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Agnès B au chevet du grand carré du potager du roi
Tout en agonisant, les poiriers achèvent de détruire les ferronneries de la fin du XIXème siècle - © laurent miguet

Agnès B au chevet du grand carré du potager du roi

Laurent Miguet |  le 21/09/2020  |  YvelinesPatrimoineVersailles

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Avec pour slogan « Mon potager, c’est le potager du roi », l’Ecole nationale supérieure du paysage a profité des Journées du patrimoine pour lancer une souscription publique jusqu’au 28 février prochain. Objectif : restaurer les 14 lignes de palissage les plus endommagées du Grand carré du potager, à 25 000 euros pièce. Amoureuse du site, la créatrice de mode Agnès Troublé, dite Agnès B., joue le rôle de marraine de la campagne.

Financement public pour les murs, mécénat privé pour les ferronneries : l’heure du Grand carré approche, dans le programme au long cours de restauration du potager du roi. Gestionnaire du site de 9 hectares, l’Ecole nationale supérieure du paysage de Versailles a lancé son appel aux souscripteurs le 19 septembre.

La réinvention du plâtre

Pour les maçons et les plâtriers, la réfection du mur du jardin du Breuil sert d’atelier de rodage, depuis cet été. Les entreprises Chapelle & Cie (maçonnerie) et Les Ateliers du paysage (plâtre) se préparent au changement d’échelle, sur les centaines de mètres de l’ouvrage de séparation entre les terrasses nord et sud du potager du roi, à la limite sud du Grand carré.

Encore mal connu des scientifiques de la restauration du patrimoine, le plâtre a convaincu François Moulin, architecte en chef des monuments historiques, pour ses qualités d’adhérence et de légèreté. Encore fallait-il trouver le savoir-faire, repéré finalement à Bayons, un village proche de Sisteron, dans les Alpes-de-Haute Provence.

Après le plâtrage des joints, puis le talochage et l’application de l’enduit, Philippe Bertone, gérant d’Ateliers du paysage, parie sur deux autres étapes susceptibles de renforcer la durée de vie et de finaliser le rendu esthétique du mur : la dispersion manuelle et aléatoire de grains de gypse, puis l’application de la truelle sur la surface, pour faire ressortir les restes du charbon de bois utilisé pour la cuisson du plâtre.

Douloureuse étreinte



Pour l’étape à venir sur le grand mur au sud du Grand carré, Antoine Jacobsohn, directeur du Potager du roi, se montre confiant : « Les entreprises se sont montrées respectueuses des jardiniers », se réjouit-il. Le constat vaut bonne augure pour les travaux qui, au coeur des plantations de poiriers et au nord de ce grand mur, vont mettre un terme à 140 ans d’enlacements douloureux entre arbres et armatures métalliques, unis dans la technique du palissage en contre-espalier.

Victorieux à la manière de Pyrrhus, les premiers agonisent, après avoir démoli les seconds par dessoudure, déchaussement ou arrachage de rivets. Leur étreinte remonte aux restaurations qui avaient suivi l’hiver 1879 : précoce, long et fatal pour 80 % des arbres.

Comme ses prédécesseurs de l’école nationale d’horticulture, l’école nationale supérieure du paysage (ENSP), gestionnaire du site, restaure le Grand Carré tel que l’avait rénové l’architecte Louis François Trouard à la fin du XVIIIème siècle : « Il n’y a pas de référence unique pour la totalité du jardin », commente Antoine Jacobsohn. Seule la sélection de poiriers et de porte-greffes changera, pour tenir compte du changement climatique.

Géométrie torturée

De 2008 à 2010 dans une première campagne de restauration qui avait porté sur 20 des 68 lignes de palissage, l’ENSP avait pris la mesure de la complexité des travaux de ferronnerie, dans les sous-ensembles du Grand carré : « Aucun de ces carrés n’est carré », sourit Vincent Piveteau, directeur de l’école. L’hétérogénéité des lignes n’empêche pas de connaître le prix de chacune d’elles : 1000 euros par mètre, soit 25 000 euros par ligne de 25 m.

La relative modicité de cette somme et l’indépendance de chacune des lignes désignent ce chantier pour un financement par souscription. Boucler le budget d’une ligne constitue l’objectif minimal de la campagne qui ajoute un maillon au processus de renouveau du potager, pièce maîtresse du campus des métiers et des qualifications en gestation à Versailles dans le cadre du programme Investissements d’avenir.

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