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ALSACE Recrutement : la profession prend le taureau par les cornes

Laurent Miguet |  le 17/11/2000  |  Collectivités localesApprentissage BTPHygièneFrance entièreHaut-Rhin

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Troisième édition de la semaine de l'apprentissage

Alors que les professions du BTP multiplient les initiatives pour améliorer leur image auprès des jeunes, le thème des difficultés de recrutement dominera la troisième édition de la semaine régionale de l'apprentissage, du 20 au 26 novembre, à l'initiative du conseil régional d'Alsace : un événement qui coïncide, cette année, avec la sélection des Alsaciens susceptibles de participer aux prochaines Olympiades des métiers (les 23 et 24 novembre à Illkirch Graffenstaden) ainsi qu'avec le concours national des meilleurs ouvriers de France (du 16 au 26 novembre). Le conseil économique et social régional a choisi de réagir à la pénurie de main-d'oeuvre en y consacrant sa séance plénière du 20 novembre. L'assemblée des socioprofessionnels prendra connaissance à cette occasion du rapport qu'elle a commandé à l'Observatoire régional emploi formation (Oref Alsace).

Maçonnerie : inflation des offres

Avec un taux de chômage désormais voisin de 5 %, l'Alsace est revenue à sa situation du milieu des années 70. Entre-temps, la qualification croissante des emplois a compliqué la mise en adéquation entre les offres et les demandes, même si l'Oref évalue à 80 000 personnes le réservoir de main-d'oeuvre. Au-delà du constat global, les indications les plus riches résultent de l'analyse des taux de satisfaction des offres par bassin d'emploi (voir tableau).

Les professionnels retiendront également l'augmentation record des offres d'emploi d'« ouvriers de la maçonnerie » : un bond de 15 % en 1999, avec 1 562 annonces. Pour relever le défi, les syndicats professionnels ont pris le parti du partenariat, tant avec l'ANPE qu'avec l'Education nationale. Deux journées portes ouvertes ont marqué la communication des syndicats départementaux des TP vers les collégiens, le 24 octobre, devant les piles du futur pont sur le Rhin entre Altenheim et Eschau, et le 7 novembre sur le chantier de la mise à deux fois trois voies de la rocade nord de Mulhouse. Tout au long de l'année à venir, les professionnels du bâtiment iront à la rencontre des collégiens et des lycéens : « A la mi-octobre, nous avons reçu 70 réponses au courrier du 29 août, dans lequel nous proposons des interventions dans les établissements », se réjouit Yvan Valentinuzzi, responsable formation de la fédération régionale du bâtiment (FRBA). Le concours du meilleur apprenti d'Alsace marquera un temps fort de cette mobilisation, le 15 février à Cernay (Haut-Rhin). A l'autre extrémité de l'échelle des qualifications, la FRBA prépare une « journée des universités ».

En application d'une convention signée le 26 octobre, la FRBA et l'ANPE déclineront une série d'actions ciblées sur les besoins spécifiques. Pour faciliter l'accueil des futurs apprentis, la plupart des professions du bâtiment ont demandé à bénéficier des dispositions approuvées le 25 octobre par la chambre régionale des métiers : accès au statut de maître d'apprentissage à partir de 30 ans (au lieu de 35), après 5 ans d'activités (au lieu de 12).

Ascenseur social

Ces initiatives vont à la rencontre d'une nécessité générale identifiée par François de Wispelaere, secrétaire général de l'Oref Alsace : « Le BTP reste l'un des rares secteurs à offrir des perspectives d'ascension sociale à des publics en difficulté. En ce sens, ces métiers jouent un rôle essentiel dans la cohésion sociale. » Le regain de popularité des sections d'apprentissage du BTP, marquées par une bonne fidélisation des effectifs, contribue à valider cette analyse et à récompenser les efforts des professionnels alsaciens.

TABLEAU : Taux de satisfaction des offres d'emploi - Métiers du BTP et de l'environnement pour lesquels le taux est inférieur à 60%.

Le faible taux de satisfaction est expliqué en partie par la qualification croissante des emplois.

POINT DE VUE« Le moratoire sur les 35 heures : une demande suicidaire » François de Wispelaere, secrétaire général de l'Observatoire régional emploi formation Alsace

« Face à la concurrence du travail frontalier et à celle de l'industrie alsacienne, qui paye mieux que celle des autres régions, les petites entreprises du BTP souffrent d'un déficit d'avantages sociaux. Voilà pourquoi la revendication d'un moratoire sur les 35 heures me paraît suicidaire en Alsace, dans une période de difficulté de recrutement. Quelle personne qualifiée serait assez stupide pour accepter de ne se faire payer des heures supplémentaires qu'au-delà de la 39e heure de travail hebdomadaire ? Plutôt que d'aggraver les écarts sociaux entre grandes et petites unités, il me paraîtrait judicieux de concentrer l'effort public vers leur réduction, en formant les dirigeants des PME à la gestion des ressources humaines. »

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