Entreprises de BTP

Acquisition d’entreprises : aucun métier dans l’Est n’échappe aux concentrations (6/6)

Mots clés : Logement social - PME - Travaux publics

Fin de notre tour de France sur les rapprochements de PME régionales. Dans l’Est, les exemples de Lingenheld, STCE et Ecologgia illustrent le dynamisme des groupes indépendants, dans les travaux publics et le bâtiment. La proximité de l’Allemagne stimule l’élan des entrepreneurs.

Avec son puissant tissu d’entreprises indépendantes, le modèle allemand inspire l’Alsace, à la lumière de deux chiffres clés : la France compte 4600 entreprises de taille intermédiaire (ETI), et l’Allemagne 10 000. Saisi par le conseil régional, le conseil économique, social et environnemental (Ceser Alsace) rendra au début 2013 un rapport sur ce sujet. Président de l’assemblée des forces vives, mais aussi de la Chambre de métiers d’Alsace, Bernard Stalter en résume les objectifs : « Nous essayerons de flécher les PME susceptibles de devenir des ETI, y compris parmi des entreprises de taille artisanale, et d’identifier des moyens pour les y aider. Une partie importante de ces PME appartient au secteur du Bâtiment. Nous recueillerons non seulement les points de vue des ETI, mais aussi ceux d’entreprises indépendantes de toutes tailles, avant de creuser les pistes de proposition : le capital investissement, la diffusion de l’innovation, l’aide fiscale et l’accès aux marchés porteurs comme actuellement le logement social, en rénovation et construction neuve ». 

 

Ecologgia, une start-up du durable

 

L’actualité récente, dans le Grand Est de la France, confirme le dynamisme de groupes indépendants dans différents métiers de la construction. Créé en 2008 dans l’idée de récolter les fruits du marché naissant du bâtiment à basse consommation, le nancéien Ecologgia s’est d’emblée installé sur toutes les strates de la filière, de la promotion immobilière à la pose en passant par la production industrielle et l’ingénierie. « Nous avons mis trois ans à constituer la chaîne associant ces éléments. Nous envisageons aujourd’hui une diversification dans la réhabilitation de logements sociaux et une extension géographique », annonce François Pélissier, créateur et P-DG du groupe de 120 salariés pour 21,5 millions d’euros de chiffre d’affaires. Implanté à la fois dans l’usine vosgienne de Nomexy et sur l’ancien site du fabricant de skis Salomon à Rumilly (Savoie), le fabricant Ecologgia Techniwood annonce le lancement d’ici à juin prochain du panneau bois Panobloc, qui vise les marchés du neuf et de la rénovation. Dans cette dernière spécialité, le groupe exécute un premier chantier d’envergure hors de la Lorraine, sur 480 logements sociaux dans la Marne.

 

Lingenheld et STCE : les fruits de la diversification

 

A côté de la start-up lorraine, le dijonnais STCE présente le modèle de la diversification d’une entreprise de gros œuvre par croissance externe. Deux rachats successifs ont positionné l’entreprise sur les marchés de l’électricité et du chauffage. La basse consommation a également servi d’aiguillon à la croissance du groupe de 23 millions d’euros de chiffre d’affaires pour 160 salariés. Les synergies entre gros œuvre et fluides ont facilité l’accès de STCE à des marchés d’entreprise générale ou de conception réalisation.

Dans le secteur des travaux publics, Lingenheld offre l’exemple récent le plus frappant de groupe familial en phase de consolidation et de diversification. Active dans le terrassement jusque dans les années 80, l’entreprise familiale de Dabo (Moselle) s’est progressivement diversifiée dans le recyclage des granulats routiers, des boues de station d’épuration, puis des terres polluées à travers sa filiale Lingenheld Environnement, implantée à Oberschaeffolsheim (ouest de Strasbourg). En 2009, le rachat de Haar et la reprise de ses 70 salariés, à Haguenau, positionne l’entreprise sur le créneau complémentaire de la démolition et du désamiantage, tout en la renforçant dans le domaine des déchets, à travers l’activité de collecte. Deux ans plus tard, le groupe de 420 salariés et 95 millions d’euros de chiffre d’affaires s’approche de l’objectif formulé alors par son président Georges Lingenheld : franchir le cap des 100 millions d’euros. Cette année, le regroupement et l’extension des activités alsaciennes de la maison mère et de sa filiale environnementale vont susciter l’un des plus importants investissements dédiés à l’activité économique dans l’agglomération de Strasbourg : un engagement de 9 millions d’euros HT pour 1600 m2 de bureaux et 3500 m2 d’ateliers, sur le site d’Oberschaeffolsheim qui totalisera alors 25 ha.

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