Aménagement

A Paris, la renaissance du Carreau du Temple

Mots clés : Architecture - Communication - marketing - Établissements de culte, funéraire - Manifestations culturelles - Sport

Au cœur du troisième arrondissement de la capitale, un ancien marché couvert, devenu le temple de la fripe, abrite un espace polyvalent dédié à la culture, au sport et à l’événementiel. La Ville de Paris a confié le projet de restauration et de transformation de cette grande halle métallique de la fin du XIXe siècle à studioMilou architecture.

«Jamais on n’aurait pu imaginer disposer d’un tel espace, d’une telle lumière. Ce projet nous a pris beaucoup de temps, beaucoup de moyens, mais c’est très réussi, très beau», s’est félicité Bertrand Delanoë, le maire de Paris, en visitant le Nouveau Carreau du Temple, dans le quartier du haut Marais (IIIe arrondissement), le 20 février. Deux mandats et 60 millions d’euros TTC auront été nécessaires pour transformer l’ancien marché couvert, construit en 1863 par Jules de Mérindol, l’architecte de la grande halle de la Villette, en équipement polyvalent dédié à la culture, au sport et à l’événementiel (9 040 m2 Shon). Le bâtiment, l’un des rares témoins de la grande tradition des architectures métalliques parisiennes du XIXe siècle, accueille, au rez-de-chaussée, un vaste espace modulable de 1 800 m2, un auditorium de 250 places, un bar… tandis que le sous-sol, creusé à 6 m de profondeur pour doubler la superficie disponible, regroupe des équipements sportifs, des vestiaires, un studio son, une salle de réunion…

 

Décision prise en 2001

 

C’est en 2001, que Bertrand Delanoë, tout juste élu, décide de la restauration du Carreau inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis 1982. Le projet est confié en septembre 2007 à studioMilou architecture. S’ensuivent deux ans d’études puis quatre ans de travaux, ralentis par la défaillance d’une entreprise mais surtout interrompus, pendant un an, par des fouilles archéologiques. Le Carreau se situe en effet au milieu de l’enclos des Templiers, au-dessus d’un cimetière médiéval. Au total, près de 800 sépultures datant du XIIe au XIVe siècle ont été exhumées.

 

Un édifice du XIXe transformé en bâtiment du XXIe siècle

 

«L’une des difficultés de ce projet a été de rendre l’enveloppe performante thermiquement et acoustiquement sans dénaturer le bâtiment, décrit Jean-François Milou. Nous avons intégré les normes de construction du XXIe siècle discrètement, sans que cela se voie. Nous avons apporté beaucoup de soin à chaque détail». A la demande de la Ville, la halle est équipée de cellules photovoltaïques (10×15 cm) sur le versant sud des lanterneaux, disposées comme des pixels surdimensionnés formant un dessin de moins en moins dense vers le faîtage. Au nord, un dessin identique mais aux pixels évidés forme une antisymétrie laissant passer la lumière.

Jean-François Milou et Thomas Rouyrre, chef de projet, ont aussi dû convaincre pour apporter certaines modifications, en particulier le remplacement du soubassement en briques initial par un jeu de grilles en inox et de parois vitrées. Le travail architectural a en effet consisté à alléger partout pour réduire la masse apparente de la structure existante à la stricte épure structurelle et à ouvrir partout les transparences.

 

Omniprésence du bois

 

Le bâtiment restauré fait la part belle au bois. «La structure extérieure étant gris-vert, à l’intérieur, nous avons voulu un effet de contraste avec une couleur blonde, dorée», ajoute Jean-François Milou. Le parquet et les parois en chêne clair renforcent la luminosité ; sur les paravents et la coque de l’auditorium, 14 000 lames en inox ont été insérées entre les lattes de bois.

La halle se caractérise enfin par sa très grande modularité grâce aux panneaux mobiles et à des gradins escamotables. A la clé, 16 scénarios d’exploitation différents. «C’est comme si l’on ouvrait 16 bâtiments en même temps, commente Jean-François Milou. Nous avons créé un niveau technique entre le rez-de-chaussée et le sous-sol. Tout est géré dans cette bande de 2 m. Ce parti pris technique permettra d’innerver toutes les activités du Carreau à partir du sol, libéré de toute canalisation, gaine, et appareil».  

La mise en service du Nouveau Carreau du Temple sera progressive jusqu’à son ouverture définitive, le 25 avril. Les Parisiens ont pu découvrir les lieux, le 22 février, lors d’une journée Portes Ouvertes, en même temps qu’une exposition photos consacrée aux ouvriers du chantier, qui permet de mieux appréhender la technicité et l’ampleur des travaux réalisés.

Focus

Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : Ville de Paris – Direction de la jeunesse et des sports

Conduite d’opération : Direction du patrimoine et de l’architecture-Agence de conduite de projets

AMO : Programme Pro Développement et Philippe Simon (programmation), Nemok (diagnostics), Mazet et Algoé (stratégie pilotage)

Maîtrise d’œuvre : studioMilou architecture, cotraitants : Bollinger + Grohmann (BET structure avec Batiserf Ingénierie comme sous-traitant structure infra) ; Inex (BET fluides) ; Ayda et Peutz et associés (acousticiens) ; Tribu (BET HQE), Architecture et Technique (scénographe salle) ; Cosil (éclairagiste) ; Bureau Michel Forgue (économiste).

Entreprises : Pradeau & Morin (gros œuvre) ; Eiffage CM (charpente métallique) ; Alain Le Ny (couverture, zinguerie) ; Loison (menuiseries extérieures, serrurerie) ; Pro Design (menuiserie intérieure bois, mobilier bois) ; Bonnardel (revêtements muraux bois, faux plafonds bois) ; JMS Parquets (revêtements de sol bois, parements bois) ; Stabi Ciam et DBS (cloisons, doublages, faux plafonds plâtre) ; Flipo (revêtements de sol durs) ; Eliez (peinture) ; Balas (chauffage, ventilation, rafraîchissement) ; Ducré (plomberie) ; Ineo (courants forts, courants faibles et éclairage scénique) ; Thyssen Krupp (appareils élévateurs) ; AMG Fechoz (machinerie scénique) ; Forclum (équipement audiovisuel) ; Delagrave (sièges de l’auditorium) ; Boscher (signalétique) ; Camma Sport (mobilier manufacturé) ; Eveha (fouilles archéologiques) ; DGC (démolitions).

Bureau de contrôle technique : Bureau Veritas

Coordonnateur SPS : Union Immobilière Développement Ingénierie et Cossec

Coordonnateur SSI : Namixis

Pilote OPC : IPCS

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