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Amsler & Delachaux, Suard rehabilitation du chateau Nyon, Suisse

Jean-François Cabestan |  le 01/05/2007  |  Politique socialeArchitectureFrance entièreEuropeCulte

Dans un temps où des doutes émergent quant aux conditions d’intervention sur le patrimoine, la mise en valeur et la réinsertion urbaine du château de Nyon apportent des réponses et des solutions stimulantes. Ces opérations reflètent une conscience aiguë des enjeux soulevés par le devenir des édifices du passé et démontrent la possibilité d’inscrire cet héritage dans un réseau de pratiques contemporaines.

Dominant le Léman et juchée sur un promontoire, la ville haute de Nyon est fortement silhouettée par le hérissement des toitures du Temple et des poivrières du château médiéval. Cet ensemble urbain surplombe le quartier de Rive, frange bâtie partiellement reconquise sur le lac, ourlée d’un quai-promenade arboré de type balnéaire.

Le projet de mise en valeur de l’ancienne construction remonte au tout début des années 1990. Pour avoir été envisagé de plus longue date encore, cet autre équipement de premier ordre que constitue le parking de la Duche pratiqué dans la pente a été conçu indépendamment mais de connivence avec l’intervention sur le monument fortifié. Exploité depuis l’été dernier, il ajoute avec une efficacité remarquable à la volonté municipale d’accessibilité et d’ouverture de l’édifice. Si la couverture de béton restaure avec précision le relief originel de la butte, les 50 cm de terre végétale et le traitement paysager prévus à l’issue d’une consultation restreinte se fontencore attendre.

Données historiques

De très nombreuses découvertes archéologiques, dont un amphithéâtre et une basilique, actuel siège du Musée romain, permettent d’imaginer ce que fut l’acropole antique. C’est sur les restes d’une architecture domestique sans grand relief qu’une structure défensive voit le jour au milieu du XIIe siècle, à la limite de l’agglomération romaine. Ce qui subsiste des constructions successives est aujourd’hui noyé dans les maçonneries du château actuel, dont l’essentiel des ouvrages remonte à la fin du XVIe siècle. La forteresse se métamorphose à cette époque en une résidence luxueuse et abrite jusqu’à la révolution vaudoise la dynastie des baillis bernois. Les caves, les planchers « à la française », les deux tours principales, les combles, la physionomie et la silhouette générale du bâtiment appartiennent à cette nouvelle adaptation de l’existant. C’est en 1804, que l’ensemble est acquis par la Commune de Nyon et qu’il devient alors le siège du Conseil communal et des tribunaux. A partir de 1832, une geôle s’installe dans les combles. L’édifice devient aussi un musée rassemblant des curiosités locales.

C’est d’abord au rez-de-chaussée que s’installent les salles d’exposition. En 1957, un redéploiement des collections entraîne l’extension du musée au premier étage. En décembre 1979, jugées trop vétustes, les cellules pratiquées dans les combles sont désaffectées. Dans les années 1980 enfin, le second étage de l’édifice se révèle de plus en plus impropre à la cohabitation des instances administratives. Toutefois, le château demeure dans l’esprit de maints nyonnais le lieu symbolique du pouvoir et de l’existence civiques. De manière plus ou moins déclarée de la part des décideurs, la programmation du château s’orientait néanmoins vers le deuil de l’extraordinaire mixité d’usages et de cette identité communale très forte qui s’était progressivement imposée dans le bâtiment au cours des XIXe et XXe siècles.

Programmation et parti de restauration

S’il avait d’abord été envisagé de consacrer au musée la totalité des surfaces libérées, en 2002, le renouvellement des instances décisionnelles et des représentants de la maîtrise d’ouvrage engendre un changement de parti. En dépit de la richesse des collections qu’il s’agissait de présenter, la prépondérance est donnée à la mise en valeur du monument. La clôture et la monofonctionnalité d’un équipement qui devait se cantonner à la fonction muséale sont parallèlement abandonnées au bénéfice de l’ouverture du château sur la ville, de la mixité des usages et de la mise à disposition inconditionnelle du monument au public le plus large. La municipalité choisit de tirer parti de l’extraordinaire potentiel qu’offre le deuxième étage, l’étage noble, en termes d’utilisation et d’en réserver l’exploitation à la population nyonnaise. Inachevée à l’époque bernoise, la grand-salle côté lac trouve sa vocation naturelle d’espace de représentation majeur et s’offre désormais aux festivités et célébrations communales. Côté ville, une grande pièce est changée en salle des mariages. Moyennant une réduction drastique du budget initialement attribué à la muséologie, il est décidé d’augmenter la surface dévolue [...]

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