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Pour la FFC, "les architectes sont trop chers et trop peu nombreux" pour répondre aux attentes du marché de la maison individuelle. - © © FFC

"Annoncer que le recours à l'architecte est facteur d'un surcoût de 12 à 15 % sur le prix de la construction est mensonger"

Philippe Klein, président de l'UNSFA |  le 11/05/2010  |  ProfessionArchitectureMaison individuelle

Philippe Klein, président de l'Union nationale des syndicats français d'architectes réagit à la pétition "sauvons les constructeurs", lancée par la Fédération française des constructeurs de maisons individuelles "contre le risque d'une intervention obligatoire des architectes dans la construction des maisons individuelles". Au nom des architectes rassemblés au sein de l'Unsfa, il en dénonce le caractère diffamatoire !

L'historique : Il y a quelques semaines, l'Office Parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques, composés d'une quarantaine de députés et de sénateurs de toutes tendances politiques, rendait un rapport sur les performances énergétiques des bâtiments intitulé : Comment moduler la règle pour mieux atteindre les objectifs prévu par le Grenelle de l'environnement ?
Se fondant sur l'analyse de la situation, ce rapport indique que « le recours à un architecte apparaît comme une garantie de bonne fin, notamment lorsqu'il s'agit de respecter une norme thermique exigeante ... » et poursuit en indiquant que l'intervention d'un professionnel de confiance comme l'architecte permet de générer « de multiples économies ... en rejetant les devis exagérés, en évitant les malfaçons... ». Enfin, il considère que l'architecte pourrait apporter un concours technique à son client en cas de difficulté avec un constructeur.
Les rapporteurs poursuivent et écrivant que « ...l'implication des architectes constituerait plutôt un atout pour la réussite du déploiement de la construction basse consommation. »
C'en était trop pour la Fédération Française des Constructeurs de Maisons individuelles qui a cru utile de lancer une pétition calomnieuse à l'égard des architectes, intitulée « Sauvons les constructeurs ».
La fédération des constructeurs s'inquiète même du « risque d'intrusion de l'Architecte dans la maison » et prétend que les architectes ne peuvent répondre au marché de la maison individuelle car ils seraient « trop chers et trop peu nombreux » et en rajoute encore en écrivant que les cabinets d'architectes compétents et structurés n'ont jamais montré d'intérêt pour la maison individuelle.

L'UNSFA souhaite répondre à ces accusations

Le seuil des 170 m2 a un aspect dérogatoire, il a été instauré par la Loi sur l'Architecture de 1977 au profit des particuliers, devait être provisoire et s'accompagner du conseil des CAUE, il n'est donc pas surprenant qu'au bout de 30 ans, compte tenu de la technicité des constructions et de leur impact environnemental, le législateur s'interroge sur la pertinence de maintenir cette dérogation.

Les instances représentatives de la profession, syndicats représentatifs et Conseil de l'Ordre, n'ont jamais fait de lobbying sur l'abaissement des seuils. L'Office Parlementaire est attaqué dans sa probité.

- Annoncer que le recours à l'architecte est facteur d'un surcoût de 12 à 15 % sur le prix de la construction est mensonger. Il est facile de démontrer qu'à qualité égale le recours à l'architecte est presque toujours facteur d'économies. Les chiffres évoqués sont-ils ceux des études non faites par les constructeurs ? Études qui conduisent à des choix techniques pertinents facteurs de qualité et d'économies d'usage, qui sont des objectifs à prendre en compte dans le cadre du Grenelle de l'Environnement ! Les chiffres évoqués sont-ils ceux de la non qualité qui coûte cher à l'usager et à la collectivité sur le long terme?

??- Annoncer que les architectes ne savent pas négocier est là encore mensonger, faire appel à un architecte c'est avoir l'assurance d'une mise en concurrence entre entreprises dont le maître d'ouvrage reste l'arbitre. Les négociations ou adaptations du projet faites par l'architecte dans le but de trouver des économies, profitent directement au client. Nous rappelons que commercialement et déontologiquement les architectes sont astreints au conseil de leur client, qu'ils sont indépendants et qu'ils n'ont aucun lien contractuel ou financier avec les entreprises.

- Dans notre pays, des pans entiers de la construction et de l'aménagement du territoire se réalisent sans le recours à l'architecte, à commencer par la maison individuelle dont moins de 10 % sont construites par des architectes. Il est indéniable que cette situation a eu une incidence négative sur l'aménagement du territoire, a favorisé un mitage du paysage français dont les architectes sont parfois tenus responsables alors même qu'ils ont été largement écartés des processus qui y ont conduit .

Les enjeux du Grenelle conduisent inévitablement à concevoir des réponses contextuelles et fines en matière d'intégration dans le site, d'orientation, d'isolation et de réponses techniques, ce pourquoi les architectes sont des intervenants formés et qualifiés.
Il est rassurant que le législateur s'interroge sur les conséquences d'une présence trop limitée des architectes dans certains domaines de la réalisation du cadre bâti, dont la maison individuelle au moment où le Gouvernement français et le Président de la République viennent de réaffirmer leur attachement à la loi de 1977 et à l'intérêt public de l'architecture.
La certitude est que la réalisation du cadre bâti et l'aménagement du territoire doivent être confiés à des professionnels formés et qualifiés.
Les architectes sont incontestablement les intervenants les mieux préparés à apporter une vision globale et des réponses qualitatives dans l'acte de bâtir. A travers leur formation initiale et continue, leur obligation d'assurance et leur déontologie, ils sont porteurs de garanties pour leurs clients et pour la collectivité.
Notre pays a besoin de plus d'architectes, qui sont les professionnels formés pour apporter des réponses adaptées aux aspirations des usagers, aux nouvelles attentes sociétales, et à la hauteur des enjeux de demain.

Pour découvrir la pétition intitulée "sauvons les constructeurs", lancée par la Fédération Française des Constructeurs de Maisons Individuelles, cliquez ci-dessous (PDF)

Pour Philippe Klein, président de l'UNSFA, "il est facile de démontrer qu'à qualité égale le recours à l'architecte est presque toujours facteur d'économies".
Pour Philippe Klein, président de l'UNSFA,

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"Annoncer que le recours à l'architecte est facteur d'un surcoût de 12 à 15 % sur le prix de la construction est mensonger"

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