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Accueillir en maison de retraite

CYRILLE VERAN |  le 07/12/2001  |  EphadMaison individuelleLogementTemps de travailFrance

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Livrée le 15 janvier prochain, la maison d'accueil pour personnes âgées dépendantes (Mapad) de Tremblay-en-France s'inscrit dans une nouvelle génération d'équipements, qui rend plus douce la vie en collectivité pour ses résidents.

Par son implantation en coeur de ville, sa petite échelle, et la qualité de ses espaces collectifs, la maison de retraite de Tremblay-en-France synthétise un ensemble de réflexions qui ont vu le jour à la fin des années 80 sur l'accueil des personnes âgées dépendantes.

Elle est située au coeur d'un quartier pavillonnaire animé, à proximité d'un square et d'équipements (gare, poste, collège...). Cette implantation centrale est bénéfique aux personnes âgées, au contraire des équipements relégués aux périphéries des villes, qui aggravent leur degré de dépendance.

Petite échelle autour d'un verger. Un face-à-face discret avec les habitations voisines complète l'ouverture sur le quartier. Le programme, dense, est scindé en plusieurs volumes bas (à R + 2 maximum). Alignés sur rues, ils libèrent un espace central paisible, dévolu à des arbres fruitiers. Dans ce jardin, le volume étroit des services, érigé en signal au-dessus de l'accueil, marque l'entrée de la résidence.

Des surfaces généreuses. Les espaces collectifs sont répartis dans les différents corps de bâtiment. Cette distribution facilite le repérage, mais surtout démultiplie les vues sur le jardin, les accès, la rue, la place. Cette attention portée à l'usage se traduit aussi par des espaces collectifs généreux.

A chaque étage, les couloirs sont conçus comme des galeries avec des salons ménagés dans leur prolongement. Les activités qui s'y déroulent peuvent ainsi être observées à distance, un moyen de laisser au résident le choix entre isolement ou vie collective. Larges, les couloirs distribuent la quasi-totalité des logements d'un seul côté. Ils sont éclairés naturellement par les grandes baies vitrées des salons et à chaque extrémité.

Quant au hall d'entrée, sa surface (105 m2) a été largement augmentée par rapport au programme pour qu'il devienne aussi un lieu de convivialité.

Les surcoûts induits par ces surfaces généreuses sont compensés par la distribution rationnelle des logements, dans une trame de refends calée sur 3, 60 m d'entraxe.

Jardins ou balcons filants. Chaque étage comporte deux unités de vie. L'une est affectée aux « désorientés », qui peuvent déambuler librement, à l'intérieur comme à l'extérieur dans leur propre jardin, sans risque pour les autres résidents. Toutes les chambres ou logement, au standard actuel de 20 m2, disposent des éléments techniques obligatoires : lit et stores réglables par commande électrique, sonnette d'appel... Mais leur décoration évoque davantage un hôtel qu'un hôpital. Des balcons filants aux étages et des jardins de bambous à rez-de-chaussée renforcent ce sentiment.

Bois en façades. La façade des logements sur rue est constituée de panneaux sandwichs préfabriqués. Les faces extérieures en Navirex (un contreplaqué marine peint au brou de noix) et intérieures en movengui, confortent le caractère chaleureux et sécurisant de cet équipement. Le rythme aléatoire des fenêtres et des panneaux efface la lecture d'ensemble du bâtiment pour faire apparaître chaque chambre dans son unité. Côté jardin, des claustras de Red cedar non traité habillent les murs de béton brut.

Fiche technique

Maîtrise d'ouvrage : Sage (Société d'aménagement, de gestion et d'équipement).

Maîtrise d'oeuvre : m.a.a.s.t architectes (François Marzelle et Isabelle Manescau architectes) ; GEC Ingénierie, BET TCE ; Eric Loiseau, économiste.

Programme : maison d'accueil pour personnes âgées dépendantes, 73 lits. Surface : 3 700 m2 HON.

Coût construction : 4,12 millions d'euros HT (27 MF), soit 56 400 euros/logement.

Principales entreprises : La Seconde (menuiseries extérieures) ; De Vire Nouvelle (menuiseries intérieures) ; Acitech (serrurerie) ; Lachaux Paysages (espaces extérieurs).

Principaux produits : Red cedar imputrescible (façades claustras) ; panneaux en Navirex (façades bois extérieures) ; panneaux vernis en movengui (façades bois intérieures) ; Engels (menuiseries extérieures en movengui) ; Ageca Dermac (maille Inox des garde-corps).

PHOTOS, PLAN :

En haut, l'aile courbe des logements sera protégée de la rue par des jardins de bambous.

Ci-contre : le logement du directeur dispose d'un accès indépendant.

Plan à rez-de-chaussée : les différents volumes sont ordonnés autour d'un verger en cours d'aménagement. Les cuisines sont intégrées à l'équipement pour économiser sur le coût des repas.

Ci-dessus à gauche : Aux étages, des balcons filants, protégés par une discrète maille Inox, prolongent les logements.

Ci-dessus à droite : vue sur le hall d'entrée et ci-contre vue sur les salons. Les claustras de Red cedar, brut de sciage, sont posés par panneaux. Ces panneaux préfabriqués mesurent 2,50 m par 1,60 m. Leur ossature est vissée dans les murs de béton. Les montants horizontaux (3 cm x 5 cm) sont espacés tous les 4 cm.

«Des réponses au cas par cas» Jean-louis Pérot, directeur de la Mapad de Tremblay-en-France pour l'association du Moulin Vert.

Les programmes de Mapad ont-ils évolué au cours des dernières années, et comment ?

JEAN-LOUIS PEROT : Les normes de ces établissements, qui doivent être appliquées à la lettre pour obtenir des subventions, n'ont guère évolué depuis les années 75. Cependant, la taille des Mapad a tendance à se réduire. Elle se situe aujourd'hui entre 60 et 90 lits. En dessous du seuil de 60 lits, on ne peut plus réduire les charges fixes.

Mais c'est surtout la technicité de ces établissements qui a changé en dix ou quinze ans. Depuis l'hôtel « amélioré » des années 70/80, les consignes de sécurité, les règles d'hygiène, la formation du personnel sont devenues extrêmement rigoureuses. Il faut cependant faire attention à ne pas trop médicaliser les établissements qui doivent rester des lieux de vie.

Quelle est la dernière réforme significative ?

Elle porte sur la tarification. Depuis un an environ et avant 2003, tous les établissements accueillant des personnes dépendantes auront signé une convention tripartite qui associe le gestionnaire, le département et la Caisse primaire d'assurance maladie. Les trois partenaires doivent s'engager sur une démarche qualité pour l'établissement. Les objectifs doivent être atteints en 5 ans, renouvelables, et peuvent donner lieu à des financements supplémentaires. Cette convention détermine un prix à la journée divisé non plus en deux parties mais en trois : le prix à la journée des résidents, la dotation soins versée par la CPAM qui finance le personnel et les médicaments et, nouveauté, le tarif dépendance basé sur la grille Aggir. Il donne droit à une nouvelle allocation, l'APA (allocation personnalisée d'autonomie) versée par le département.

Un projet de vie a-t-il été formulé dès la programmation de cette Mapad ?

Dans toutes les Mapad de l'association du Moulin Vert, le projet de vie se tisse progressivement, après l'ouverture de chaque établissement, et avec le personnel. C'est pourquoi il diffère d'un établissement à l'autre. Cependant, nous avons défini une charte commune à tous, basée sur la qualité de la prise en charge. Nous tenons à laisser la plus grande liberté à chaque individu pour que la vie en collectivité ne lui pèse pas trop. Toute personne doit par exemple avoir le choix de prendre ses repas dans le restaurant ou dans les salons, ou encore dans sa chambre et cela, avec des horaires flexibles. On cherche des réponses souples, adaptées au cas par cas. Ce projet de vie doit aussi pouvoir être remis en cause. Est-ce qu'une Mapad doit être conçue pour évoluer dans le temps ?

Avec une moyenne d'âge de plus en plus élevée, les personnes que l'on doit accueillir seront de plus en plus dépendantes. Il faut donc faire évoluer les structures d'accueil en conséquence, et s'interroger en particulier sur la façon dont on peut adapter les établissements existants. Nous aurons la possibilité de partager la Mapad de Tremblay-en-France en petites unités de vie, - ce que l'on appelle le Cantou - pour un groupe de 12 à 14 personnes, avec un salon qu'ils pourront occuper à leur guise. Ces salles polyvalentes permettront de recréer une vie familiale et évolueront au jour le jour.

Concernant votre programme, pourquoi n'y a-t-il ni accueil de jour, ni chambre mortuaire ?

Il n'y a pas actuellement d'accueil de jour, mais cela se mettra peut-être en place ultérieurement. C'est un plus, une aide aux « aidants » qu'il convient de développer. En revanche, nous avons prévu un hébergement temporaire de quatre lits. Quant à la chambre mortuaire, elle n'est pas obligatoire. Il y a en effet un nombre important de règles à respecter. On préfère travailler en relation avec des chambres mortuaires municipales.

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