Aménagement

Annulation du projet d’exposition universelle 2004

Jean-Pierre Raffarin a décidé d’annuler le projet d’exposition internationale en 2004 à Dugny (Seine-Saint-Denis) en raison des risques financiers de l’opération, a annoncé Matignon.
Cette décision s’appuie sur un rapport d’expertise commandé le 4 juillet 2002 à Noël de Saint-Pulgent, ancien délégué interministériel à la Coupe du monde de football, et remis le 1er août au Premier ministre.
Ce rapport « confirme et complète les éléments préoccupants identifiés à l’origine: manque d’intérêt des partenaires étrangers, retard pris dans les préparatifs, absence de couverture des risques financiers très importants que comporte cette opération », souligne le communiqué.

« Soucieux de soutenir l’activité économique en Seine-Saint-Denis », il a décidé toutefois de mettre à l’étude « un nouveau projet centré sur la rénovation du Musée de l’Air et de l’Espace du Bourget ».
Ce nouveau projet fera l’objet d’une étude de faisabilité d’ici le printemps 2003, en liaison avec les partenaires intéressés (collectivités locales, administrations et entreprises).
Début juillet, le Premier ministre avait constaté que « moins d’une dizaine de pays » manifestaient leur intérêt pour l’exposition. Il avait également souligné les « risques financiers élevés » de l’opération, l’équilibre financier impliquant, selon lui, un nombre élevé de visiteurs et des contributions « significatives » d’entreprises.

L’Expo 2004, dont le programme architectural avait été présenté le 25 juin par Catherine Trautmann, ancienne ministre socialiste de la Culture et commissaire générale de l’exposition, devait se tenir du 7 mai au 7 août 2004 sur le thème de l’image. Le budget de la manifestation était estimé à 395 millions d’euros.
Le 1er juillet, le président du conseil général de Seine-Saint-Denis, Robert Clément (PCF), inquiet sur l’avenir du projet, avait été reçu à Matignon par un conseiller du Premier ministre.

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L’annulation de l’Exposition universelle donnera lieu à des compensations pour le département, a assuré à la presse le Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin.
En villégiature dans la station des Alpes de Combloux, Jean-Pierre Raffarin a répondu à des questions posées par des journalistes, massés sur un parking à proximité de sa résidence.
« Nous veillerons à ce qu’il y ait des compensations. Nous sommes attentifs à ce que le département de Seine-Saint-Denis ne soit pas affaibli par cette décision », a déclaré M. Raffarin.

« Un audit a été mené. Il y a un risque de déficit financier très lourd. Il y a seulement six pays inscrits pour 2004 », a-t-il expliqué. « Le risque de gaspillage était trop important et nous ne sommes pas dans une période où l’on puisse se permettre les gaspillages », a encore observé le Premier ministre.
« Je suis allé à l’Exposition universelle de Séville, je suis allé à l’Exposion universelle de Lisbonne », a observé M. Raffarin, concluant : « Ces grandes expositions sont un travail de longue haleine. Il faut que la France mène des projets qu’elle est capable de financer. Il faut vivre selon ses moyens. Les décisions n’ont pas été prises à temps pour garantir le succès de cette exposition ».

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Réagissant à cette information, Bertrand Delanoë, maire PS de Paris, a qualifié de « mauvaise nouvelle pour Paris, la région francilienne et le rayonnement international de la France » l’annulation de ce projet.
« Ce projet novateur, centré sur l’image et soutenu par l’ensemble des acteurs des domaines économiques, culturels et technologiques concernés, avait l’ambition de valoriser la France et la région capitale comme pôle mondial des nouvelles technologies, de la culture et du tourisme », ajoute le maire dans un communiqué.
« Il avait obtenu le soutien unanime du conseil de Paris en janvier 2001 à l’occasion de l’adhésion du département de Paris à l’association chargée de préparer le dossier de candidature à l’exposition », note le maire.
Bertrand Delanoë voit dans cet abandon « une occasion ratée pour le gouvernement de favoriser le développement du nord-est francilien qui a pourtant un besoin vital de la solidarité de l’Etat ».

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