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Amiante : manifestation samedi pour dénoncer le "scandale de l'instruction"

Defawe Philippe |  le 09/10/2008  |  SantéTechniqueBâtimentParisFrance entière

L'Andeva (Association nationale de défense des victimes de l'amiante) dénoncera samedi, lors d'une manifestation nationale à Paris, "le scandale de l'instruction" de l'affaire de l'amiante et une éventuelle remise en cause de la voie pénale au profit des indemnisations.

"Douze ans après le dépôt des premières plaintes, on est toujours très loin d'un procès, puisque l'instruction ne devrait pas être close avant 2014", a expliqué mercredi lors d'une conférence de presse François Desriaux, à quelques jours de la manifestation parisienne prévue samedi.
"Cela signifierait que les victimes devraient attendre près de 20 ans pour espérer voir juger une affaire qui aura entraîné plus de 100.000 morts", a-t-il écrit à la ministre de la Justice, Rachida Dati, dans une lettre datée du 2 octobre réclamant davantage de moyens pour l'instruction.
"Nous craignons que cette pénurie de moyens ne cache une volonté de remettre en cause la voie pénale", indiquent les responsables de l'association, qui font état de prises de position de l'entourage de la Garde des Sceaux "guère favorables aux poursuites pénales dans ce genre d'affaires de délits non intentionnels".
"Nous ne voulons pas forcément voir des têtes tomber, mais des fautes pénales sont bien à l'origine des milliers de morts de l'amiante", affirme l'Andeva, évoquant les employeurs qui n'ont pas respecté la réglementation, les industriels "qui ont sciemment masqué les dangers du matériau" ou les pouvoirs publics, autorités sanitaires et médecins du travail "qui ont laissé faire".
La voie pénale est remise en cause aussi, selon l'Andeva, par le directeur de l'Oclaesp (Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique), Thierry Bourret, dans une lettre aux magistrats instructeurs du pôle de santé publique du tribunal de grande instance de Paris, en charge du dossier de l'amiante.
"On laisse entendre que les victimes sont indemnisées, et qu'elles n'ont pas besoin d'un procès", a ajouté François Desriaux.
©AFP

Repères
Les victimes de l'amiante (interdite en France depuis 1997) peuvent depuis 2002 demander réparation au Fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante (Fiva).
Les demandes d'indemnisation ont augmenté de 33,2% en 2007, le nombre total depuis 2005 s'élevant à 63.325.
Les dépenses d'indemnisation du Fiva depuis sa création ont atteint 1,64 milliard d'euros.


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