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A88 : pari gagné pour Alicorne, nouveau venu sur le marché des infrastructures
Inauguration de l'Autoroute A88 entre entre Falaise et Argentan - © © JP Defawe/LeMoniteur.fr

A88 : pari gagné pour Alicorne, nouveau venu sur le marché des infrastructures

Jean-Philippe Defawe, bureau de Nantes |  le 27/08/2010  |  AlicorneEntreprisesAménagementIndustrieRéglementation des marchés publics

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Il aura fallu 20 ans pour que le projet d'autoroute entre Falaise et Argentan (Basse Normandie), qui a ouvert ce vendredi 27 août, voit le jour et seulement deux ans pour le construire. Un exploit d'autant plus méritant que le marché de concession-construction a échappé pour la première fois aux majors de la construction.

C'est en effet en 2008 qu'Alicorne, une association d'entreprises de construction de taille intermédiaire, a été retenue par l'Etat pour assurer le financement, la conception, la réalisation, l'exploitation et la maintenance de l'A88. « L'inauguration de cette autoroute est un évènement pour la Normandie, mais aussi pour le marché de des concessions d'infrastructures, car c'est la première fois que des entreprises dites "de taille intermédiaire" s'associent avec la Caisse des dépôts pour réaliser un tel projet » a déclaré Joël Rousseau, président d'Alicorne lors de l'inauguration, jeudi 26 août. « Lorsqu'elles unissent leurs forces, elles sont à l'égal des plus grandes » a-t-il ajouté devant les principaux élus de la région.
Car une fois n'est pas coutume, Vinci, Bouygues et Eiffage ne sont pas de la partie. L'actionnariat de la société concessionnaire Alicorne regroupe tout de même de belles entreprises de BTP, mais de moindre taille - NGE, Spie Batignolles, Demathieux & Bard, Malet et Valérian - un leader mondial de l'ingénierie des transports, Egis, (via Egis Projects) et des établissements financiers de premier plan (CDC Infrastructure, filiale du groupe Caisse des Dépôts, et AXA Investment Managers).
La réalisation de cette autoroute a été réalisée entièrement sur fonds privés pour un investissement de 270 millions d'euros et une durée de concession de 55 ans. Le financement a été assuré par les fonds propres de ses actionnaires et par des crédits bancaires à 40 ans apportés par la Banque Européenne d'Investissement, Dexia et Depfa. L'équilibre financier du projet est assuré uniquement par les recettes de péages sur une base de prévision de trafic plutôt prudent (5.300 véhicules/jour dont 12% de fret la première année et 7.900 véhicules/jour en 2020).

Pour la région Basse-Normandie, ce tronçon était particulièrement attendu. « En rejoignant l'A28, il ouvre un accès privilégié à l'axe autoroutier transversal nord-sud, de Calais jusqu'en Espagne » a déclaré Dominique Bussereau, le secrétaire d'Etat chargé des Transports. Plus localement, l'A88 crée un axe nord-sud au cœur de la Normandie en reliant plusieurs villes de l'Orne et du Calvados (Falaise, Argentan et Sées) et en les rapprochant de Caen. Ce tronçon de 45 km dispose d'ailleurs de 7 échangeurs afin d'assurer une bonne déserte locale.

Deux mois d'avance


La construction de cet équipement a été confiée à un groupement d'entreprises (NGE, Spie Batignolles TPCI, Valérian, Demathieu et Bard et Malet) rassemblées sous la bannière du GIE A88. Ce groupement avait 26 mois pour livrer l'autoroute clé en main et le contrat a été rempli avec 2 mois d'avance. « Le respect des délais et les aspects environnementaux ont été nos principales préoccupations » explique Alain Lacroix, directeur du GIE. « Pour gagner ce pari, nous avons misés sur l'anticipation en intégrant les méthodes dès les études. Par exemple, des systèmes de préfabrications ont été prévus pour tous les ouvrages d'art dès la conception » précise-t-il.
L'autre particularité de ce chantier est l'importance de son volet environnemental. Pour cette première "autoroute de l'après-Grenelle", 32 millions d'euros ont été investis pour la préservation de l'environnement, soit dans des mesures compensatoires, comme l'acquisition de terrains (40 ha) en zone humide ou protégées dont la gestion est confiée à des partenaires locaux ; soit dans des actions volontaristes comme des travaux de restauration de sites, créations de mares, etc. Plusieurs équipements ont également été créés pour réduire l'impact de l'autoroute sur le milieu naturel : 41 ouvrages hydrauliques, 3 passages pour la grande faune, 14 passages pour la petite faune et notamment pour la loutre d'Europe. Par ailleurs, pas une goutte de pluie tombée sur les chaussées ne rejoint le milieu naturel sans être traitée affirme Alicorne qui a construit 31 bassins le long du tronçon. Enfin, un effort particulier a été réalisé pour minimiser les impacts du chantier. « Nous avons beaucoup travaillé sur la maîtrise des mouvements de terre avec un réemploi systématique des matériaux du site pour réaliser les différentes couches de la chaussée » explique Alain Lacroix. «Aujourd'hui, le génie écologique a autant d'importance que le génie civil, et l'A88 en est la meilleure preuve » conclut Joël Rousseau.

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