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A Saint-Martin, comment reconstruire après Irma ?
La ministre des Outre-mer, Annick Girardin s'est rendue à Saint-Martin et à Saint-Barth pour constater l'ampleur des dégâts - © © compte twitter d'Annick Girardin

A Saint-Martin, comment reconstruire après Irma ?

le 08/09/2017  |  Conception-réalisationTravaux sans tranchéeAutres DOM-TOMGuadeloupe

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"Il faut être pragmatique, aller vite", mais aussi "arrêter de construire comme on construit aujourd'hui" à Saint-Martin, ravagée par l'ouragan Irma, estime Philippe Michaux, ingénieur et vice-président de la fédération régionale du bâtiment et des travaux publics de Guadeloupe.

Alors qu'une délégation de professionnels du bâtiment et des travaux publics doit se rendre à Saint-Martin dans quelques jours afin d'estimer les dégâts causés par l'ouragan Irma, le vice-président de la FRTP Guadeloupe, Philippe Michaux, a confié à l'AFP les erreurs à ne pas commettre lors de la reconstruction.

Y avait-il une vulnérabilité particulière des constructions à St Martin ?

Philippe Michaux : Oui, car à Saint-Martin les constructions sont faites par des artisans, des petits constructeurs qui ne sont pas aussi contrôlés qu'en Guadeloupe. Il y a beaucoup de main d'œuvre non formée à la compétence européenne ou française, des Haïtiens qui travaillent très bien, mais qui n'ont pas la "culture" de la quantité d'enrobage qu'il faut mettre autour d'un acier pour qu'il résiste, par exemple. C'est compliqué de tout faire selon les normes, les gens font des compromis, c'est plus facile et ça coûte moins cher... cela n'arrive pas qu'à Saint-Martin. Il faudra lutter contre cela, sans aller vers quelque chose de trop sophistiqué. Mais il y a eu des vents de près de 300 km/h avec des collines qui les accélèrent comme dans un réacteur : même les bâtiments aux normes, il n'est pas sûr qu'ils auraient tenu. Il y a beaucoup de choses que l'on peut mieux faire, mais on n'arrivera pas à faire de Saint-Martin un territoire protégé de façon idéale.

Quelles sont les erreurs à ne pas refaire ?

P.M : Il faut être pragmatique, aller vite, mais aussi arrêter de construire comme on construit aujourd'hui. C'est un problème d'architecture et de nouvelles techniques à mettre en place. Aux Antilles, il y a la culture du "coup de main": le samedi et le dimanche, on rassemble tous les copains et on va construire sa maison. C'est une habitude qui est née du fort caractère familial de la société: tout le monde s'aide et la construction a beaucoup avancé comme ça. Il y a beaucoup de constructions sans permis, les gens ne respectent pas les zones à risques, le contrôle de l'Etat n'est pas possible... mais tout interdire n'est pas possible non plus. Et ici la construction a un surcoût: quand vous faites un m3 de béton armé, pour résister, on met 110 kg d'acier alors que quelquefois on en met zéro en métropole. On fait des murs de 20 cm d'épaisseur, parce qu'avec 15 cm on n'a pas l'enrobage de l'acier qui le protège des eaux de pluie et des eaux salées qui vont le faire rouiller. Il faut trouver le bon compromis, qui ménage un risque acceptable, à un prix acceptable.

Que peut-on faire mieux en reconstruisant ?

P.M : On peut mieux réaménager, enterrer les réseaux électriques et sinon déplacer les routes, au moins avoir des déviations qui permettent, en cas d'inondation littorale, de passer un peu par l'intérieur. Mais cela va altérer les collines qui sont superbes et que tout le monde veut protéger. Et il n'y a pas de rivières, on ne peut que dessaler l'eau de mer: il faudra peut-être trouver le moyen de mettre les usines un peu plus en hauteur, mais cela va renchérir le coût de l'eau. Et toutes les maisons devraient disposer d'une pièce sécurisée, en béton, avoir une petite réserve d'eau permanente et une batterie qui restitue pendant quelques heures, de l'électricité. On peut aussi mettre davantage d'éolien. Cela ne coûte pas très cher. Il y aura des compromis et des choix à faire, certainement meilleurs que ceux qui ont été faits. Il existe pas mal de solutions, mais beaucoup sont irréalistes en termes de prix.

Commentaires

A Saint-Martin, comment reconstruire après Irma ?

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jardnet

10/01/2019 14h:16

Bonjour, La fatalité n'est pas la seule responsable de la destruction de St Martin et St Barthélémy. Trop de constructions échappes aux règles et normes de la construction, pas seulement par 'le coup de main" mais aussi par des sociétés et promoteurs qui fond l'économie de mandater les bureaux de contrôle technique pourtant obligatoire en zones sismique et cyclonique. Il y a aussi la responsabilité des assurances qui devraient exigées les attestations de ces bureaux de contrôle qui sont obligatoire pour les bâtiments publics. La reconstruction se fait comment? avec quelles entreprises? du fait qu'aucune n'est référencée à QUALIBAT. Cordialement JARNET.

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