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« Affaire ouate » (4/4) : l'avenir est ailleurs
Ouate - © © Isofloc

« Affaire ouate » (4/4) : l'avenir est ailleurs

eric Leysens |  le 30/05/2013  |  PME du BTPouateProduits et matérielsEtatNormes

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Prises dans les sables mouvants du cadre technico-administratif, les PME de la ouate de cellulose espèrent que leur salut viendra de la décentralisation. C'est pourquoi elles travaillent activement , avec plusieurs régions, à la mise en place d'une « Certification qualité matériaux biosourcés ».

Les fabricants de ouate de cellulose sont confrontés à un cadre technico-administratif complexe (lire l'épisode 1 de l'"affaire ouate") et, depuis le début de l'année, à une mise sous surveillance de leurs produits par l'Agence qualité Construction (lire l'épisode 3 de l' « affaire ouate »). Si cette situation est perçue par les acteurs de cette filière comme le principal obstacle au développement de leurs petites structures,  ils jugent aussi que la lourdeur du protocole de l'Acermi (certification française des isolants conçue par le laboratoire LNE et le CSTB) ne leur facilite pas la tâche. Amélie Brackmann, responsable du marché français pour le fabricant suisse de ouate de cellulose Isofloc, reproche à cette certification d'être plus exigeante que l'Agrément technique européen et de faire des différences entre type d'isolants. «L'Acermi sur la ouate exige deux mesures de lambda (conductivité thermique) par semaine alors que l'agrément technique européen n'en impose qu'une par mois, assure-t-elle. Et sur la laine minérale ou les panneaux en fibre de bois, l'Acermi ne demande qu'une mesure par trimestre». D'après les dirigeants des PME de la ouate, de manière à être en mesure d'effectuer ces mesures à cette fréquence, ils se doivent d'acheter un lambda-mètre dont le coût se situe autour d'une centaine de milliers d'euros. Un investissement substantiel dans le bilan d'une PME.

Vers la fin du monopole de l'Acermi ?

Pour l'heure, il est difficile pour les fabricants d'isolant de se passer  de l'«Acermi» puisqu'il est nécessaire pour qu'un isolant soit éligible aux certificats d'économie d'énergie (CEE). (A noter que ce n'est pas le cas pour être éligible au crédit d'impôt, un agrément technique européen étant alors suffisant). Plus exactement, les textes législatifs établissant les règles d'éligibilité au CEE parlent d'«Acermi ou certification équivalente». Cette précision, apportée par le Syndicat Européen des Producteurs de Ouate de cellulose (Ecima) à l'époque de la rédaction des textes législatifs, permet aux PME de la ouate de miser sur le développement de la certification qualité matériaux biosourcés,. En fédérant des laboratoires accrédités Cofrac comme ceux de l'École Nationale Supérieure des Technologies et Industries du Bois à Epinal ou du Centre d'essais textile lorrain, l'Association matériaux biosourcés, une fois normalisée ISO 45011, délivrera des certifications qualité matériaux biosourcés (CQMB).

Pour Olivier Jodion, directeur général de la Ville d'Epinal et de la communauté d'agglomération, « aujourd'hui, tout est concentré sur quelques laboratoires autour de Paris. Alors qu'on dispose en région de tout le savoir-faire ».

La communauté d'agglomération d'Epinal et la région Aquitaine soutiennent la démarche.  Secrétaire du syndicat Ecima, Thierry Toniutti aimerait que la Direction de l'habitat, de l'urbanisme et des paysages (DHUP) apporte un soutien financier à la démarche. «Et ce n'est pas facile d'obtenir un véritable appui car l'arrivée de la CQMB n'est pas du goût de tout le monde», remarque Thierry Toniutti en précisant que plus de 70 demandes de fabricants souhaitant développer des matériaux innovants, ou non traditionnels, ont déjà été enregistrées. «Aucun industriel n'entrera dans les commissions du circuit de validation de la certification, prévient-il. Les experts auront des compétences spécifiques aux matériaux  biosourcés, les prix et les délais seront raisonnables et il n'y aura pas des durées de validité différentes selon les produits ».

La Médiatrice de la République chargée du «dossier ouate», Nadia Bouyer, souligne l'intérêt de cette démarche qui permettra, selon elle, d'éviter  les travers qu'engendre un monopole. Chargé de mission pour les filières vertes au sein de la DHUP, Jean-Michel Grosselin soutient également cette régionalisation qui correspond à l'action 44 de la feuille de route « Ambitions Ecotech », établie en 2012 sous l'égide du ministère de l'Ecologie : « Élaborer de nouvelles procédures d'évaluation pour les produits et systèmes innovants. Décentraliser le processus d'évaluation du CSTB en créant des plateformes territoriales aptes à évaluer les produits et systèmes innovants ».


Pour lire le second épisode de l' "Affaire ouate", cliquez-ici

Pour lire le troisième épisode, cliquez-là

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