, parsemés des voies ferrées de la gare de Lyon et de Bercy.

 

Gratte-ciel de 180 m de haut

 

Elle devrait accueillir, à l'horizon 2030, quelque 9000 nouveaux habitants, des équipements publics, des bureaux, des commerces, des hôtels et 13 000 emplois, un jardin de deux hectares avec, en tête de pont, six tours "écologiques" dont trois dédiées au logement et trois aux bureaux, la plus haute atteignant 180 m.

Sur le même sujet Coup d’envoi des travaux des tours Duo

Les tours "sont au coeur du projet", dit l'élu, des tours dont la hauteur diminuera progressivement "pour ménager la transition" avec les bâtiments environnants et qui "dialogueront" avec les futures tours Duo de Jean Nouvel sur la rive gauche.

 

Ilots de chaleur

 

Signé par l'agence de l'architecte britannique Richard Rogers (concepteur avec Renzo Piano du Centre Pompidou), ce sera un quartier "qui vivra jour et nuit", s'est félicité Jean-Louis Missika, et qui présentera des "solutions innovantes en matière d'énergie, de gestion des eaux de pluie, de lutte contre les îlots de chaleurs".

Ce sera un "nouveau signal, qui transforme les portes de Paris en places du Grand Paris". Le projet entend en effet désenclaver ce quartier et améliorer le passage avec la ville de Charenton-le-Pont (Val-de-Marne) voisine, en "réparant la blessure" du périphérique.

 

 "Densification anachronique"

 

Le vote, qui doit notamment acter d'une modification du plan d'urbanisme pour ériger une tour dans Paris, promet d'être disputé, avec une première ligne de fracture entre l'exécutif socialiste et ses partenaires écologistes.

"C'est un projet de surdensification et de bétonisation", a affirmé David Belliard, président du groupe écologiste, qui a proposé un contre-projet, sans tours, et lancé une opération de pétition pour demander un référendum.

Les écologistes avaient déjà été les fers de lance en 2014 et 2015 de la lutte contre la tour Triangle, dans le XVe, dont la première pierre doit être posée avant 2020.

 

Absence de desserte en transports

 

Mais ils ne sont pas les seuls. Les Républicains, La France insoumise, le groupe UDI-MoDem votera contre le projet, pour cause de "densification anachronique et excessive", dit la président LR Florence Berthout. "Nous ne sommes pas par principe contre les tours, cela dépend de là où on les pose et à quoi elles servent", dit Eric Azière (UDI-MoDem).

Les macronistes ex-LR ou ex-PS voteront pour, en proposant quelques aménagements. Tous s'inquiètent en revanche de l'absence de desserte en transports. Y compris le groupe communiste qui votera en faveur du projet car "il maintient des populations qui ne pourraient pas vivre à Paris" sans logement social, dit Nicolas Bonnet-Oulaldj.

Une critique acceptée par l'exécutif et... qui renvoie la balle à Valérie Pécresse, patronne des transports franciliens et présidente LR de la région, à qui il demande une gare du RER D, des bus ou un tramway.


 

Commentaires

Après la tour Triangle, celles de la ZAC Bercy-Charenton contestées à Paris

Votre e-mail ne sera pas publié

Éditions du Moniteur

AMC N°270 - SPÉCIAL INTÉRIEURS 2018

AMC N°270 - SPÉCIAL INTÉRIEURS 2018

Presse - Vente au n°

Prix : 29.00 €

Voir

Opérations Immobilières n°106 - Loi ELAN

Opérations Immobilières n°106 - Loi ELAN

Presse - Vente au n°

Prix : 37.00 €

Voir

Aménager sans exclure, faire la ville incluante

Aménager sans exclure, faire la ville incluante

Livre

Prix : 24.00 €

Auteur : Éditions du Moniteur

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur
Les cookies assurent le bon fonctionnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookiesOKEn savoir plusX