Transport et infrastructures

Agrandissement du port de Dunkerque: 500 mètres à 61,4 millions d’euros

Mots clés : Gares, aéroports - Maîtrise d'ouvrage - Matériel - Equipement de chantier - Transport maritime

C’est un énorme et impressionnant chantier que Dunkerque Port, maître d’ouvrage et maître d’œuvre, a entrepris depuis un an sur son terminal à conteneurs via un investissement de 61,4 millions d’euros (HT). Visite en images des travaux d’allongement, sur 500 mètres, du quai de Flandres.

Enorme et impressionnant, ce chantier l’est d’abord par l’ampleur des terrassements — 15 000 m3 de béton coulé — et des techniques mises en œuvre pour la réalisation du quai, par un groupement d’entreprises composé de Bouygues TP Régions France (terrassement, battage de pieux et génie civil), Colas Nord-Picardie (assainissement et création du terre-plein) et Spie Fondation (travaux spéciaux sur les pieux et travaux d’assemblage des rails).

 

Défenses d’accostage

 

Impressionnant, le chantier l’est aussi pour la mise en place des défenses d’accostage (afin d’éviter les chocs à quai ou entre navires) par Spie batignolles. Il ne l’est pas moins par le volume de matériaux dragués, 4 millions de mètres cube de sable, notamment. C’est l’entreprise belge Sodraco International SAS qui est titulaire de ce lot, dont les premiers travaux devraient intervenir dans le courant de l’été.

 

Sol sablonneux

 

«Le futur quai est implanté dans un sol sablonneux avec quelques couches argileuses et limoneuses. Cette spécificité a obligé le groupement à travailler selon la technique du «combiwall» ou «mur combiné», précise Erwan Le Bris, directeur de l’aménagement et de l’environnement à Dunkerque Port.

 

Mur combiné de 49 mètres

 

Si la «technique n’est pas, en soi, révolutionnaire», toujours selon Erwan Le Bris, en revanche, ce qui est exceptionnel, c’est la profondeur de fonçage à partir de laquelle de ce «combiwall» est élevé — 49 mètres sont indispensables pour arriver, dans le bassin, à accueillir des navires ayant un tirant d’eau de 16,50 mètres — tout comme sa longueur: 500 mètres».

Le «combiwall» est constitué de pieux-tubes en acier enfoncés dans le sable, sous la mer, tous les deux mètres et entre lesquels on vient claver des palplanches, en acier également. Cet assemblage doit être parfaitement étanche puisqu’il fait office de frontière entre la mer et l’arrière du mur de quai. Il sert également de support à la «couronne de béton» du nouveau quai sur laquelle va être installé le matériel d’amarrage. En tout, pour cet ouvrage, ce sont 205 tubes et 410 palplanches qui auront été utilisés, soit, au total plus de 8 000 tonnes d’acier.

 

Deux couches d’argiles intermédiaires

 

«Effectivement, le point technique le plus sensible provient de l’endroit où est situé le chantier: sur du sable, avec deux couches d’argiles intermédiaires», renchérit Luc Maignon, responsable du chantier pour Bouygues Régions France à Villeneuve-d’Ascq. «Il nous fallait aussi gérer deux niveaux de nappes, inférieur et supérieur, proche de la mer. Nos équipes ont dû forer plus d’une centaine de puits de rabattement de nappes pour assurer une parfaite stabilité de l’ouvrage. C’est vraiment un chantier exceptionnel pour nous de par sa situation».

 

Pieu expérimental

 

«Vu de l’importance du chantier et sa spécificité, un pieu expérimental a été expertisé par le Cerema, un service d’ingénierie de l’Etat», précise encore Erwan Le Bris. «Nous ne voulions prendre aucun risque. Le chantier n’a commencé qu’une fois le pieu validé. Nous sommes satisfaits de constater que tout se passe bien et que nous n’avons à déplorer aucun souci technique ou retard de chantier».

Le chantier, sur lequel travaille actuellement une centaine de personnes, est prévu pour durer jusqu’à la fin de cette année. Un nouveau portique de déchargement — qui portera à six le nombre de portiques au terminal à conteneurs — devrait déjà être installé en mai, dès que les rails sur lesquels il évoluera auront été posés.

 

Focus

Objectif 64O OOO conteneurs en 2O2O

Les travaux vont permettre à l’opérateur du terminal, Terminal des Flandres (une filiale de Terminal Link, dont les actionnaires sont CMA-CGM et China Merchant), d’accueillir à quai, simultanément, à partir de 2O19 deux porte-conteneurs Megamax de nouvelle génération (capables de transporter plus de 22 OOO conteneurs). A l’issue des travaux, le quai présentera un linéaire total de 1 8OO mètres, permettant l’accueil de navires d’un tirant d’eau de 16,5 mètres à toutes conditions de marée. Objectif: atteindre un trafic annuel de 64O OOO conteneurs d’ici 2O2O.

 

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