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Accidents liés aux travaux en hauteur : les chiffres ne chutent pas
Visuel de la campagne « Travaux en hauteur, pas le droit à l’erreur ». - © DGT

Accidents liés aux travaux en hauteur : les chiffres ne chutent pas

Orianne Dupont (Bureau de Bordeaux du Moniteur) |  le 05/10/2018  |  ChantiersGirondeMaison individuelleOPPBTP – CapebFFB

« Travaux en hauteur, pas le droit à l’erreur ». C’est avec ce slogan lancé en 2014 — et réactivé hier, à Bordeaux, à l’occasion du salon Preventica — que la Direction générale du travail, la Carsat Aquitaine, la CCMSA, l’OPPBTP, la Direccte Nouvelle-Aquitaine et le FNP-CNRACL ont présenté la phase 2 de la campagne de prévention sur les travaux en hauteur. Ils restent aujourd’hui la première cause de décès sur les chantiers.

« Nous souhaiterions que cette campagne touche tous les publics afin que tout le monde soit sensibilisé, les entreprises, comme les maîtres d’ouvrage, insiste Dominique Dubois-Picard, ingénieure ergonome et chargée de la prévention dans le BTP à la Direction générale du travail. La prévention et la sécurité jouent aussi sur le prix : on veut que l’artisan puisse communiquer là-dessus et valoriser sa démarche. »

Pour cette nouvelle campagne, les entreprises sont incitées, par le biais des fédérations et organismes de prévention, à s’organiser, se former et s’équiper. « Les carences sont liées à une sous-estimation du risque ou à une habitude », constate Dominique Dubois-Picard.

Modules complémentaires

D’ailleurs, dans le cadre de la première campagne, dont certaines actions étaient toujours en cours cette année, la Caisse nationale de l’assurance-maladie (Cnam) et l’OPPBTP ont pris contact avec des entreprises entre 20 et 50 salariés ; 1 150 d’entre elles, ont accepté d’entamer une démarche.

« 20 % de nos actions ont porté sur des subventions pour s’équiper, 20 % sur l’organisation globale de prévention et 800 actions de formations ont été menées, il s’agissait de formations obligatoires », détaille Paul Duphil, secrétaire général de l’OPPBTP.

En 2018, l’OPPBTP est retourné voir les entreprises qui pouvaient être intéressées par des modules complémentaires. La direction générale du travail regrette la stagnation du chiffre du nombre de décès liés aux chutes en hauteur : 53 en 2016, 45 en 2017 et 45 en 2018. Ces accidents représentent la moitié des décès sur les chantiers.

La moitié des décès sur les chantiers sont liés aux chutes en hauteur. (© Fotolia)

Les chantiers de construction de maisons dans le viseur

Les entreprises les plus concernées, à savoir les TPE en zone rurale, restent difficiles à toucher. Notamment dans le secteur de la construction de maisons.

En 2015, les chutes en hauteur pour la construction de maisons représentaient en France, pour 12 700 établissements, 2 500 accidents du travail, 240 incapacités de travail permanentes et 212 000 journées perdues. « L’indice de gravité est de 43,2 pour 1 000, contre 34 pour 1 000 dans le BTP, en général », relève Dominique Dubois-Picard.

Montage des échafaudages défectueux, non-protection des trémies, etc., les chantiers de construction de maisons sont les plus accidentogènes. La direction générale du travail a d’ailleurs constitué un groupe de travail sur le sujet et un courrier a été adressé en mai dernier à la fédération des constructeurs et aménageurs au sein de la FFB afin qu’elle rappelle les risques à ses adhérents.

Et dans le but de développer une culture de la sécurité, la Direccte Nouvelle-Aquitaine finance depuis cette année et jusqu’en 2022, une action menée par l’université de Bordeaux, avec Sup de Co La Rochelle auprès d’un CFA de Bordeaux et d’un lycée professionnel. Il s’agit de former des enseignants chargés de diffuser des informations liées à la sécurité auprès des jeunes et d’assurer un suivi jusqu’à l’emploi pour voir s’ils peuvent être porteurs de cette culture auprès des entreprises qui les emploient. Et inverser la tendance.

La direction générale du travail veut encourager les entreprises à valoriser leurs investissements dans le domaine de la prévention. (© Fotolia)

Partenariat entre l’OPPBTP et les Scop BTP
Mercredi à Preventica a également été signée une convention partenariale entre la fédération des Scop BTP et l’OPPBTP. Son objectif est d’encourager les Scop du BTP à entrer dans la démarche RSE, élaborer le document unique d’évaluation des risques et mettre en place un référent OPPBTP au sein de l’entreprise. « Il s’agit d’avoir une vision positive de la prévention, précise Alex Potocki, référent national des Scop BTP, on leur parle d’investir dans la prévention, car le ratio entre cet investissement et la rentabilité et de 2,3 en moyenne. »

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