En direct

ALLEMAGNE La récession sélectionne les meilleurs dans le BTP allemand

marcel linden |  le 09/07/1999  |  EntreprisesTransportsMarchés publicsEuropeNord

Ma newsletter personnalisée

Ajouter ce(s) thème(s) à ma newsletter personnalisée

Entreprises
Transports
Marchés publics
Europe
Nord
International
Réglementation
Valider

L'activité outre-Rhin a encore chuté de 4,3 % en 1998. Seul Hochtief a tiré son épingle du jeu, grâce aux concessions dans les aéroports.

Les plus performants parmi les majors allemands du BTP ont réussi à développer des stratégies de spécialisation et d'internationalisation leur permettant de compenser la récession sectorielle sur le marché national. Un marché aux marges insuffisantes. En effet, le BTP allemand a encore reculé de 4,3 % en 1998, et devrait fléchir de 0,5 % cette année, un léger mieux de 0,5 % à l'Ouest n'arrivant pas à compenser une nouvelle baisse de 3,5 % en ex-RDA.

Le grand gagnant est Hochtief. Le groupe d'Essen, appartenant pour 56 % au géant de l'énergie RWE, arrive à s'émanciper des aléas de la construction en développant l'aéroportuaire. Il est désormais copropriétaire des aéroports d'Athènes, de Düsseldorf et du grand aéroport Schönefeld de Berlin. L'an dernier il a supplanté Holzmann en tant que numéro un sectoriel. Fait encore plus remarquable, pour la onzième fois consécutive le groupe conduit par Hans-Peter Keitel a pu augmenter son bénéfice net, qui a gravi de 9,1 % à 576 millions de francs l'an dernier. La rentabilité du capital (ratio résultat d'exploitation/capital investi) a atteint d'appréciables 7,9 % en 1998 et dépassera cette année les 9 % exigés par la société-mère.

Le président de RWE, Dietmar Kuhnt, qui avait réduit Hochtief au rang de simple « participation financière » en annonçant une concentration sur le métier de l'énergie, s'est corrigé en assurant qu'il ne vendrait pas Hochtief ; il a aussi loué l'expansion riche d'avenir de l'aéroportuaire. Le directeur financier du numéro trois Bilfinger + Berger admet que désormais Hochtief est l'exemple à imiter pour le « benchmarking » du BTP allemand.

Restructuration chez Holzmann

« Notre plus grand chantier a été l'assainissement du groupe », a concédé, avec une pointe d'humour noir, Heinrich Binder, qui achève la restructuration de Holzmann. Ce manager extérieur au secteur, qui a auparavant redressé le sous-traitant automobile Kolbenschmidt, a procédé chez le major allemand avec une rare énergie. Ainsi, il a fait partir vingt des trente-quatre managers, qui se trouvaient à l'échelon en dessous du directoire de Holzmann.

Il est aussi d'avis qu'en matière de qualité de finition, le BTP a encore beaucoup à apprendre de l'industrie manufacturière. Holzmann avait perdu plus de 10 milliards de francs dans le développement immobilier, ajoutés à de malencontreux engagements à l'étranger (Nord France, Holzmann Thai). L'an dernier, la perte avant impôt est descendue de 2,3 milliards de francs en 1997 à zéro. Mais il a fallu encore une fois vendre des actifs et mettre à contribution les très performantes filiales américaines pour compenser une perte opérationnelle de 1,56 milliard de francs en 1998. Toutefois, diverses opérations de capital et la vente de Steinmüller (chaudières) ont assuré l'assainissement financier.

Holzmann est devenu le groupe de BTP allemand le plus ouvert à l'international. Il réalise un tiers du chiffre d'affaires aux Etats-Unis. Et toutes les autres activités étrangères ont été concentrées au sein de Holzmann International à New York. Il s'agit là d'une première allemande.

Quelques espoirs pour 1999

Bilfinger + Berger a fourni la preuve que les chantiers étrangers, surtout asiatiques, peuvent être des traquenards. A Bangkok, le groupe de Mannheim a été obligé de provisionner deux fois de suite 500 millions de francs pour l'autoroute surélevée de Bang Na. Pour la première fois depuis la guerre, il a encaissé une perte nette de 304 millions de francs. Cependant, 1999 sera de nouveau excédentaire. Le nouveau président du directoire, Herbert Bodner, cherche un partenaire de coopération étranger.

Les deux majors les plus mal en point sont Strabag, et Wayss & Freytag. Le premier, désormais contrôlé par l'Autrichien Bau Holding, a triplé sa perte avant impôt à 251 millions de francs, mais il quittera le rouge cette année. En revanche, Wayss & Freytag, repris par le Hollandais HBG, ne dégagera des bénéfices opérationnels qu'en 2002 quand il se sera concentré sur deux activités clé, le béton armé et la construction de tunnels.

Les quatre sociétés de l'empire d'Ignaz Walter - Dywidag, Heilit + Woerner, Walter Bau et Züblin - ont bien tenu la route. En fin d'année, elles céderont leurs activités extra-européennes à Walter Group International (WGI), qui opérera depuis Salzbourg. WGI veut effectuer une percée Outre-Mer.

TABLEAU : Classement 1998 des majors allemands : Hochtief passe en tête - Grand gagnant de l'année 1998, Hochtief (groupe RWE) est passé devant Holzmann, ex-numéro un du BTP en Allemagne.

Éditions du Moniteur Le Moniteur boutique

Construire avec le bois

Construire avec le bois

Date de parution : 12/2019

Voir

Exécution des marchés publics

Exécution des marchés publics

Date de parution : 11/2019

Voir

Comprendre simplement la résistance des matériaux

Comprendre simplement la résistance des matériaux

Date de parution : 11/2019

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur