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A quand une licorne française de la contech ?
Antoine Auberton, CEO d'Enlaps. - © marion delattaignant
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A quand une licorne française de la contech ?

par Antoine Auberton, CEO d'Enlaps |  le 14/04/2022  |  France Start-upMoniteur Innovation DayEntreprises

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Pour Antoine Auberton, le CEO d'Enlaps, start-up spécialisée dans la capture et l'analyse d'images des chantiers, le secteur français de la construction tarde toujours à prendre le tournant du numérique.

Le BTP est actuellement confronté à des enjeux sans précédent du fait de la pluralité de crises géopolitiques et systémiques traversées ces dernières années : Covid, Ukraine, pénurie, hausse des coûts des matériaux et exigences environnementales accrues. Dans ce contexte, les acteurs du secteur  recherchent activement des solutions leur permettant de répondre à ces nouveaux défis : la contech, qui rassemble l’ensemble des start-up opérant dans la construction, est l’une d’entre elles. La French Tech connaît un essor qu’on ne peut nier, mais l’attention des investisseurs se concentre encore autour de secteurs bien définis (fintechs, deeptech, immobilier, etc.)

Le secteur de la construction tarde à prendre le tournant du numérique : si les américains ont compris l’intérêt d’investir dans les contechs, les français restent timides, au risque de perdre leur leadership et leur compétitivité. Mais il n’est pas trop tard pour redresser la barre et accélérer la transition digitale du BTP.

La contech, une opportunité pour la digitalisation du BTP

Cette terminologie, directement rattachée aux proptechs, et encore trop peu utilisée dans l’Hexagone,  englobe l’ensemble des start-up qui intègrent la technologie au secteur de la construction. Face aux tensions auxquelles le secteur du BTP est confronté, la digitalisation peut apporter des améliorations notables en permettant de faciliter les différentes étapes d’un chantier, de la planification aux finitions, en passant par la réalisation, la communication, l’optimisation des coûts ou encore les démarches administratives. Avec le numérique, il est désormais possible de détecter des situations à risque en amont d’un potentiel accident, d’identifier les défaillances techniques ou matérielles, de repérer les EPI manquants, d’optimiser les différentes phases d’un chantier, etc. Les acteurs de la contech peuvent contribuer à l’amélioration des conditions de travail du BTP : des solutions existent, peuvent être mises en œuvre, mais doivent davantage s’adapter aux spécificités du secteur. De plus, cet écosystème peine encore à se développer en raison d’un manque de financement.

Une transition qui doit s’accélérer

Si l’on compare à d’autres secteurs, tels que l’industrie, le commerce ou la finance, le virage de la digitalisation reste à prendre pour le BTP. Sur les 26 licornes françaises, pas une seule n’appartient à ce secteur. En 2020, les start-up de la construction ont levé moins de 30 millions d’euros, contre 828 millions pour les fintechs la même année. Cette même année, 536 proptechs étaient recensées sur le marché (contre 368 en 2019), dont 142 contechs. Or, seuls 39 tours de tables ont été dénombrés (47 en 2019). Mais une prise de conscience est en marche : 32% des acteurs du BTP estiment que l’intégration de nouvelles technologies sera l’élément transformateur des vingt prochaines années. Les avantages d’une digitalisation efficace de la proptech ont été globalement compris : visites en ligne grâce à la réalité virtuelle, utilisation du BIM, planification collaborative, etc. Aujourd’hui, près de 2 000 proptechs françaises sont référencées dans la French Tech. Toutefois, l’essentiel des investissements se concentre autour des fintechs du secteur, de la location ou de l’immobilier. Ce frémissement  doit bénéficier à l’ensemble de l’écosystème, y compris les contechs.


La France ne préservera pas son leadership sans innovation

Le marché de la construction représentait 5,2% du PIB français en 2020. Premier pays au monde en termes d'ingénierie en génie civil et travaux publics par habitant, la France possède deux des dix plus grandes entreprises du secteur dans le classement mondial des acteurs du BTP (Bouygues et Vinci). Afin de préserver son leadership et son savoir-faire, l’Hexagone se doit d’investir dans le secteur de la construction, dans des niveaux comparables à des pays comme les Etats-Unis (2,1 milliards de dollars investis en 2021, soit une hausse de 150% sur un an). Les américains voient même apparaître des fonds d’investissement dédiés spécifiquement à la construction (Brick and Mortar Ventures, Fifth Wall, etc.). L’accès au financement, 34 fois plus élevé aux États-Unis, permet aux start-up de croître durablement et de développer des solutions innovantes et disruptives. Les fonds sont nécessaires à ces dernières pour se développer et atteindre une taille critique, et il serait regrettable de voir nos pépites françaises se délocaliser ou se faire doubler par leurs concurrentes par faute de soutien. Il est encore possible de réagir, mais pour cela il est nécessaire de favoriser l’émergence d’un écosystème dédié. En investissant dans ce secteur, la France se donnera les moyens de stimuler l’innovation, et d’opérer un rapprochement stratégique entre ces start-up et les acteurs de la construction. Nous avons l’expertise, et le secteur de la construction représente une partie non négligeable de notre économie, alors à quand une licorne française dans la contech ?

Enlaps choisi par Vinci pour un chantier olympique à Marseille

 

La filiale de Vinci Construction, Travaux du Midi a choisi Enlaps pour assurer le suivi du chantier en conception-construction de la base nautique du Roucas Blanc qui accueillera les épreuves de voile des Jeux olympiques de 2024.

Les trois caméras Tikee déployées sur la marina du Roucas Blanc permettront au constructeur de suivre l’évolution du chantier, à distance et en temps réel, de réaliser de courtes vidéos ponctuelles ainsi qu’un film rétrospectif en fin d’opération. Connectées en 4G à la plateforme cloud myTikee, les trois caméras Tikee 3 PRO vont suivre l’évolution des travaux qui s’étendront sur près de 7 500 m² de bâtis et 17 000 m² d’espaces extérieurs aménagés.

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