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A Paris, un projet pour prendre d’assaut l’avenue Foch

Marie-Douce Albert |  le 21/01/2014  |  fochArchitectureParisFrance entière

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A l’invitation de la société Constructions et Développements Urbains, spécialisée dans le pilotage de projets urbains, l’agence d’architecture Hamonic+Masson propose de s’emparer du grand vide de l’artère du XVIe arrondissement de Paris. Cette étude un peu folle suggère d’en faire pour moitié un grand parc urbain… et pour l’autre moitié de bâtir sur son emprise.

Coup médiatique éhonté ou amorce d’un véritable projet propre à bouleverser l’ouest parisien ? La proposition de réaménagement de l’avenue Foch, artère gigantesque qui, dans le XVIe arrondissement, relie la place de l’Etoile au bois de Boulogne, ne manque en tout cas pas de susciter l’étonnement, l’interrogation et pour tout dire un début de polémique. Surtout depuis que de premières images du projet élaboré par l’agence d’architecture Hamonic+Masson à la demande de la société Constructions et Développements Urbains (CDU) en ont été publiées le 20 janvier dans le Journal du Dimanche.

Chez CDU, on ne nie pas que ce n’était à l’origine qu’une « idée » qui avait germé dans l’esprit de son directeur général, Marc Rozenblat. Non sans provocation et avec un réel talent de narrateur, celui-ci explique comment, lui qui ne connaissait l’adresse que « par la carte verte du Monopoly », a un jour découvert « cette avenue plus grande que les Champs-Elysées et où il n’y avait personne ». L’homme ne va pas jusqu'à utiliser le mot « gâchis » mais c’est tout comme.

Diagnostic

De là, cette société privée, surtout spécialisée dans les montages complexes, a invité les architectes Jean-Christophe Masson et Gaëlle Hamonic, avec l’agence de visualisation architecturale Luxigon, à prendre part à cette réflexion visant à remettre de la vie dans ce désert citadin. « Au départ il s’agissait donc d’une étude, mais c’est devenu une possibilité, affirme Bernard Rayard, directeur administratif de CDU. A partir du moment où elle rencontre un écho chez des décideurs, elle peut devenir une réalité. » En effet, cette conquête de l’avenue Foch attire déjà l’intérêt et même le soutien d’élus du Parti Socialiste, dont ceux de la candidate aux municipales à Paris, Anne Hidalgo.

Mais si la campagne électorale vient jeter un soudain coup de projecteur sur le projet, il est le fruit d’un travail de deux ans qui a d’abord amené les architectes à dresser un diagnostic intéressant de l’avenue. Leurs cartes montrent ainsi une absence totale de commerces, d’équipements voire de réseaux de transports sur une voie qui fait tout de même 1,3 km de long pour 140 m de large. Surtout, le document (il peut être téléchargé dans son intégralité sur le site de CDU) rappelle comment, au fil du temps, l’avenue Foch a perdu sa vocation première. Ce qui était à l’origine une percée forestière jusque dans la capitale a en effet été coupé du bois de Boulogne par l’aménagement du grand rond-point de la porte Dauphine en 1961, puis par la construction du périphérique achevée en 1973. L’artère, elle-même, a désormais surtout « un caractère autoroutier », note l'architecte Jean-Christophe Masson qui a donc écrit avec son associée les grandes lignes d’un aménagement susceptible de ramener les Parisiens sur le site et de reconnecter l’Etoile au bois de Boulogne.

Côté parc et côté ville

Tout d’abord, exit les automobiles du centre de l’avenue. La circulation serait en effet reportée sur les contre-allées. La première partie de l’aménagement a alors tout pour séduire : de la porte Dauphine jusqu’à l’intersection avec les avenues de Malakoff et Poincaré, l’avenue deviendrait un très grand parc de 6,7 hectares. Mais sur la portion est de l’avenue, la proposition est bien plus à même de défrayer la chronique. Cette fois c’est la ville dense qui colonise l’espace avec des constructions de bureaux, de commerces et de logements sur l’emprise de l'avenue. Bien sûr, à ce stade, les volumes sont simplement esquissés mais il s’agirait bien, pour les concepteurs de l’étude, de permettre là l’émergence d’une architecture contemporaine. Au plus près de l’Etoile, une place publique améliorerait la liaison avec la nouvelle avenue Foch.

Mais Jean-Christophe Masson et Gaëlle Hamonic ont poussé la réflexion au-delà de l’avenue. Ils proposent d’abord de rendre la porte Dauphine traversable et pour ce faire, de transformer son rond-point en un « hub ». Cette construction, que l’on envisage naturellement circulaire, permettrait de relier les rives de la place tout en accueillant des équipements qui profiteraient notamment à l’université de Paris-Dauphine voisine.

Enfin, le projet poursuit son expansion vers le sud en s’emparant de la bande de territoire disponible entre le boulevard périphérique et les immeubles qui bordent les boulevards des Maréchaux. Jusqu’à la porte d’Auteuil, cette frange serait propice à accueillir du logement. Pour Jean-Christophe Masson, « c’est là l’occasion de définir un nouvel habitat parisien en lien avec le grand paysage », celui du bois mais au-delà, avec le skyline de La Défense.

« Faisable »

Pour répondre à ceux qui doutent de la pertinence du projet, notamment en raison du classement du site, Marc Rozenblat a déjà tous les arguments : « Tout ceci est faisable tant financièrement, techniquement que juridiquement. » Et d’expliquer que cet aménagement porté par des fonds privés – représentant, selon l’élu PS Jean-Marie Le Guen, 13 milliards d’euros d’investissement – ne coûterait « pas un sou aux Parisiens ». « Par ailleurs, il n’y a rien à casser, ni dessus, ni dessous. C’est facile à réaliser, bien plus en tout cas que sur un site comme le cours de Vincennes (XIIe), où on trouve les rails du tramway et les tunnels du métro et du RER, remarque Marc Rozenblat. Enfin, du point de vue du règlement, des projets ont déjà été réalisés dans des conditions similaires. Il faut certes modifier le PLU (plan local d’urbanisme) mais cela arrive régulièrement dans toutes les villes de France. Et, bien sûr, il faudra soumettre le projet à la Commission nationale des sites et au ministre de l’Environnement ». En somme, tout ce qui est classé peut être déclassé… Mais au prix de quels débats houleux ?

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