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A Strasbourg, le chantier du pôle d’administration publique reprend son cours

Christian Robischon (Bureau de Strasbourg du Moniteur) |  le 02/11/2017  |  TechniqueBas-RhinGros œuvreStructure en bétonProduits et matériels

Interrompue depuis trois ans, suite à la découverte de fissures dans la structure en béton, la construction du «PAPS-PCPI» redémarre par les travaux de reprise, qui doivent permettre de revenir à l’état initial au milieu de l’année prochaine.

C’est une grosse épine dans le pied de l’Eurométropole de Strasbourg que la collectivité commence à retirer. Le chantier du bâtiment «PAPS-PCPI»(1) redémarre cet automne, après plus de trois ans d’interruption, dans l’objectif de livrer les locaux pour la rentrée universitaire 2019. Dans ce premier temps, il consiste à réparer les défauts structurels résultant d’erreurs de calcul du bureau d’études structure d’alors, RFR, et d’insuffisances dans les dispositions constructives qui se sont matérialisées par des fissures dans le béton au niveau de plusieurs murs porteurs et voiles. «Les opérations de reprise ne modifient en rien le programme, conformément aux engagements que nous avons pris auprès des futurs occupants, en premier lieu l’Institut d’études politiques (IEP). Ils représentent une augmentation de surface de 40 m2, à comparer aux 14 000 m2 totaux», souligne Nicolas Matt, vice-président de l’Eurométropole pour l’enseignement supérieur.

Travaux centrés sur la statique

Sur le plan technique, «quatre sujets liés à la structure ont dû être réexaminés: la statique, le respect des normes parasismiques, les fondations et la stabilité des prémurs», expose Leslie Luck, chef de projet à l’Eurométropole

Les interventions correctives se concentrent pour l’essentiel sur les deux premiers points. Plusieurs voiles sont repris: une hydrodémolition au jet d’eau haute pression retire la couche de béton existante jusqu’au ferraillage, avant la recréation d’une nouvelle structure avec une surépaisseur de 2 à 5 centimètres. Par ailleurs, une bande de tissu en carbone est posée afin de créer une liaison parasismique renforcée entre les dalles et les prémurs.

Les fondations, à l’inverse, ne sont pratiquement pas retouchées: le fait qu’un grand nombre de pieux ait été programmé et posé, à savoir 400, a représenté une chance au regard des circonstances. «Cela permet d’adapter aisément la répartition des descentes de charge à la nouvelle configuration», relève Vincent Cognée, directeur adjoint de la construction de l’Eurométropole. Seul le rez-de-chaussée, avec ses espaces plus ouverts et économes en éléments porteurs, implique de revoir de façon plus conséquente ce sujet de la répartition des efforts. Il entraîne la déconstruction/reconstruction de la cage d’escalier centrale.

Objectif mi-2018 pour le retour au «point zéro»

Le chantier reprend, selon un calendrier indépendant des expertises judiciaires, en cours, en parallèle.

Les expertises techniques, quant à elles, ont abouti à un consensus sur l’état de la situation. L’Eurométropole fixe à mi-2018 l’échéance du «point zéro», à savoir le retour à la situation du chantier au moment de son interruption le 30 juin 2014. Le second œuvre et les lots techniques recommenceront à entrer en action en janvier, en partant du haut du bâtiment de cinq étages.

Au final, un surcoût de 16,5 millions d’euros TTC (études, mesures, instrumentations, curages, étaiements, reprises, etc.) viendra gonfler le budget initial de 52,1 millions d’euros pour le porter à 68,6 millions d’euros.

Avenant aux marchés de travaux

Les travaux de reprise d’un montant de 4,8 millions d’euros HT, ont été confiés à Freyssinet et Urban-Dumez, filiales de Vinci Construction. Ils incluent les finitions du gros œuvre. Par chance, de ce point de vue, celui-ci était quasiment achevé mi-2014. Le contrat avec son titulaire, Bilfinger-Berger, a été résilié. Parmi les 20 autres lots qui avaient tous été attribués, 17 entreprises repartent avec l’Eurométropole, sous forme d’un avenant à leur marché respectif; une a demandé la résiliation et deux ont déposé le bilan.

Quant à l’équipe de maîtrise d’œuvre, elle a été reconduite autour du mandataire Lipsky+ Rollet, à l’exception du bureau d’études structure à l’origine du feuilleton. Liquidé depuis, RFR a été remplacé par Euro Concept Ingénierie. Elle a reçu un marché complémentaire pour les opérations de reprise.

Multiplication des capteurs de surveillance de fissures pendant l’interruption, vérification des nouveaux calculs à sources multiples (le nouveau bureau d’études structure, mais aussi le bureau de contrôle Socotec, et le bureau d’études de l’assureur), modélisation 3D du bâtiment, échantillon-test sur place de la portance des fondations: «Ce projet aura été contrôlé comme rarement, ce qui est compréhensible. Il présentera un niveau de vérification supérieur aux prérequis initiaux», souligne Nicolas Matt.

Le scénario non prévu du projet «donne aussi l’occasion de se le réapproprier», ajoute l’élu. Vertu dérivée, il a stimulé l’idée de chercher un autre nom que ce sigle PAPS-PCPI, technocratique au possible et désormais entaché, de surcroît, d’une connotation négative.

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