Réalisations

A Rio, un lieu musical perché au sommet d’une favela

Mots clés : Architecture

L’agence d’architecture Oyapock (Paris) a livré à Rio un lieu atypique au terme d’un chantier acrobatique à tous égards…

Le quartier Vidigal, où prend place cette opération, est lié aux récentes transformations de la ville. Avec la création des « unités de pacification », plusieurs favelas ont vu des entreprises se développer sur leurs hauteurs. Le Vidigal, par sa position en surplomb de la plage d’Ipanema, est devenu une des vitrines de ce mouvement. A la fois lieu de concert et restaurant, ce projet de 600 mètres carrés, perché au sommet d’une favela se montre difficile d’accès mais jouit en revanche d’une vue imprenable sur Rio. L’extension-rénovation du bâtiment existant a amené les architectes de l’agence Oyapock à rebattre les cartes de la mission classique d’architecte. Le projet a en effet été construit autour et avec les différents acteurs impliqués : le commanditaire et son budget (les recettes du lieu permettent la poursuite des travaux, d’où un financement instable et un chantier en plusieurs phases) ; les entreprises locales avec leur savoir-faire et les possibilités d’approvisionnement en matériaux.

Le lieu était initialement constitué d’une unique terrasse accessible depuis la rue par une porte coincée entre un garage et une maison. Le programme visait à la fois à lui donner une meilleure visibilité depuis la rue et à augmenter sa surface par l’acquisition de plusieurs immeubles contigus. L’extension s’est effectuée en trois temps : agrandissement du rez-de-chaussée et restructuration de l’entrée ; extensions aux niveaux -1 et -2 avec une salle de restaurant-bar à l’abri des intempéries ; enfin, l’acquisition d’une maisonnette au niveau +1 a permis la création d’une terrasse supérieure tournée vers le paysage.

L’extension s’étend ainsi en-dessous et au-dessus du seul niveau existant à l’origine, comme une accumulation de dalles en proue sur l’océan. Une pergola réalisée en poutres acier accueille la mise en lumière, les protections solaires, le mobilier suspendu, et vient recouvrir l’ensemble du bâtiment pour lui donner une unité. La structure est réalisée en poteaux/poutres en acier et prédalles. Des aciers à béton réemployés deviennent grilles de faux-plafond et supports de végétation. Bois et briques proviennent de fournisseurs de la favela. Des matériaux ordinaires largement présents dans les constructions alentours qui prennent ici une dimension plus précieuse dans leur mise en œuvre (calepinage de la brique, travail du bois à claire-voie, etc.) et donnent au lieu son caractère.

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