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ALSACE La ruée vers les ports du Rhin

Laurent Miguet |  le 23/02/2001  |  Collectivités localesBétonMatériel de chantierCommunicationTransports

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Centrale à béton géante sur l'île napoléon à mulhouse, net center international à STrasbourg

Avec un investissement de 40 millions d'euros (262 millions de francs) d'ici à 2002, LD Com Networks fait entrer le port de Strasbourg dans la nouvelle économie. Le spécialiste des réseaux de télécommunication à haut débit a accueilli à partir de décembre les premiers locataires du Net Center en cours d'aménagement dans les magasins Vauban (voir par ailleurs en pages projets les perspectives de développement du port autonome).

Dans le cadre de la seconde reconversion de l'ancien séchoir à tabac du port, l'immense vaisseau de briques et de béton de 20 000 m2 héberge des opérateurs de télécommunications venus d'Amérique et d'Europe du Nord. « Les lots électricité et climatisation représentent une part essentielle de l'investissement », précise Mathieu Macé, responsable du projet à LD Com Networks. Une boucle métropolitaine à haut débit complète le Net Center sur une longueur de 20 km.

Le béton de la discorde

De l'autre côté de l'Alsace, l'attractivité des ports de Mulhouse-Rhin suscite un projet moins consensuel : le groupe allemand Weibel attend l'autorisation de mettre en service l'une des plus grandes centrales à béton d'Alsace, sur le site de l'île Napoléon. L'implantation affiche une capacité de 100 000 tonnes dans les trois ans à venir.

Ce projet suscite un tollé dans la profession. « L'outil mis en place à l'île Napoléon se révèle totalement disproportionné par rapport à la capacité d'absorption du marché. Son approvisionnement par des ciments d'origine asiatique contribuera à nuire à l'image de la filière », tempête Jean-Marie Belliard, président du Syndicat régional du béton prêt à l'emploi.

L'industriel, soumis à enquête publique jusqu'au 23 février, déclare avoir tout mis en oeuvre pour obtenir la norme NF. « Le capotage des tapis roulants et la qualité des aménagements extérieurs feront de ce site un exemple pour la profession », affirme Marc Neyer, responsable commercial de Weibel en Alsace. Approvisionnée en sable par des péniches chargées dans les gravières du groupe implantées au nord de la vallée du Rhin supérieur, Weibel choisira son ciment en fonction du prix, dès lors que le matériau se conformera aux normes.

A côté de la centrale à béton, le projet d'un centre de stockage de ciments importés d'Asie a suscité une assemblée extraordinaire du conseil d'administration des ports de Mulhouse-Rhin le 15 février. Pour l'implantation d'un silo d'une capacité de 1 300 tonnes sur un terrain de 800 m2, le transporteur hollandais Drevano affiche un objectif de 50 000 tonnes par an. « Nous examinons ce dossier avec le souci de l'intérêt général et du respect du droit de la concurrence », indique Jean-Paul Marbacher. Le président des ports de Mulhouse-Rhin subit de fortes pressions du groupe D'Origny, qui domine le marché local du ciment à partir de son site d'Altkirch.

Pour les ports du sud du Haut-Rhin, le grand chantier en phase de démarrage concerne l'harmonisation des concessions : la Chambre de commerce et d'industrie espère mettre Ottmarsheim et Mulhouse au diapason de Huningue, seul des trois sites qu'elle gère en direct.

Le « port rhénan de Mulhouse-Ottmarsheim » en voie de dissolution

Cet objectif implique la dissolution de l'Etablissement public départemental (EPD) « Port rhénan de Mulhouse-Ottmarsheim », créé en 1960 pour gérer ces deux plates-formes. S'ils acceptent de quitter l'EPD où ils siègent aux côtés de la CCI, les villes de Mulhouse et d'Ottmarsheim, le port autonome de Strasbourg et le département du Haut-Rhin entendent en revanche participer aux travaux d'un conseil consultatif des ports de Mulhouse-Rhin. Ce projet, qui nécessite un décret en Conseil d'Etat, devrait se concrétiser d'ici à deux-trois ans. Il permettrait aux ports de Mulhouse-Rhin une gestion plus lisible de leurs réserves foncières de 150 hectares, dont 70 hectares immédiatement disponibles : un capital que devraient enrichir prochainement les 40 hectares de la friche Europe Acier, à Ottmarsheim.

Outre ce « trésor », selon l'expression de Jean-Paul Marbacher, l'évolution de deux dossiers devrait marquer la chronique foncière des ports alsaciens dans l'année en cours : la création d'une zone d'aménagement concertée de 60 hectares à Lauterbourg et le lancement des études de révision du plan d'aménagement de la zone BNHG (Nambsheim-Heiteren-Geiswasser), qui couvre 456 hectares près du port de Colmar-Neuf-Brisach.

PHOTOS : Le groupe allemand Weibel attend l'autorisation de mettre en service l'une des plus grandes centrales à béton d'Alsace, sur le site de l'île Napoléon, à Mulhouse.

LD Com Networks, le spécialiste des réseaux de télécommunication à haut débit, a accueilli les premiers locataires du Net Center, en cours d'aménagement dans les magasins Vauban, à Strasbourg.

« L'axe Strasbourg-Kehl ne contrarie pas le développement du port » INTERVIEW Jean Klotz, président du port autonome de Strasbourg et vice-président de la communauté urbaine délégué à l'urbanisme

Le développement du port autonome (1) ne crée-t-il pas un conflit avec l'urbanisation de l'axe Strasbourg-Kehl ?

JEAN KLOTZ. Le port se développera principalement dans deux directions, au nord et au sud de l'axe Strasbourg-Kehl. Ce développement consomme moins d'espace aujourd'hui qu'au début du vingtième siècle, d'autant plus que la structure du trafic change : autrefois, le port de Strasbourg exportait du gravier ; aujourd'hui, il importe des produits à haute valeur ajoutée dans des conteneurs. Le port participe par ailleurs aux projets urbains dans le secteur des Fronts de Neudorf, où le changement de vocation de nombreux terrains a déjà commencé. La question de la compatibilité se pose surtout aux abords des terrains charbonniers, qui conserveront une vocation économique, tout en s'orientant vers des activités tertiaires.

(1) Voir détails en « projets publics et privés ».

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Révolution logistique à Eurofret

La zone Eurofret du port de Strasbourg a accueilli en 2000 les premières réalisations de Révolution Immobilier, promoteur industriel né en 1999 : deux bâtiments de 5 000 et 20 000 m2 loués par Frans Maas, Tinken et Treff Marché après des investissements de 9 millions d'euros. Deux autres projets totalisant 35 000 m2 pour 10,6 millions d'euros ont déjà obtenu leurs permis. Denis Walter, créateur de l'entreprise de promotion, met en valeur dans ce projet le savoir faire du groupe qui porte son nom à Brumath : Walter détient le leadership européen dans le domaine des constructions métallo-textiles.

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