Entreprises de BTP

Acquisition d’entreprises : en Ile–de–France, les PME musclent leur offre sous la pression des majors (5/6)

Mots clés : Concurrence - Métier de la construction - PME

Confrontées à une concurrence très forte des majors, les plus solides PME franciliennes jouent de plus en plus la carte de l’offre globale pour conquérir de nouveaux marchés. Illustration avec Balas, Charpentier et Fareneit, trois sociétés en quête de rachats pour élargir la palette de leurs activités traditionnelles.

Spécialisée en couverture-plomberie-génie climatique, mais également présente dans les secteurs de la cuisine professionnelle, réfrigération et salles de bain, la société francilienne Balas a récemment élargit son périmètre d’intervention en se dotant de nouvelles compétences. En  2010, le  groupe basé à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) reprenait Gandiol, une entreprise d’électricité (courants faibles et forts) d’une quarantaine de salariés (pour un chiffre d’affaires de 3,7 millions d’euros) qui a été intégrée et non filialisée. Un an plus tard, le groupe présidé par Jean Balas rachetait GIR Etanchéité (6 millions de chiffre d’affaires). Aujourd’hui, Balas est composé de sept entités qui proposent aux maîtres d’ouvrages une gamme très complète de métiers techniques. En 2011, le groupe affichait un chiffre d’affaires de 100 millions d’euros HT et un effectif de 750 salariés.

 

« Le rachat de Gandiol nous a permis d’intégrer l’électricité comme compétence complémentaire dans l’offre déjà existante du groupe Balas, qu’il s’agisse des activités de services (entretien, maintenance, dépannage), de celles touchant au patrimoine public et aux collectivités locales, des travaux de rénovation ou encore des grands projets.  Concernant les grands chantiers, par exemple, nous sommes désormais attributaires de lots plomberie-CVC-électricité», souligne Jean Balas.

Derrière la stratégie de développement du groupe Balas se profile le marché de la rénovation énergétique où les lots techniques sont très importants.

« Notre objectif est d’être beaucoup plus présent sur ce marché, même s’il reste pour l’instant très faible, ajoute le chef d’entreprise. L’acquisition de Gir Etanchéité nous permet de proposer une offre élargie sur la couverture en incluant des compétences dans le domaine de l’étanchéité, du bardage, de l’isolation thermique. Cette activité d’étanchéité se développe peu à peu dans les services et les marchés de travaux et pourquoi pas demain dans les opérations de rénovation énergétique sur l’enveloppe du bâtiment. Nous commençons d’ailleurs à construire une offre sur l’enveloppe du bâtiment et peut-être serons-nous amenés, dans cette perspective, à procéder à d’autres acquisitions ».

 

 De nombreuses opportunités de reprises de PME

Installée Brétigny (Essonne), l’entreprise de génie climatique Charpentier  (80 salariés, 10,8 millions d’euros de chiffre d’affaires) a également fait de la croissance externe un pilier de sa stratégie. Ces dernières années, Jean-Paul Charpentier, le P-DG, a  racheté plusieurs PME, dont une d’électricité et une autre de climatisation. Il s’interroge actuellement sur l’acquisition d’une entreprise «beaucoup mieux armée sur la maintenance et l’exploitation », implantée dans un autre secteur géographique « ni trop proche, ni trop lointain », comme le Loiret, pour élargir sa zone commerciale.  « Depuis cinq ans, réaliser des travaux ne suffit plus. Il faut vendre un service global au client : conception, réalisation et maintenance. Cela exige des compétences de plus en plus poussées en gestion technique centralisée (GTC). Aujourd’hui, notre service maintenance n’est pas suffisamment structuré pour répondre à une telle demande ».  

Actuellement, les opportunités de rachat d’entreprises sont nombreuses, note Jean-Paul Charpentier. « Cela est lié à la crise, à des chefs d’entreprises qui pensent à leur succession mais aussi à un phénomène de « ras-le-bol » de la part d’entrepreneurs qui veulent céder leur société à tout prix». Fort de son expérience en matière d’acquisition de sociétés mais aussi en tant qu’ancien président de la FFB région Ile-de-France, il constate que « reprendre une entreprise dans un autre corps d’état que le sien n’est pas chose évidente. Les contraintes, les aspects techniques, les ratios… sont différents. Les patrons de PME, dont beaucoup se sont formés sur le tas, ne sont pas forcément bien armés. Ils doivent donc pouvoir s’appuyer sur un référent dans l’entreprise rachetée et cela suppose de leur part des qualités managériales. Ils doivent aussi avoir la capacité à continuer à gérer leur entreprise tout en prenant en charge la gestion de l’autre société. La plus grande force d’un chef d’entreprise, conclut-il, c’est de savoir déléguer ».

 

Les contrats de performance énergétique en ligne de mire

Autre spécialiste francilien du génie climatique et thermique, l’entreprise Fareneit a racheté cet été la société PSEG (courants faibles et forts), basée à Bondoufle (Essonne). A partir de son cœur de métier, le groupe actif dans la rénovation et la maintenance dans le tertiaire achève ainsi sa diversification et constitue une offre globale. « Le Grenelle de l’environnement a profondément modifié les mentalités, induisant un raisonnement non plus équipement par équipement mais à l’échelle du bâtiment et de son système énergétique », explique Patrick Aimon, le président de ce groupe indépendant créé en 2000 et détenu par ses dirigeants. Onze ans et 17 entreprises rachetées plus tard, le groupe Tipie – plus connu sous le nom de sa marque commerciale Fareneit –, réalise 15 millions d’euros de chiffre d’affaires par an via six filiales, pour l’essentiel en Ile-de-France, et emploie 112 personnes. « Après ce rachat et celui de la société de plomberie Cordonnier en mai 2010, nous couvrons tous les lots techniques », ajoute le président de Fareneit. « Manque la partie isolation mais nous aurons probablement recours à des partenariats, car c’est un peu plus loin de notre métier », selon Patrick Aimon. Avec en ligne de mire, le marché des contrats de performance énergétique.

 

 

Demain, fin de notre feuilleton sur les mini-groupes régionaux du BTP avec un reportage sur les régions de l’Est

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X