Paysage

Aiguillon européen pour la politique paysagère de la France

Mots clés : Aménagement paysager - Démarche environnementale - Etat et collectivités locales

Seule une stratégie nationale interministérielle peut donner à la politique paysagère de la France le sens et la force qu’elle mérite. Cette conclusion ressort d’un rapport du Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD), mis en ligne mi-février. Les trois auteurs ont analysé huit pays membres du Conseil de l’Europe sous l’angle de l’application de la Convention européenne du paysage, avant de formuler huit recommandations.

Le 13 mars, le comité de pilotage du plan national d’action pour le paysage prendra officiellement possession du rapport intitulé « Démarches paysagères en Europe – Eléments de parangonnage pour les politiques publiques françaises », rédigé sous l’égide du Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD). Signées par Jean-Luc Cabrit, coordonnateur, Marie-Christine Soulé et Jean-Pierre Thibault, les 173 pages incitent la France à creuser le sillon tracé depuis 2006 : en ratifiant la Convention européenne du paysage, l’Etat a orienté son objectif vers le cadre de vie quotidien des populations. Jusqu’alors, la protection des sites d’exception avait prévalu.

 

Convention fondatrice

 

Dans la foulée d’un précédent rapport du CGEDD, les 10 mesures du plan national d’action porté par Ségolène Royal ont approfondi la nouvelle approche à partir de l’automne 2014. Au sein du ministère de la Transition écologique, la direction générale de l’aménagement, du logement et de la nature (DGALN) en pilote la mise en œuvre. Le 8 août 2016, la France a franchi une nouvelle étape avec la loi Biodiversité qui reprend explicitement la définition du paysage comme « une partie de territoire telle que perçue par les populations », selon l’expression de la Convention européenne.

 

Modèle catalan

 

Parmi les exemples mis en exergue par le rapport, la Catalogne fait figure de modèle : la loi régionale adoptée en 2005 par le parlement « énonce une stratégie d’ensemble et crée des outils de politique paysagère et un système de suivi collégial et pluraliste dans le cadre d’un consortium regroupant acteurs du territoire et du paysage : Generalitat, autorités locales, secteurs social, professionnel et économique ». Mieux : dans cette région espagnole, le Priorat se distingue par la place donnée à l’impulsion citoyenne, alors que le trio de hauts fonctionnaires pointe la participation du public parmi les « gisements de progrès » qui restent à exploiter en France, pour satisfaire aux exigences formulées dans la convention européenne. « La population a décidé de prendre en main le devenir du territoire en s’appuyant sur le renouveau de l’économie viticole locale », commentent les auteurs. Outre son caractère participatif, la charte du paysage du Priorat offre deux éclairages utiles au « parangonnage » : une échelle territoriale dans laquelle se reconnaissent les populations et un moteur agricole, souvent lacunaire dans les politiques paysagères françaises, malgré la prépondérance de l’agriculture dans le façonnage des territoires.

 

Professionnels accompagnés

 

En phase avec le Bureau des paysages et de la publicité qui, au sein de la DGALN, assure le suivi de la politique paysagère nationale, les rapporteurs insistent sur la nécessité de soutenir la montée en compétence et la reconnaissance des paysagistes concepteurs. Après la loi du 8 août 2016 qui a formalisé leur statut, les rapporteurs recommandent d’aller plus loin : la Fédération française du paysage ne regroupe qu’un professionnel sur trois. « Loin de se borner à constater cette faiblesse, l’Etat doit trouver, avec la profession, les moyens d’une progressive montée en puissance », recommandent les rapporteurs.

 

Défi agricole

 

Non contents de labourer le terrain de la politique paysagère nationale à travers le ministère de la Transition écologique, les rapporteurs ambitionnent de concrétiser l’idée d’une stratégie interministérielle en commençant par l’agriculture. Conformément à leur cinquième recommandation, ils espèrent profiter de la remise officielle de leur document, le 13 mars, pour pousser l’idée d’une mission agriculture et paysage qui réunirait le CGEDD et son homologue du ministère de la rue de Varenne : le conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux.

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