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Angers L'année des grands chantiers

bertrand escolin |  le 14/02/1997  |  Maine-et-LoirePas-de-CalaisAménagementTransportsCollectivités locales

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-L'aménagement des secteurs Thiers-Boisnet, Saint-Léonard et de la gare SNCF va démarrer cette année. -La ville-centre veut garantir l'équilibre de l'agglomération.

Au coeur d'une agglomération de 206 000 habitants, la ville d'Angers et le district de l'agglomération arrivent à une phase décisive. Cette année verra l'aboutissement de l'élaboration du schéma directeur de la région angevine dont l'adoption définitive est prévue en mars prochain.

La première application concrète du schéma directeur sera la révision des POS (plans d'occupation des sols) des vingt-huit communes membres du district. L'année 1997 verra également le lancement des grands chantiers de la ville et de plusieurs projets d'agglomération. Le nouveau visage que vont modeler ces zones d'activités au coeur de ville et en front de Maine se dessine.

Pour Jean Monnier, maire d'Angers et président du district, l'année 1997 constitue un tournant : « Le schéma directeur datait de 1976. Sa révision a duré cinq ans, dont trois années de travail intensif cinquante communes de l'agglomération regroupées au sein du syndicat mixte. Le district n'en compte que vingt-huit, bientôt vingt-neuf, mais pèse pour le tiers de la population du département de Maine-et-Loire. » Le schéma directeur sera l'occasion d'équilibrer entre communes les zones d'activités, les logements et les infrastructures. Pour Jean Monnier, la ville-centre doit garantir l'équilibre de l'agglomération : « Angers pèse d'un poids décisif, mais nous voulons que le schéma directeur établisse une adéquation, une interaction entre urbain et suburbain. C'est vrai pour les voies de communication et pour les transports, comme pour l'habitat et l'urbanisme. »

On sait, depuis quelques jours, que la nouvelle préfecture se fera en face du château, sur la ZAC du Front-de-Maine. Elle complétera le projet de Claude Vasconi, 850 logements, dont la Société d'aménagement et de rénovation d'Angers (Sara) assure la maîtrise d'ouvrage et la concession pour le compte de la ville.

« Créée en 1978, un an après l'arrivée de Jean Monnier à la tête de la municipalité, la Sara est l'outil d'aménagement dont la ville manquait, explique son directeur Robert Igoulen. Elle achète les terrains, démolit les immeubles, livre le terrain nu aux promoteurs. » Les ZAC se multiplient depuis quelques années : « Ces opérations n'auraient pu se lancer sans l'appui de la ville. Elle a apporté plus de 61 millions de francs sur les 414 millions destinés à la réalisation des logements des différentes ZAC pour compenser les déséquilibres de ces opérations. C'est surtout le moyen pour la ville d'assurer la présence de logements sociaux en coeur de ville. Une participation de 15 000 francs par logement que le maire estime être le juste prix pour contrôler le développement urbain.

Parallèlement, la ville poursuit le développement autour de l'agroalimentaire avec l'Institut national de la recherche agronomique, qui construit une station d'amélioration des espèces fruitières et ornementales de 2 200 m2 de laboratoires pour 13,4 millions de francs. Par ailleurs, grâce au soutien d'Hervé de Charette, ministre des Affaires étrangères, Angers va accueillir l'Office européen des variétés végétales, chargé d'enregistrer les inventions végétales. L'OEVV, qui emploiera 15 à 40 cadres internationaux d'ici à l'été, cherche 1 200 m2 en centre-ville.

Le contournement nord de l'agglomération, qui vient d'obtenir un avis favorable de la commission d'enquête, ne commencera pas avant 2002. Mais le quartier des Capucins, sur la rive droite entre Maine et futur contournement nord, est appelé à un fort développement, selon le maire.

PHOTO : La place de la Justice au coeur d'un nouveau quartier de 1 000 logements aménagé par la Sara.

A droite, un des immeubles en « peigne » de Claude Vasconi.

TABLE RONDE DU MONITEUR A ANGERS le mercredi 19 février à 17 heures, Centre des congrès, 33, bd Carnot. Rens. : 02.40.35.65.37.

avec la participation de Jean Monnier, maire d'Angers et président du district; André Denis, directeur départemental de l'Equipement; Joël Blandin, vice-président de la chambre de commerce et d'industrie; Pierre Marquis, directeur de l'urbanisme.

Les cinq projets phares

EN COURS

ZAC du Front-de-Maine : 10 ha, 850 logements (550 logements commercialisés). Maîtrise d'ouvrage : Sara. Architecte en chef : Claude Vasconi. Opération débutée en 1991. Située face au château, elle accueillera la préfecture de Maine-et-Loire (« Le Moniteur » du 17 janvier) « Alors que la troisième dent du "peigne" conçu par Claude Vasconi a démarré, explique Jean Monnier, il nous faut tempérer les ardeurs des promoteurs pour débuter les deux dernières tranches, mieux placées encore, et qui seraient remplies avant les autres. On envisageait 650 logements, avec l'arrivée de la préfecture ; le projet en compte aujourd'hui 850. »

ZAC Saint-Serge : 10 ha (110 000 m2 constructibles), centre d'affaires et universitaire géré par la Sara. Pour le maire, « Saint-Serge 2000 était au départ un centre d'affaires que nous avons réorienté vers un centre universitaire alliant un peu d'habitat et des bureaux. » Deux éléments moteurs : la Caisse nationale de prévoyance, prix spécial d'architecture du Moniteur, qui vient de s'y installer (« Le Moniteur » du 24 janvier, p. 39) et la faculté de droit (14 000 m2, 124,2 millions) en construction. Suivront un restaurant universitaire et une bibliothèque.

Selon Jean Monnier, « cette implantation, qui s'est décidée rapidement avec le recteur et le préfet, détermine pour 1997 le nouveau souffle de la ZAC qui avait été durement touchée par la crise de l'immobilier » .

En projet, un parc hôtelier de 5 000 m2, ouvert aux cadres et stagiaires d'entreprises et à leurs familles. Les promoteurs sont en cours de désignation ; l'appel d'offres est prévu pour la mi-1997.

Deux projets de deux fois 50 logements et deux fois 350 m2 de bureaux seront mis en chantier cette année.

DEMARRAGE EN 1997

Le secteur Thiers-Boisnet, dans l'hypercentre : 5,5 ha dont la ville compte racheter les bâtiments les plus dégradés. «En matière d'habitat, estime le maire, c'est le plus gros secteur en rénovation, face à Saint-Serge, en bord de Maine. Le terrain inondable connaît de gros problèmes d'infiltrations des canalisations. Le viabiliser coûtera très cher. Les acquisitions sont en cours par la Sara. On délivrera les premiers permis de construire pour le premier bâtiment de ce quartier fin 1997. Il y a pour une dizaine d'années d'aménagement. »

Sur dix ans, le projet table sur 900 logements et un parking de 400 places. Le premier chantier démarre en septembre 1997 avec Stim Bâtir (groupe Bouygues).

Saint-Léonard : 25 ha de zones d'habitat individuel et collectif social. Aménageur : Sara. 60 logements démarrent dans quinze jours sur un programme de 120 logements lancé par Angers Habitat. « La Sara propose 200 lots individuels, dont 100 sont déjà vendus. Ce sera le dernier secteur de construction individuelle si près du centre, à proximité du stade d'Angers », explique le directeur de la Sara.

La gare SNCF d'Angers : bien que placée initialement dans un canton non éligible au Feder, la gare bénéficiera des fonds de l'Objectif 2, comme vient de la confirmer, fin janvier, le commissaire européen chargé de la politique régionale en donnant son feu vert à la révision des zones éligibles. Ce qui permet d'envisager un montant de subvention de 30 à 40 % de l'opération. La SNCF aura la maîtrise d'ouvrage pour la rénovation des quais et le confort des passagers, la ville pour l'accès à la gare et la construction d'un parking. Un projet estimé à 100 millions .

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Chiffres clés et physionomie du district

Le district de l'agglomération angevine, créé en 1968, regroupe vingt-huit communes (dont quinze communes intégrées en 1994), et compte 237 000 habitants. Il est donc plus large que l'agglomération, au sens Insee du terme, qui regroupe onze communes et 206 000 habitants.

Au sein du district, les quatre plus grandes communes sont Angers (146 000 habitants), Avrillé (13 000), Trélazé (11 000) et Saint-Barthélemy (10 000).

Budget 1996 : 666 millions, dont 177 millions d'investissement au budget principal et 82 millions pour le budget eau et assainissement.

Projets d'investissement

- Modernisation des usines d'eau potable : 301 millions (marchés en 1997).

- Traitement des mâchefers et fumées d'incinération des ordures ménagères : 72 millions.

- Voies structurantes : contournement nord d'Angers (33 millions de participation du district), RN147 à Saint-Barthélemy et pénétrante RD117.

Projets structurants

- Schéma directeur d'agglomération : lancement de la révision des POS en 1997 et plan local de l'habitat.

- Mise en place de la collecte sélective des ordures ménagères sur l'agglomération : démarrée depuis octobre 1996.

- Départementalisation des services incendie et secours.

ENTRETIEN JEAN MONNIER maire d'Angers « Notre politique veut favoriser l'investissement »

Quels sont les pôles de développement de l'agglomération ?

jean monnier. D'abord, une nouvelle zone universitaire : le campus de Belle-Beille va se réimplanter sur Saint-Serge autour de la faculté de droit, avec un IUP (institut universitaire professionnalisé) de tourisme, un restaurant universitaire, une maison des étudiants. Les autres pôles sont cinq zones d'activités d'agglomération à la périphérie d'Angers : Beaucouzé, Saint-Sylvain, Saint-Barthélemy, Pellouailles et Ecouflant. En tout, ce sont près de 400 ha de zones d'activités qui vont être lancés à partir de cette année. Avant la ville d'Angers prenait en charge la totalité des investissements. Désormais, c'est le district qui prend en charge l'investissement et perçoit une taxe professionnelle (TP) districale qui représente 90 % de la TP sur ces zones.

Est-ce la préfiguration d'une future taxe professionnelle d'agglomération ?

Nous n'y sommes pas encore. Nous allons installer une instance chargée de créer un comité de réflexion à ce sujet.

Quelle priorité se dégage du schéma en matière de logement ?

Une de nos priorités, c'est l'organisation de l'urbanisme à l'échelle de l'agglomération. Il faut éviter le mitage. Le conseil du district a mis en place un PLH (programme local de l'habitat) avec les vingt-neuf communes concernées pour rechercher une cohérence entre zones d'habitat et d'activités, et réaliser des économies d'échelle en matière de desserte. Et aussi mettre au point des compléments de financements.

Sur ce point, la ville a longtemps soutenu le logement ?

Nous avons adopté le principe, il y a quelques années, de compléter les financements des PLA (prêts locatifs aidés) pour multiplier les logements : avec 100 crédits PLA, faire 120 ou 150 logements. Cette modulation nous a permis de financer 80 logements supplémentaires en deux ans, en plus de notre affectation PLA. Les logements sociaux représentent 34 % du nombre total de logements, soit le taux le plus fort après Roubaix.

Les fonds européens vous aident-ils ?

Nous sommes éligibles à l'Objectif 2, et nous avons perçu les premières aides du Feder pour Saint-Serge et les quais de la Maine, qui viennent compenser un peu l'insuffisance des recettes face aux charges de centralité. Sur la gare, qui était hors zone éligible, nous allons trouver un moyen prochainement. Le plan de financement est en bonne voie avec la SNCF. Il faut rapidement se mettre d'accord sur le financement pour boucler une première tranche d'ici à 1999, échéance du programme Objectif 2.

Quelle est la politique d'investissement de la ville ?

Notre politique veut favoriser l'investissement en désendettant la ville. Je poursuis depuis 1977 une politique d'autofinancement qui, à l'époque, faisait sourire. Mais, sur les 308 millions de francs d'investissements (hors dette) que va consacrer la ville dans le budget 1997, sur un budget global de 1,5 milliard, on ne recourra à l'emprunt que pour 80 millions de francs. Et la pression fiscale se limitera au maximum à l'inflation : + 1,7 % cette année.

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