Chantiers

A Strasbourg, les fondations d’un nouvel ilot chaufferont 91 logements

Pour la troisième fois dans l’Hexagone, des pieux de fondations vont assurer le chauffage d’un réseau d’eau via une pompe à chaleur. Le réseau alimentera à terme tout un îlot.

Le dispositif strasbourgeois ne connaît que deux précédents français : la Cité du design de Saint-Etienne et une opération immobilière dans le nord de Paris. Situés en bordure du centre-ville, sur l’un des îlots en construction de la ZAC Etoile, 62 des 74 pieux en béton armé sont équipés de sondes géothermiques. D’une profondeur de 8,5 mètres, ces pieux accueillent un réseau de tubes dans lesquels circule un fluide caloporteur, en l’occurrence de l’eau glycolée. « Nous les utilisons comme échangeurs thermiques, afin de récupérer les calories sur la nappe phréatique dont la température est constante à 12 °C toute l’année », explique Bernard Kempf, directeur du développement d’Electricité de Strasbourg  (groupe EDF), dont la filiale de services énergétiques Ecotral a été retenue pour la conception-réalisation puis l’exploitation pendant 15 ans du réseau de chaleur.

Les pieux constituent ainsi le point d’entrée et de sortie du fluide caloporteur qui alimente ensuite une pompe à chaleur (PAC) via un échangeur. La PAC fournira ainsi le réseau de chaleur à l’échelle de l’îlot.  «  Notre objectif est d’atteindre un tarif du chauffage pour les usagers qui soit inférieur à celui d’une solution gaz classique en hors taxes », ajoute Bernard Kempf. L’éligibilité du projet à une TVA réduite à 5,5 % devrait augmenter encore le différentiel. Ce réseau de chaleur alimentera ensuite les 91 logements de l’ilot qui se répartissent en quatre programmes : Deux d’autopromotion et deux classiques d’accession et de locatif social. La construction du premier projet de 37 logements passifs a démarré en juin pour deux ans.

 

Stimuler l’échange thermique

L’opération, sous maîtrise d’ouvrage du promoteur Pierres et Territoires de France-Alsace (groupe Procivis),  se déroule sur une zone où la nappe phréatique, située à deux ou trois mètres de profondeur, avance au rythme élevé de près de six mètres par jour. « Nous exploitons donc cette vitesse d’écoulement pour stimuler l’échange thermique », souligne Bernard Kempf. La technologie utilisée ici a fait l’objet d’une Appréciation technique d’expérimentation (Atex) délivrée par le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) en début d’année. Le chantier est réalisé par les entreprises allemandes Rendler pour le gros œuvre et Adolf Keller pour les fondations spéciales. Deux entités qui ont déjà mis en œuvre des solutions similaires de pieux géothermiques outre-Rhin.

L’opération s’inscrit dans les « îlots démonstrateurs » du programme EcoCité de Strasbourg, financé par le Programme Investissements d’Avenir (PIA). Par ailleurs, les études particulières de modélisation du champ de pieux, d’essais ainsi que la procédure d’Atex ont été financées par le Programme Energie Alsace, objet d’une convention-cadre entre EDF et la Région Alsace.

 

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