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Amiante 4,7% des bâtiments seraient concernés en France

MICHEL OCTERNAUD |  le 08/01/1999  |  BâtimentLogementAssociationsSécurité et protection de la santéFrance

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Une étude réalisée par l'association Solam estime que 1,6 % des bâtiments contiennent de l'amiante en flocage, 2,9 % en calorifugeage et 0,2 % sous les deux formes.

Face à la rareté des données disponibles concernant ce nouveau marché du désamiantage et aux chiffres surestimés qui ont été avancés jusqu'à présent, les membres de l'association Solam (Socotec, Spie Batignolles et SGTE, filiales de Spie, Lafarge plâtres et Inertam, filiale d'EDF) ont mené une étude globale sur la présence d'amiante dans les bâtiments en France.

Cette étude, dont les résultats ont été présentés le 6 janvier, s'est appuyée sur 4 876 diagnostics amiante établis d'août 1995 à mars 1998 par onze agences du bureau de contrôle de Socotec, réparties sur le territoire national. « Ces analyses de cas réels apportent des données précises et vérifiables, souligne Solam. Elles ont servi de base à un échantillon corrigé, défini pour permettre, grâce à une méthode fiable, une extrapolation à l'ensemble du patrimoine bâti en France » (voir tableau ci-contre). « Cet échantillon fondé sur les diagnostics, ajoute Solam, n'était en effet pas distribué de la même manière que le patrimoine français retenu : les bâtiments construits entre 1950 et 1990 (seule période pour laquelle des données fiables existent par l'intermédiaire des archives des permis de construire). Cette période est également la plus riche en constructions contenant de l'amiante en raison de l'application systématique de la réglementation incendie de 1973, du choc pétrolier qui a incité à faire des économies d'énergie et à mieux isoler les bâtiments, de la construction d'immeubles de grande hauteur à partir des années 70 qui a conduit à alléger les structures en utilisant des matériaux isolants légers et économiques. »

Risque en matière de santé des travailleurs

Solam estime ainsi que 4,7 % des bâtiments contiennent de l'amiante : 1,6 % sous forme de flocage, 2,9 % en calorifugeage et 0,2 % sous les deux formes. La surface totale estimée des flocages amiantés est comprise entre 4 millions et 6,5 millions de m2 ; et celle des calorifugeages amiantés de 500 000 m2. « Dans ces surfaces totales, on considère que la moitié, environ 2,5 millions de m2, devra faire l'objet d'un traitement dans les mois qui suivront le diagnostic. »

Les bâtiments concernés peuvent être regroupés en deux familles :

- les gros chantiers, qui représentent plus des deux tiers des surfaces à traiter : type université de Jussieu à Paris, certaines tours de Paris-La Défense ; et paradoxalement, les bâtiments de santé que sont les CHU, dans lesquels les flocages d'amiante recouvrent une grande partie des surfaces bâties ;

- les petits chantiers représentant un tiers des surfaces à traiter et qui comportent de l'amiante sur moins de 10 % de la surface du bâtiment.

« Le risque amiante en matière de santé de la population, conclut Solam, est donc limité à moins de 5 % des immeubles. Mais les bâtiments comportent souvent des matériaux non friables contenant de l'amiante (plaques d'amiante-ciment, dalles plastiques, cloisons...), avec un risque en matière de santé des travailleurs. Ce risque dans la majorité des immeubles en travaux impose aux chefs d'établissements d'acquérir une culture et des comportements nouveaux pour assurer la protection des hommes qui interviennent dans les bâtiments existants. La réglementation progresse d'ailleurs vers des obligations plus fines et plus précises pour réduire l'ensemble des risques. »

GRAPHIQUES :

1- Pourcentage des différents types de bâtiments touchés par le flocage ou le calorifugeage (logements collectifs, industriels et stockage, immeubles de bureaux, bâtiments sociaux, culturels et de loisirs...)

2- Répartition des marchés de flocage et calorifugeage

Les logements et les bâtiments industriels et de santé en tête.

Afin de connaître, à partir de l'échantillon étudié, la proportion (en %) de bâtiments contenant de l'amiante en flocages et en calorifugeages au plan national, Solam a recommencé les calculs dans l'hypothèse où cet échantillon aurait la même structure que le patrimoine total de bâtiments en France construits entre 1950 et 1990 : les chiffres de la DAEI ont été utilisés à cet effet. Solam a appliqué des ratios réalisés par Socotec. Ce tableau montre que les bâtiments de santé, d'enseignement, d'industries... mais aussi les logements collectifs (pour le calorifugeage) viennent en tête du hit-parade des bâtiments amiantés.

Législation : le repérage comme première étape

Solam rappelle qu'avec le décret modifié 96-97 du 7 février 1996, communément appelé « décret-santé », la législation impose aux propriétaires la détection obligatoire d'amiante sous forme de flocage, calorifugeage et faux plafonds dans les immeubles bâtis. Parallèlement, le même 7 février 1996, un second décret 96-98 a été établi afin de renforcer la protection des travailleurs contre les risques d'inhalation de poussières d'amiante. Il fait essentiellement obligation aux chefs d'établissement d'évaluer les risques et de définir la nature des protections des travailleurs en cas de travaux en présence d'amiante.

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