Immobilier

Annulation du permis de construire de Jacques Séguéla en Corse

Au total, six permis étaient attaqués par l’Association bonifacienne Comprendre et défendre l’environnement (ABCDE).

« L’affaire de la villa corse » de Jacques Séguéla a enfin connu son dénouement jeudi 9 octobre. Depuis le début de l’année, le permis accordé au publicitaire pour faire construire une vaste maison de 568 m2 sur un terrain de deux hectares à Cala Longa, sur la commune de Bonifacio, avait été suspendu par le tribunal administratif, puis autorisé par la même juridiction statuant en référé, puis de nouveau suspendu par le Conseil d’Etat. En juillet, le Conseil d’Etat avait annulé l’ordonnance autorisant la reprise des travaux de la villa. Cette fois le tribunal administratif de Bastia a définitivement annulé le permis de construire. A l’audience le 25 septembre, le commissaire du gouvernement André Maury avait estimé que si elle était édifiée, la villa en projet de Jacques Séguéla se trouverait dans un site vierge de toute construction et ne serait pas « en continuité avec les agglomérations et villages existants ».

La victoire d’ABCDE
Vincente Cucchi, la présidente d’ABCDE (Association bonifacienne Comprendre et défendre l’environnement) qui demandait l’annulation de ce permis s’est dite « satisfaite » de la décision du tribunal qui a également annulé quatre autres permis de construire dont un accordé à Marc Sulitzer, cousin de l’écrivain Paul-Loup Sulitzer, par l’ancien maire de Bonifacio Jean-Baptiste Lantieri. Ce dernier avait vendu 2,7 millions d’euros le terrain à Marc Sulitzer qui devait y construire une villa de plus de 2.000 mètres carrés.
Une victoire de plus pour ABCDE qui a déjà obtenu une trentaine d’annulations de permis depuis 1998. Mais Vincente Cucchi a toutefois indiqué qu' »ABCDE allait probablement contester en appel » le rejet de la demande d’annulation de la sixième villa contestée.

« Victime »
De son côté, Jacques Séguéla a indiqué sur RTL qu’il allait « évidemment se retourner contre le maire » qui a délivré le permis « et contre le propriétaire du terrain qui (lui) a vendu un terrain constructible qui ne l’est pas ». Il a souligné que son permis avait été dûment « autorisé par la mairie » et « ratifié par la préfecture ». Se présentant comme « une victime, un honnête citoyen qui essaie d’investir ses économies en Corse dans un terrain on ne peut plus légal jusqu’à ce que la justice tourne sa veste » en annulant son permis, Jacques Séguéla a rappelé qu’il avait « acheté en toute bonne foi un terrain constructible et (s’est) retrouvé avec des menaces de mort du FLNC ».
En mai, une nouvelle organisation clandestine armée, le « FLNC 1976 » qui avait alors revendiqué 26 attentats, avait adressé des lettres de menaces « au colon Jacques Séguéla », « au colon Marc Sulitzer » ainsi qu' »au colon Xavier Delsol », un avocat lyonnais dont le permis pour une demeure de 348m2 a également été annulé jeudi.
« Notre terre est aujourd’hui en vente, les étrangers qui se l’accaparent doivent être avertis: ils risquent de payer un lourd tribut, aucun d’eux ne peut se considérer à l’abri », avait averti le « FLNC 1976 » dans un communiqué.

Adrien Pouthier avec AFP

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X