Entreprises de BTP

Adaptabilité, qualité, intégration des fonctions… les (relatives) solutions anti-crise pour le BTP

Mots clés : Entreprise du BTP

Un constat lucide, une analyse sans concession… Les entrepreneurs et acteurs de l’acte de construire, réunis à Toulouse, le 20 juin, dans le cadre du Club Excellence du Moniteur, témoignent de leurs difficultés sans pour autant céder à la résignation. Ni solution miracle ni recette clé-en-main, mais la nécessité de trouver des réponses qui prennent en compte, de manière réaliste, la situation spécifique de chaque entreprise.

Le tableau brossé par Vincent Métibié, directeur régional de BTP Banque pour la région Midi-Pyrénées, en introduction des débats animés par Christiane Wanaverbecq, posait d’emblée la problématique sous des auspices peu encourageants. Dégradation persistante des marges des entreprises, en particulier des PME dont le chiffre d’affaires se situe entre 1 et 7 millions d’euros, manque de visibilité avec un carnet de commandes de 3 à 5 mois selon les secteurs, des prix en baisse constante y compris pour les entreprises qui ne connaissent pas de rupture de charge. Un constat conforté par les chiffres du Comité régional de concertation (CRC) qui évoque une activité BTP en Midi-Pyrénées en net repli en 2013 avec une baisse de 5% en valeur par rapport à 2012, et une perte de 6 000 emplois salariés depuis fin 2007, et malgré le relatif tonus d’une économie régionale portée par le dynamisme de l’agglomération toulousaine.

La note de conjoncture de la CRC
Gilles Barou et Jordan Rémy, respectivement directeur Midi-Pyrénées et responsable du réseau BTP en Haute-Garonne chez KPMG, ont tempéré ces propos. Tous deux insistent sur la nécessaire adaptabilité des entreprises. «C’est un facteur de succès. La bataille sur les prix est compliquée, mais la dynamique commerciale, autant que le travail sur la valeur ajoutée, avec le renforcement des compétences internes, jouent un rôle positif », ont-ils déclaré. Pour Frédéric Carré, président de la fédération BTP de Haute-Garonne, le prix demeure, de manière récurrente, l’élément déterminant : «Le marché se régule mais avec un impact, en termes de rentabilité, qui risque de se traduire à court terme par la disparition d’un tiers des entreprises du département ».
Le « moins disant » est-il devenu aujourd’hui le seul critère, notamment en matière de marchés publics ? Se sont demandé les participants à la réunion. L’idée a été récusée par André Crocherie, directeur régional de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) de Midi-Pyrénées : «Au niveau de l’Etat des consignes ont été donnés pour une totale transparence sur le choix des offres. Le mieux disant à toujours sa place, même si l’on peut améliorer encore l’analyse des réponses », a-t-il affirmé.

 

L’offre globale, un atout potentiel

 

Difficile, estime l’ensemble des participants, de parler encore de crise face à une situation qui tend à devenir structurelle. «Nous sommes dans une véritable logique de mutation », estime Patrick Rouaix, vice-président des SCOP BTP Sud-Ouest. Deux pistes, dans ce contexte, méritent d’être explorées : un travail méthodologique permettant une réduction des coûts, une intégration de l’ensemble de la chaîne permettant de développer une offre globale. «Nous n’avons jamais été autant confrontés à des marchés en conception construction », constate Bernard Gatimel (groupe GBMP). «Mais au-delà du mode de dévolution, le prix demeure bien la variable d’ajustement ». Pour Christian Vandewalle (groupe G.A.), délégué régional d’EGF BTP, l’offre globale représente un réel atout. «Mais une entreprise ne peut reprendre en conception l’ensemble des points d’un appel d’offre ». Pierre Bonnard, représentant le conseil régional de l’Ordre des Architectes de Midi-Pyrénées, reconnaît l’importance des synergies entre les divers acteurs. «La maîtrise d’œuvre privée est souvent prête à accepter l’entrée des entreprises dans la boucle dés l’amont ». Dans tous les cas de figure, la qualité demeure un impératif. «Nous sommes confrontés, avec des grands donneurs d’ordres, comme EDF, à un cahier des charges strict. L’optimisation des rendements et le préalable d’une démarche qualité sont pour nous des facteurs décisifs », souligne Florent Grizaud, gérant de la société ECM. « La taille des entreprises peut aussi représenter un facteur d’adaptabilité », indique Alain Gadou, secrétaire général de la CAPEB Midi-Pyrénées. «Les micro-entreprises représentent 60% des nouvelles inscriptions en 2013. Il s’agit d’un facteur non négligeable pour faire baisser le coût du travail ».
Particulièrement touchés, les travaux publics sont aujourd’hui dans une situation critique. Bruno Cavagné, président de la FNTP et Thierry Le Friant, président de la FRTP Midi-Pyrénées, qui organisaient le jour même une conférence de presse, tiraient une fois de plus, la sonnette d’alarme. «Notre secteur dépend à 70% de la commande publique. En cinq ans le chiffre d’affaires de la profession a chuté de 11,2% et les effectifs de près de 16%. Compte tenu de la faiblesse des carnets de commandes et surtout du manque de visibilité, d’ici à trois ans on peut craindre la perte en région de 2 000 emplois supplémentaires. Il faut mettre en place un véritable plan de sauvegarde pour les TP. Nous attendons que les élus se mobilisent sur cette question ».

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