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Amélioration du confort et économie d'énergie

FRANCOISE VAYSSE, FRANCOIS SAGOT |  le 10/10/1997  |  Maison individuelleLogementProduits et matérielsSecond œuvreGros œuvre

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-Les techniques de gros oeuvre évoluent peu. Elles sont conditionnées par les habitudes des entreprises et la psychologie patrimoniale des acquéreurs. -Le second oeuvre, et plus particulièrement les équipements techniques, offre des exigences accrues en matière de confort.

Si les techniques constructives liées à la structure évoluent peu, en revanche, la réalisation du second oeuvre et plus particulièrement l'installation des équipements techniques s'adaptent à des exigences accrues des acquéreurs en matière de confort et d'économie d'énergie.

La technique du mur porteur en blocs de béton préfabriqués associée à une isolation rapportée par l'intérieur est, aujourd'hui en France, largement maîtrisée par les entreprises. La seule évolution structurelle tient à un choix architectural dicté par des considérations économiques mais aussi à l'agrément d'usage des maisons : Stéphane Ducateau de MI SA (1) remarque que « les clients demandent de plus en plus un garage accolé et non plus en sous-sol ». Cette évolution constructive allège les fondations et évite les problèmes éventuels d'infiltration.

Renforcement de l'isolation

Il existe toutefois des techniques alternatives liées principalement à la situation géographique comme la brique creuse dans le sud de la France ou pleine, dans le Nord. L'utilisation de blocs de béton rectifiés, assemblés à joints minces, trouve quelques applications mais se heurte aux habitudes de pose des maçons. Il en est de même pour les blocs de béton cellulaire pourtant fortement développés en Allemagne ou encore la filière sèche (voir encadré). A noter une forte demande des acquéreurs pour les blocs de béton imitant la pierre naturelle et animant la modénature de la façade.

Les techniques de second oeuvre sont incontestablement marquées par la généralisation de la plaque de plâtre plus facile à mettre en oeuvre et présentant, avec un doublage en polystyrène ou en laine minérale, des caractéristiques d'isolation supérieures. Ces caractéristiques ont été mises à profit avec le premier choc pétrolier qui a conduit les pouvoirs publics à renforcer la réglementation thermique. Parallèlement, EDF pénalisé par le coût de l'énergie électrique, a lancé son opération « tout électrique », le conduisant à faire la promotion de l'isolation du bâtiment, à travers une politique de labels.

Or, l'isolation semble à nouveau à l'ordre du jour. Il semble encore trop tôt pour savoir si la mise à niveau des exigences réglementaires dans le tertiaire sera accompagnée d'un relèvement des exigences dans le secteur résidentiel comme c'est le cas outre-Rhin. EDF a choisi avec son offre « Vivrélec » (label Promotelec « confort électrique ») d'accorder des primes aux acquéreurs de logements neufs si le coefficient de déperdition thermique des constructions est inférieur de 10 % voire 20 % à la valeur réglementaire (GV -10 % à GV -20 %), après contrôle sur le terrain.

Pour minimiser les consommations de chauffage, on peut améliorer l'isolation du bâti (voir en p 513), optimiser les apports solaires en privilégiant une conception bioclimatique (voir en p 515), mieux choisir les équipements de chauffage (voir en p 516), ou encore renforcer la ventilation tout en veillant à préserver la qualité de l'air (voir en p 517).

Mais, comme le remarque Pierre Diaz Pedregal, consultant spécialisé dans les problèmes d'énergie et d'architecture, « au fur et à mesure que l'on renforce l'isolation, la part du chauffage dans la consommation globale diminue. C'est tellement vrai que l'on ne dimensionne pas les chaudières au gaz ou au fioul en fonction des besoins de chauffage mais en fonction des besoins d'eau chaude sanitaire. Il faut tenir compte des consommations spécifiques liées aux appareils électroménagers, à l'éclairage » (voir l'avis d'un expert).

Toutefois, l'évolution des techniques constructives ne doit pas être uniquement guidée par des considérations économiques même si elles constituent un critère déterminant. Il faut prendre également en compte la valeur d'usage synonyme de confort des occupants. De ce point de vue, l'attrait des futurs acquéreurs pour le bois est révélateur, comme le développement d'automatismes de gestion des équipements (voir encadré) faciles à utiliser car décentralisés.

(1) Maisons individuelles SA regroupe les trois marques Maison Phénix, Maison familiale et Catherine Mamet.

PHOTO : L'évolution des techniques constructives ne doit pas être uniquement guidée par des considérations économiques. Il faut prendre également en compte la valeur d'usage, synonyme de confort des occupants.

Des techniques industrialisées

Les techniques sèches utilisant comme ossature l'acier ou le bois, associés à des complexes isolants à base de plaques de plâtre et de polystyrène ou laine minérale, se heurtent à des freins psychologiques : l'acheteur latin aime le dur, la pierre qu'il associe à des valeurs patrimoniales. Toutefois, il existe des contre-exemples que ce soit dans le bois (voir chantier page suivante) ou l'acier avec le concept industrialisé acier-béton développé par Maison Phénix après la seconde guerre mondiale. De leur côté, Usinor Sacilor et BPB se sont associés pour lancer le concept de maisons Styltech importé des Etats-Unis, mariant une ossature métallique et un doublage en plaques de plâtre (notre photo).

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Une maison en bois préfabriquée en usine

Lorsqu'on leur propose de désigner les matériaux préférés pour l'aménagement de leur logement idéal, les Français citent le bois en premier lieu, avec 57 % des réponses (1). Les habitations Gardavaud à Valdahon, dans le Doubs, exploitent cette recherche d'esthétique mais tirent également partie du système constructif. Comme l'explique Samuel Gardavaud, PDG de l'entreprise, « nous préfabriquons entièrement les maisons en usine en quatre ou cinq jours. Conséquence : nous diminuons les coûts de réalisation et nous fiabilisons la qualité des assemblages. La mise en oeuvre se limite à trois ou quatre jours. Et la maison est entièrement terminée au bout de deux à deux mois et demie. »

L'ossature est de type poteaux-poutres. Les éléments, de 100 mm d'épaisseur, sont en bois du Jura, élevés à une altitude supérieure à 850 m afin d'obtenir un veinage serré. Dans l'épaisseur de l'ossature prend place de la laine de roche ou de verre. Côté extérieur, figure un CTBX recouvert d'un crépi et, côté intérieur, un contreventement en OSB (type Triply), associé à une mousse isolante de polyuréthane de 3 cm d'épaisseur et une plaque de plâtre. L'épaisseur totale du mur n'excède pas 20 cm. « Avec ce complexe isolant, indique Samuel Gardavaud, nous évitons les ponts thermiques et nous atteignons un coefficient GV de déperditions thermiques inférieur de 16 % à la valeur réglementaire. Nos clients sont particulièrement sensibles à cet argument. »

(1) Sondage réalisé en 1997 par l'institut Ipsos pour le Centre d'information du verre feuilleté.

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AVIS D'EXPERT : Olivier Sidler Des consommations insoupçonnées

A la suite de campagnes de mesures effectuées dans le parc HLM, nous nous sommes intéressés à la facture énergétique globale des logements : consommations tous usages, abonnements, maintenance... Nous nous sommes aperçus que, dans les logements récents, le chauffage n'est pas le poste de dépenses le plus important comme on le croit généralement, sauf dans le cas du chauffage électrique. Nous avons découvert que l'électroménager et l'éclairage étaient souvent jusqu'à deux fois plus coûteux que le chauffage. Au cours d'une autre campagne, nous avons effectué des mesures avant et après le remplacement des appareils électroménagers par des appareils à faible consommation. Les résultats révèlent une économie moyenne d'électricité de près de 40 % de la consommation initiale.

Des interrupteurs « intelligents » et esthétiques

De nombreux concepts ont été développés pour rendre la maison « intelligente » mais beaucoup d'entre eux ont abouti à des systèmes centralisés, véritables usines à gaz. Forte de l'expérience de sa filiale italienne BTicino, la société Legrand commercialise des interrupteurs et autres prises de courant aux fonctions intelligentes. Facile à installer car modifiant très peu les principes de l'installation électrique, cet appareillage baptisé « Sagane » se veut esthétique grâce à des revêtements personnalisés. En outre, les appareils possèdent des fonctions de gestion spécifiques répondant à des besoins précis des utilisateurs. Il s'agit en somme, d'automatismes à « échelle humaine » : variateur de lumière, sonorisation dans chaque pièce, programmateur de chauffage, commande de l'éclairage par détecteur infrarouge, détection intrusion. Toutes ces fonctions de gestion sont intégrées directement dans le volume d'un appareillage électrique traditionnel et leur commande est particulièrement explicite pour un utilisateur lamda.

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