Entreprises de BTP

Accusations de travail forcé au Qatar: une enquête contre Vinci classée sans suite

Mots clés : Droit de propriété - Entreprise du BTP - Parquet - Travail

L’enquête préliminaire visant le géant du BTP, ouverte après une plainte de l’association Sherpa pour « travail forcé » et « réduction en servitude » sur les chantiers du Mondial-2022 au Qatar, a été classée sans suite, a indiqué le parquet de Nanterre à l’AFP mardi 6 février.

L’association Sherpa dédiée à la défense des populations victimes des crimes économiques, avait déposé en mars 2015 une plainte contre Vinci Construction Grands Projets et sa filiale au Qatar pour « travail forcé », « réduction en servitude » et « recel » sur les chantiers du Mondial-2022. Assurant avoir réalisé une enquête sur place, Sherpa avait fait état de confiscations de passeports et de menaces proférées à l’encontre de ces travailleurs migrants pour les dissuader de réclamer une amélioration de leurs conditions de travail.

Mais mardi 6 février, le parquet de Nanterre a annoncé avoir classé cette plainte sans suite.

Il n’a pas été établi par l’enquête que les dirigeants de Vinci et de sa filiale aient « élaboré intentionnellement une politique délibérée de violation des droits de leurs employés migrants » et aient mis en place « une organisation destinée à pratiquer la traite des êtres humains », selon une source proche du dossier.

Jean-Pierre Versini-Campinchi, conseil de Vinci, a par ailleurs souligné que la plainte de Sherpa avait été déclarée par le parquet « irrecevable pour des motifs de droit », l’ONG n’étant notamment « pas déclarée d’utilité publique » et n’ayant « pas obtenu l’accord des prétendues victimes ».

 

Nouvelle information judiciaire

 

« Cette décision est sans surprise. Nous continuerons notre travail pour que lumière soit faite sur les faits dénoncés. Nous entendons donc déposer plainte avec constitution de partie civile afin de saisir un juge d’instruction », a réagi Sandra Cossart, directrice de Sherpa, dans un communiqué. L’ouverture d’une information judiciaire est dans ce cas quasi-automatique.

« Sherpa a annoncé saisir un juge d’instruction. Au-delà de son irrecevabilité à le faire, on n’imagine pas que ce magistrat puisse aboutir à une conclusion différente », a estimé Me Versini-Campinchi.

Le groupe Vinci s’est félicité de la décision du parquet intervenue le 31 janvier, rappelant qu’il « s’attache non seulement à respecter le droit local du travail et les droits fondamentaux, mais aussi à faire progresser en permanence les conditions de travail et de vie de ses salariés, au Qatar comme partout dans le monde ». En novembre 2017, Vinci et QDVC avaient ainsi annoncé avoir signé un accord garantissant un minimum de droits aux travailleurs étrangers employés dans le bâtiment et les travaux publics au Qatar.

Vinci a également souligné que les divers experts et observateurs ayant eu accès aux chantiers « ont pu constater que les collaborateurs de sa filiale Qatari Diar Vinci Construction (QDVC) bénéficient d’un libre accès à leur passeport et (que) les temps de travail et de repos sont strictement observés ».

Face aux accusations portées par Sherpa, Vinci avait déposé plainte pour diffamation et entamé une autre procédure pour atteinte à la présomption d’innocence. Dans ce dernier volet, le géant du BTP a été débouté en février 2016.

 

 

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