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Après la flambée des prix, la menace de la pénurie
Des hausses qui touchent toutes les filières - © SOURCES : CAE GROUPE ET LE CENTRE D'ÉTUDES DE L'ÉCONOMIE DU BOIS - PHOTOS : ADOBE STOCK

Après la flambée des prix, la menace de la pénurie

Adrien Pouthier, avec les rédactions du « Moniteur », de « Négoce », du « Moniteur des Artisans » et de « Stores & Fermetures » |  le 31/03/2021  |  EuropeMatières premièresIndustrieCoronavirusEntreprise artisanale

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Acier, bois, polystyrène, PVC, polyuréthane… les matières premières utilisées dans la construction subissent le rude contre-coup de la crise sanitaire.

 

Les premiers signaux inquiétants ont concerné l'acier, dès la fin de l'année 2020 : la crise sanitaire commençait à provoquer une flambée des prix et une raréfaction de certains produits. Bois, PVC, polystyrène, verre… Une à une, les autres filières se sont mises à alerter sur ces tensions. D'abord discrètement, puis de plus en plus fort. Jusqu'à ce que la crise éclate au grand jour en janvier-février. Les matières premières entrant dans la composition de produits pour la construction deviennent plus chères et sont, pour certaines, en situation de pénurie. Aujourd'hui, les premiers effets se font sentir en bout de chaîne, sur les chantiers.

Pourquoi la crise ?

Le coupable désigné de ces tensions sur les matières premières, c'est donc la pandémie de Covid-19. Les mesures de confinement liées à la crise sanitaire ont provoqué à la fois un fort ralentissement de l'activité industrielle en Europe et l'effondrement de la demande finale.

Arrêts des hauts-fourneaux. Dans le cas de l'acier, dont les prix ont doublé en un an, les sidérurgistes ont purement et simplement décidé d'arrêter les hauts-fourneaux. « Une dizaine ont été stoppés, ce qui représentait environ 50 % de la production européenne ! Avec le redémarrage économique au printemps 2020, tant que la demande est restée faible, les stocks ont suffi », expliquait, il y a quelques semaines au « Moniteur », Laurent Clisson, dirigeant de la branche acier du groupement de négociants Socoda. Puis, à l'été, la situation s'est rééquilibrée. « A partir de septembre, on a assisté à un retour progressif de la demande tandis que les producteurs faisaient le choix de ne pas redémarrer les hauts-fourneaux, poursuit-il. Les stocks excédentaires se sont épuisés mais la demande a continué à croître, puis s'est envolée à la fin de l'année. Ce décalage entre le manque d'offre et une forte demande a créé des tensions sur les prix que nous négocions de gré à gré, au mois le mois. » L'histoire s'est répétée pour d'autres matières comme le plastique. Là aussi, il faut remonter au printemps dernier et à cet arrêt mondial brutal. « Les plannings de maintenance n'ont pu être assurés chez les producteurs de résine. Quand il a fallu reprendre avec un effet de surchauffe, il y a eu de nombreuses pannes », raconte Elisabeth Charrier, déléguée générale du Syndicat national de l'extrusion plastique (Snep). En plus du Covid, les conditions météo ont contribué à ce déséquilibre. « Une partie des matières premières vient des Etats-Unis. Or, le Texas et la Louisiane ont connu d'importantes perturbations climatiques qui ont mis à l'arrêt la production. Lorsque les usines ont redémarré, elles ont d'abord servi leurs marchés intérieurs, avant l'export, où les taxes sur les échanges ont par ailleurs renchéri les prix des matières premières du plastique. »

Feux de forêt et barrières douanières. Pour le bois, c'est aussi outre-Atlantique qu'il faut chercher l'origine d'une hausse des prix. « D'importants feux de forêt ont touché les Etats-Unis, qui, sous l'administration Trump, ont en outre imposé des barrières douanières avec le Canada qui ralentissent les importations en provenance de ce pays », confirme Bruno Cadudal, président de l'Union des fabricants de menuiseries extérieures (UFME). Attirés par des prix très élevés, les producteurs européens flèchent donc de plus en plus la matière vers l'Amérique du Nord, au détriment des marchés du Vieux Continent. « Dans les Pays de la Loire, où le prix du bois de structure livré chantier était de 200 euros par m3, les fournisseurs américains étaient prêts à l'acheter 700 euros par m3 en prix sortie usine », illustrait-on ainsi récemment à la Fédération française du bâtiment (FFB).

Parallèlement, la Chine s'est réveillée avec un appétit décuplé. D'où des conséquences en cascade : « Nous subissons des hausses sur les matières premières, mais aussi sur le transport. Avec l'augmentation du fret, le prix du container en mer a doublé», indique Roland Tanguy, P-DG de Tanguy Matériaux.

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