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"Pierreux debout", participant à "Nuit debout", est un collectif de tailleurs de pierre. - © © DR

A "Nuit debout", des tailleurs de pierre alertent sur la précarité des ouvriers du bâtiment

Florent Lacas |  le 11/05/2016  |  Paris

Des tailleurs de pierre participent au mouvement contestataire "Nuit debout", sous l'appellation "Pierreux debout". Ils s'inquiètent notamment des conséquences éventuelles de la loi El-Khomri en matière de précarisation des salariés du secteur.

"Pierreux debout". C'est sous cette appellation que quelques salariés tailleurs de pierre se sont joints au mouvement contestataire "Nuit debout", place de la République à Paris. Des centaines de manifestants y occupent le terrain depuis avril, en signe d'opposition au projet de loi travail (ou projet de loi El-Khomri) - à propos duquel le président de la Fédération française du bâtiment, Jacques Chanut, a récemment dit qu'il n'en attendait "plus rien".

"Ce projet de loi, en facilitant le recours au licenciement, augmentera la précarité dans le secteur, assure un tailleur de pierre d'une trentaine d'années, présent à Nuit debout. Même les salariés en CDI seront moins protégés. Nous appelons donc à une mobilisation massive des salariés du BTP contre cette loi. Notamment les salariés les plus âgés."

"Le travail détaché tire la profession vers le bas"

Autre inquiétude de ces salariés, le travail détaché et ses conséquences sur le terrain. "Nous voyons de plus en plus de salariés venant du Portugal ou d'Europe de l'est, explique le tailleur de pierre actuellement au chômage. Comme ils coûtent bien moins cher que les salariés français, les devis sont à la baisse. Les entreprises qui ne recourent pas au détachement s'alignent sur ces prix bas, et demandent ainsi à leurs salariés d'abattre le même travail en moins de temps, avec moins de matériel et moins de moyens de sécurité." Et quand l'inspection du travail passe, "nous n'osons pas leur signaler toutes les choses qui ne vont pas".

D'après le tailleur de pierre, cette diminution de la qualité des travaux peut représenter un risque pour la sécurité des riverains. "Sur l'un des chantiers où je suis passé, une intervention sur des corniches n'a pas été réalisée dans les règles de l'art. Je l'avais signalé à ma hiérarchie, sans qu'elle ne donne suite à mes remarques. Eh bien aujourd'hui, je me suis aperçu qu'ils avaient installé des filets à cet endroit-là pour éviter des chutes de gravats dans la rue. Depuis quelques années, les choses se passent de plus en plus souvent de cette manière."

Quelles sont les demandes des Pierreux debout ? Outre le retrait du projet de loi El-Khomri, une augmentation des contrôles de l'inspection du travail, l'alignement des coûts d'un salarié détaché avec un salarié français, un temps de travail hebdomadaire réduit à 32 heures ou encore la mise en place d'assemblées ouvrières (voir l'ensemble des revendications sur la page des Pierreux debout).

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