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Agglomération lyonnaise Le tramway vecteur de requalification urbaine

PIERRE DELOHEN |  le 25/06/1999  |  transportCollectivités localesArchitecture

Une infrastructure de transport insérée dans l'espace urbain. Une architecture fondée sur trois orientations. Une équipe de maîtrise d'oeuvre organisée spécifiquement.

« Sur la base du programme - le simple tracé des deux premières lignes de tramway de l'agglomération lyonnaise - le groupement de maîtrise d'oeuvre a pour rôle premier d'organiser la recomposition des voies empruntées par le tramway», explique Bruno Dumetier, architecte, à la tête de l'équipe de maîtrise d'oeuvre voirie et espace public, en charge de la direction de projet jusqu'à la redistribution des voiries selon les fonctions. Ce que Christian Philip, président du Syndicat des transports du Rhône et de l'agglomération lyonnaise (Sytral) traduit par : « Le tramway, instrument de qualité de vie et de ville. »

Au final, le projet de tramway d'un coût de 2,3 milliards de francs (hors prolongement à Saint-Priest et extension à Montrochet à venir pour un coût de 490 millions) ne participe pas qu'à la seule politique des déplacements : il trouve également sa cohérence dans les politiques de voirie, d'espaces publics et le plan vert. A charge pour l'équipe de maîtrise d'oeuvre de définir les choix essentiels pour que la ville soit vivable dans son fonctionnement.

La volonté de requalification de l'espace urbain dépasse la simple emprise de l'infrastructure de transport. Et Bruno Dumétier ajoute : « Elle poursuit, avec la même ambition, dans la logique déclinée depuis quelques années sur l'agglomération ». Parce qu'il emprunte les axes structurants de la ville - le cours de la Liberté, l'avenue Berthelot, les quais de Rhône - le tramway doit être le plus transparent possible : « Tramway ou pas, le profil en travers des voies est homogène et identique », stipule Bruno Dumétier.

La relation du tramway lyonnais avec la ville fait l'objet d'un projet d'architecture. « Insérer dans l'espace urbain qu'il dessert, le tramway donne à voir la ville et se donne à voir dans la ville » justifie Bruno Dumetier. Le tramway offrira donc de nouvelles perceptions par le dessin renouvelé en douceur des rues ou fragments de rues en perte de valeur urbaine. « Ces rues ont en effet tendance à devenir progressivement un simple collage de voies et de places de stationnements ».

Que le tramway entre sur les campus universitaires de Bron et Villeurbanne concrétise le principe acquis aujourd'hui d'ouverture réciproque de l'université sur la ville. Il construira également un lien entre les quartiers centraux de Lyon et des villes de sa périphérie. De quoi rapprocher la banlieue du centre ville.

« Le projet tramway dans le devenir de la ville ne doit pas être seulement compris comme un moyen de circulation, mais comme un espace de circulation » précise Bruno Dumétier. Son architecture se fonde sur trois orientations :

ne pas construire, c'est-à-dire ne pas imposer un nouvel objet à remarquer dans l'espace public déjà surchargé, mais au contraire profiter de son arrivée pour donner de l'espace ;

respecter la composition des rues, conserver et restaurer leur caractère, leur architecture, leur végétation et leurs arbres s'il y a lieu ;

distinguer clairement les différents usages de la rue et de la voirie.

Le tramway est constitué d'un site propre (à double sens avec deux voies contiguës) d'une emprise au sol de 6 m de large et d'un chapelet de stations à quais latéraux ou quai central d'emprise de 12 m de large sur 40 m de long avec abri.

La fabrication monumentale est ici absente au bénéfice de l'affirmation d'une unité de la ligne et d'une simplicité de la forme qui aboutissent à la conception d'un sol le plus plan possible. La demande dépasse le seul ruban dédié au tramway : quels sont les besoins pour la circulation automobile, les deux roues, les piétons ? « L'avenue Berthelot est large de 25 m dont 6 m pour le tramway. Il reste 19 m qui sont les plus importants en terme de réflexion sur les fonctions de la ville » précise Bruno Dumétier.

Compte tenu des délais avec une mise en exploitation en décembre 2000, l'équipe de maîtrise d'oeuvre voirie et espace public a brisé les habitudes ordinairement admises dans l'organisation de l'ingénierie avec un cabinet d'architecte à la tête de l'ensemble : il assure et assume le projet d'aménagement urbain jusqu'aux plans d'exécution en association avec Seralp Infra. On retrouve d'un côté un couple architecte/designer et de l'autre un couple ingénieur/projeteur.

Au sein de l'atelier projet/tramway, une vingtaine de personnes travaille sur un plateau unique dans une réflexion et un échange permanents. « Par l'enrichissement mutuel, cette organisation favorise la forte cohérence des études, et génère une plus grande efficacité et une meilleure qualité de conception par validation réciproque » détaille Benoît Pavageau, responsable coordination équipe voirie.

Penser, dessiner, maîtriser : la qualité de la voirie dans la sophistication du dessin ne s'explique pas autrement avec une forte capacité de réaction face à la moindre interrogation. « Nous assurons ainsi la maîtrise de toutes les contraintes pour mieux les intégrer dans un projet urbain, global et cohérent, de façade à façade » se réjouissent Bruno Dumétier et Benoît Pavageau.

DESSIN

L'avenue Berthelot, à Lyon, telle qu'elle sera après la construction du tramway : trottoirs, plate-forme, voies de circulation sont traités de manière différente pour une meilleure identification, avec une fluidité recherchée.

TRACE : LE TRACE DES DEUX LIGNES

La perception de la réalisation des deux lignes de tramway sera visible dès octobre 1999. Les essais du matériel roulant démarreront à partir du printemps 2000 pour une mise en exploitation en décembre 2000.

L'EQUIPE

Maîtrise d'oeuvre voirie et espace public : Atelier d'architecture Bruno Dumétier-Seralp Infra.

Direction du projet : Bruno Dumétier.

Chef de projet architecture : Dominique Gautier

Chef de projet voirie : Christian Rey.

Design station et mobilier : Jean-Michel Wilmotte.

Centre de maintenance : Ferrand-Signal architectes.

DESSIN

Le souci du détail dans le dessin (piste cyclable en asphalte grenaillé, bordures en granit, grille d'arbre en fonte, caniveau en asphalte et voirie en enrobé) provient de l'osmose entre l'architecte et l'ingénieur.

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