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Amiens Le maire Gilles Demailly rebat les cartes du projet urbain
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Amiens Le maire Gilles Demailly rebat les cartes du projet urbain

ELISABETH GILLION |  le 29/09/2008  |  ImmobilierCollectivités localesArchitecture

La nouvelle municipalité veut repenser la ville basse sur toute sa largeur et relier par les transports des quartiers mixant emploi, habitat, commerce et sport.

Six mois après son élection, Gilles Demailly, maire et président de l’agglomération d’Amiens, a présenté les grandes lignes de son projet urbain et ses premières décisions. Suivant un triptyque « concertation, solidarité, écologie », il prend le temps de décider pour dépenser durable : « Nos projets sortiront en 2010, voire 2011. Pour le moment, nous poursuivons les programmes en cours et nous corrigeons ce qu’il est possible de modifier. »

Première victime, la tour Vadé, conçue par Paul Chemetov non loin du fleuve Somme pour Palm Promotion. Sa construction est annulée : « Une décision prise à la majorité des élus », affirme le maire.

Cesser de démolir

Pour offrir 8 000 à 10 000 logements supplémentaires durant le mandat, la Ville revoit le programme des trois quartiers Anru : Nord, Etouvie et Victorine-Autier. « Il faut cesser de démolir », devient le credo de Gilles Demailly qui préfère les réhabilitations lourdes. Une seule barre sera abattue pour désenclaver l’îlot Fafet à Amiens-Nord. Regrettant que l’Anru finance mal les réhabilitations, le maire confie à l’Opac une étude technique sur le coût de la rénovation lourde de 230 logements tests et l’aménagement du marché du Colvert. Même politique sur le quartier Victorine-Autier. A Etouvie, les orientations seront connues début octobre à l’issue de réunions avec les habitants. La concertation continue quartier par quartier et se terminera par les assises du logement prévues les 21 et 22 novembre : « Elles détermineront les actions nécessaires et mettront en place une commission extra-municipale du logement », précise le maire.

Pour gagner en visibilité, la Ville lance une étude foncière « Amiens 2025 » et modifie le plan local de l’habitat. Amiens impose 20 % de logement sociaux aux promoteurs et inversement aux bailleurs sociaux. Sur les dix ZAC (500 millions de chantiers projetés par l’ancienne majorité), Gilles Demaillly tranche : « Il faut densifier et sortir de la monoculture. On oublie les quartiers de logement sans commerces ni services, comme c’est le cas dans la ZAC Paul-Claudel, le parfait exemple à ne pas suivre ». L’idée phare ? Tourner Amiens vers la Somme, repenser la ville basse sur toute sa largeur et relier par transport public des quartiers mixant emploi, habitat, commerce de proximité et sport : d’ouest en est, Etouvie, Montières, le centre historique, Gare-La Vallée, Victorine-Autier « doivent vivre ensemble. » Une vraie ville doit ouvrir, mélanger, multiplier les ponts. Dans cet esprit, la SEM Amiens Aménagement doit se pencher sur une nouvelle mouture des deux ZAC au sud de la ville, Intercampus et Mont Thomas.

La ZAC Gare-La Vallée, « seul programme de l’ancien maire bien ciblé » selon la nouvelle équipe, est épargnée. Face à la demande, un troisième immeuble de bureaux high-tech doit être lancé derrière la gare : « L’immeuble dédié à l’informatique, proposé en plateau nu, est une formule qui fait recette. » Le premier bâtiment s’achève, le second sera livré au printemps, la SEM va lancer le concours de maîtrise d’œuvre du troisième.

Avenir industriel

A l’ouest, une zone industrielle se dessine où la Ville dispose d’une réserve foncière de 230 ha : « Nous croyons à l’avenir industriel de cette région, spécialement au développement des écomatériaux et des écoproduits dérivés du végétal. » C’est l’objet de l’autre pôle de compétitivité, agroressources, sujet que Gilles Demailly, chercheur réputé en chimie végétale, maîtrise parfaitement. Il vise l’installation d’entreprises et d’artisans, de services de R & D et laboratoires. Il négocie avec la chambre de métiers un centre de formation spécialisé.

Enfin, au budget 2009, il veut gonfler l’enveloppe d’entretien et de fonctionnement des équipements publics. Considérant que la santé financière de la ville offre des marges de manœuvre, il « enregistre l’ensemble des projets des adjoints indépendamment de leur coût, afin de capitaliser toutes les idées porteuses et préparer soigneusement les investissements forts en fin de mandat… »

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