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A831 : élus et entrepreneurs vent debout contre Ségolène Royal
300 chefs d’entreprises et d’élus de Vendée et de Charente-Maritime ont participé à la manifestation du 25 juillet à Fontenay-le-Comte en faveur de la construction de l’A831. - © © Ronny LOUINEAU – Fontenay le Blog

A831 : élus et entrepreneurs vent debout contre Ségolène Royal

Fabienne Proux (correspondante du Moniteur) |  le 29/07/2014  |  EnvironnementEtatRéglementationVendéeCharente-Maritime

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Stupéfaction, incompréhension, exaspération, brutalité, mépris… Aucun mot ne semble trop fort pour exprimer les réactions des élus et acteurs économiques de Vendée et Charente-Maritime suite à la décision prise le 25 juillet par Ségolène Royal, ministre de l’écologie, de refuser de lancer le dossier de consultation des entreprises en vue de la construction de l’autoroute A831 qui devait relier Fontenay-le-Comte à Rochefort.

« Cette décision prise contre toute attente est pitoyable et va à l’encontre des engagements pris par l’Etat », s’insurge Jean-Christophe Louvet, président de la FRTP des Pays de la Loire. « Comment pouvons-nous nous repérer si ce qui était vrai le vendredi ne l’est plus le lundi ? », s’interroge-t-il. Hughes Fourage, député PS du sud-Vendée, considère également que « l’Etat ne respecte pas sa parole puisque tous les arbitrages avaient été pris sous le gouvernement de Jean-Marc Ayrault ».

Route saturée
Route saturée - © © Ronny LOUINEAU – Fontenay le Blog


L’incompréhension est d’autant plus forte que ce projet dont la délégation d’utilité publique date de 2005, fait plutôt consensus auprès des élus locaux et des habitants. « Il s’agit d’un projet de territoire qui dépasse les clivages politiques », fait valoir Suzanne Tallard, député PS de Charente-Maritime, soulignant « le profond mépris » ressenti par l’ensemble des acteurs au lendemain de l’annonce de madame Royal. « Lorsque Ségolène Royal présidait la région Poitou-Charentes, elle n’était pas opposée au projet, mais elle refusait de participer à son financement », ajoute Suzanne Tallard ne comprenant pas cette décision « prise sans discussion ni rencontre avec les porteurs de projet ».

Arguments « fallacieux »

Les arguments de la ministre seraient de plus « fallacieux » et infondés, puisque les points de blocage concernant le coût et les risques environnementaux ont été résolus. « Des études environnementales complémentaires ont estimé à 125 millions d’euros le surcoût pour respecter la biodiversité que les collectivités se sont engagées à payer », rappelle Laurent Piha, président du club des entreprises du Pays de Fontenay-le-Comte (Vendée) et dirigeant de l’entreprise d’électricité générale SDEL Océan. Quant au coût de l’équipement, Ségolène Royal annonce 900 millions d’euros à la charge du contribuable, or « le montant exacte doit être déterminé par les réponses à l’appel d’offre et une partie sera prise en charge par le concessionnaire », ajoute Laurent Piha.

La pilule passe d’autant plus mal que ce projet revêt tant des enjeux d’aménagement du territoire que de développement économique. « C’est un coup dure pour le sud-vendéen et le nord de la Charente-Maritime », regrette Laurent Piha, « car un échangeur autoroutier est un facteur de développement économique à court terme (pendant les travaux) et à long terme (élément d’attractivité) ». Les professionnels des travaux publics comptaient sur ce projet pour booster des carnets de commandes vides.

Actions d’éclat à la rentrée 

Dès lors, élus et chefs d’entreprises ont écrit séparément au Premier ministre pour lui demander son arbitrage. « Nous ne vous demandons pas d’autoriser la construction de l’A831. Nous vous demandons simplement de nous permettre d’aller au bout de la procédure de consultation des entreprises afin de connaître le coût réel de cette réalisation », écrivent les premiers dans leur courrier.

De son côté, Ségolène Royal a reçu le soutien de son successeur à la région Poitou-Charentes, Jean-François Macaire. « Il faut privilégier l’amélioration des infrastructures existantes avant d’en envisager de nouvelles », assure-t-il dans un communiqué. Toutefois, la ministre a écrit lundi 28 juillet à Jacques Auxiette pour rouvrir le dialogue et « examiner le dossier sur le fond ». Une ouverture pour calmer le jeu puisque tant les élus que les responsables économiques annoncent « des actions médiatiques et d’éclat à la rentrée » si ce projet devait être enterré.


Jean-Christophe Louvet (FRTP Pays de la Loire) : « Nous demandons un plan de relance »

 Quel était l’objectif de votre rencontre avec le nouveau préfet des Pays de la Loire, Henri-Michel Comet, lundi 28 juillet ?

Je souhaitais l’informer de la situation particulièrement dramatique des entreprises du BTP du fait de la fin des grands travaux et des incidences sur l’ensemble de la filière (entreprises, salariés, centres de formation, sous-traitants, fournisseurs) qui totalisent entre 30 000 à 40 000 personnes. Certaines PME n’ont même plus les moyens d’engager des plans sociaux. Aussi, nous demandons un plan de relance. Je lui ai rappelé qu’entretenir les infrastructures aujourd’hui permet de faire des économies pour demain. Mais le préfet nous a répondu que l’Etat n’avait plus d’argent, et que nous devions apprendre à vivre sans lui.

Que vous a dit le préfet au sujet de Notre-Dame-des-Landes (NDDL) et de l’A831?

Il n’a pas rien annoncé de nouveau. Aussi je ne décolère pas, car l’A831 nous permettait de croire dans l’avenir et l’assurance de la réalisation de NDDL nous donnerait du baume au cœur. Si par le plus grand malheur, cet aéroport ne se faisait pas, cela serait un drame pour la profession, car ce recul donnerait du crédit aux altermondialistes et il deviendrait impossible d’envisager des projets d’infrastructures en France.




Ségolène Royal dénonce des "attaques misogynes et brutales"

La ministre de l'Ecologie Ségolène Royal a dénoncé mardi les "attaques misogynes et brutales" émanant d'élus qui protestent contre sa décision de bloquer un projet d'autoroute dans l'ouest et réaffirmé son choix, jugeant qu'il n'est "pas réaliste de mettre 900 millions d'euros dans 60 km". "C'est une façon dépassée de faire de la politique, on peut avoir des avis différents, discuter, se respecter, mais les attaques à la fois misogynes et brutales, vraiment, ne font pas avancer les dossiers", a réagi Mme Royal sur Europe 1.

"Continuons à discuter, ce n'est pas la peine qu'une poignée d'élus menace, vocifère, insulte. A quoi ça sert?", a-t-elle poursuivi. Revenant sur les raisons de son veto, la ministre a jugé qu'il s'agissait de "prendre des décisions de bon sens". "Ce n'est pas réaliste de mettre 900 millions d'euros dans 60 km (...) On ne va pas refaire Notre-Dame-des-Landes dans le Marais poitevin! Notre-Dame-des-Landes aussi, ça a été décidé sur des études qui dataient d'il y a plus de 10 ans, et là, on recommence?", a-t-elle demandé, en référence au projet d'aéroport dans cette commune de Loire-Atlantique. Interrogée sur la position de Manuel Valls, la ministre a assuré qu'il était sur la même longueur d'onde. "Il dit exactement ça: discutons sereinement en mettant les choses à plat".

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