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A Monaco, la ceinture de la future extension marine a pris forme
Chantier de l’extension de Monaco sur la mer : la ceinture marine du futur écoquartier « L’Anse du Portier ». - © L’Anse du Portier

A Monaco, la ceinture de la future extension marine a pris forme

Christiane Wanaverbecq (Bureau de Marseille du Moniteur) |  le 23/07/2019  |  Principauté de MonacoBouygues TPRenzo PianoMichel Desvigne Bouygues

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A Monaco, Bouygues TP vient de livrer le 17e caisson de la ceinture de protection du futur écoquartier L’Anse du Portier. Aménagé par une société de projet dédiée, il doit sortir de terre en 2025.

Il y a un an, le premier des 18 caissons composant la ceinture marine du futur écoquartier « L’Anse du Portier » à Monaco arrivait par bateau depuis le port de Marseille, le lieu de leur fabrication. Le 18 juillet, les équipes de Bouygues TP Monaco ont procédé à l’immersion du dix-septième caisson fermant la ceinture qui protégera de la houle et des vagues le futur écoquartier (60 000 m2 SP) d’une superficie totale de six hectares aménagé par la société de projet dédiée, la SAM de L’Anse du Portier.

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Long de 500 mètres et à 20 mètres de profondeur, l’ouvrage repose sur une colline sous-marine ou remblai d’assise s’élevant sur 30 mètres et spécifiquement conçu. Pour le réaliser, Bouygues TP a amené sur site 1,5 million de tonnes de calcaire naturel dont les caractéristiques assurent une conception conforme aux règlements antisismiques, tout en assurant une grande stabilité à l’assise des caissons.

« Liaisonnés par des clés métalliques et jointoyés, les 18 caissons ne sont pas solidaires les uns des autres de façon à pouvoir réagir de manière indépendante en cas de séisme », précise Christophe Hirsinger, directeur de Bouygues TP Monaco.

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Tracé sinueux

Délibérément sinueux pour faciliter le courant sous-marin nécessaire à l’oxygénation des fonds, le tracé de la ceinture de caissons définit désormais le nouveau trait de la côte de la principauté de Monaco qui gagne six hectares.

Mais la mission de Bouygues TP, qui mobilisera jusqu’à 300 personnes au plus fort de l’activité, n’est pas encore terminée. Mi-août, sera amené le dix-huitième caisson installé à l’entrée de ce qui va devenir le futur port d’animation afin de le protéger de la houle. Les opérations de remblaiement entre le littoral existant et la ceinture de caissons débuteront ensuite en septembre.

Sera notamment posé le remblai hydraulique composé de 450 000 m3 de sable acheminés depuis les fonds sous-marins de Sicile. A cette date, les équipes de Bouygues TP pourront désormais accéder au chantier par la voie terrestre depuis le boulevard Louis-II. « En parallèle des derniers travaux de génie civil sur les caissons, nous réalisons une carapace en enrochements. Cela consiste à dérouler un tapis géotextile depuis la base des caissons sur une partie du remblai d’assise et de le couvrir de blocs de roche. Cela, conformément à notre mission de créer du foncier qui n’existe pas », rappelle Christophe Hirsinger.

Chantier de l’extension de Monaco sur la mer : les deux derniers caissons au mouillage...
Chantier de l’extension de Monaco sur la mer : les deux derniers caissons au mouillage... - © L’Anse du Portier

Marché de plus de 700 millions d’euros

Une fois la plate-forme terminée, à la fin de l’année, les équipes de Bouygues TP renforceront le sol en utilisant différentes techniques : vibro-compaction, colonnes ballastées, pose de micropieux, etc. Cette dernière tâche les mobilisera jusqu’en avril 2020, date à laquelle le foncier sera totalement terminé.

Compactée et stabilisée, la plate-forme pourra recevoir les premiers aménagements de l’écoquartier (conçus par Valode & Pistre et Associé, Renzo Piano Building Workshop, Michel Desvigne Paysagiste) réalisés aux deux tiers par des sociétés monégasques et le tiers restant par Bouygues TP.

Suivront, les constructions. Désolidarisées de la plate-forme, celles-ci seront posées sur des pieux ancrés dans les fonds sous-marins jusqu’à 50 mètres. A ce stade du chantier, Bouygues TP laissera la main au groupement d’entreprises monégasques. Au total, le projet mobilisera deux milliards d’euros. L’infrastructure maritime représente, à elle seule, un investissement de 750 millions d’euros.

Les chiffres clefs

Dix-sept caissons ont été nécessaires pour composer cette ceinture. Ils mesurent 27 mètres de haut pour 33 mètres de long sur leur plus grand côté. Ils pèsent 10 000 tonnes chacun (plus de 30 000 tonnes après qu’ils aient été ballastés). Pour sa réalisation, chaque caisson a nécessité 3 800 m3 de béton.
Les caissons ont été construits un par un, à Marseille, en moins d’un mois chacun, selon la technique du coffrage glissant (coulage du béton en continu) et à l’aide d’un outil : le caissonnier ou dock flottant, nommé « Marco Polo » spécialement conçu pour cette opération.
Ils ont été ensuite remorqués par voie maritime depuis Marseille jusqu’à Monaco ; chaque traversée a duré trois jours environ.

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Protocole environnemental

Le développement de l’infrastructure maritime s’inscrit dans un protocole environnemental dit ERC basé sur trois principes : Eviter, Réduire, Recréer. Pour cette dernière phase qui consiste à compenser l’impact de l’extension en développant des fonctionnalités écologiques, le parti a été pris de mettre en œuvre les conditions de la colonisation des ouvrages par la flore et la faune aquatiques. Par exemple, afin de favoriser l’accroche des algues, des plantes, des mollusques et des crustacés, la façade des caissons et à l’intérieur de ceux-ci (dans les chambres d’amortissement de la houle) comprend des rugosités, des aspérités, ainsi que des changements de matières. Bouygues TP réalise également les récifs artificiels. Ils doivent créer les conditions favorables à la colonisation par les poissons et animaux marins en développant des zones de nurseries, des abris et des corridors écologiques.

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Commentaires

A Monaco, la ceinture de la future extension marine a pris forme

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Léandre

27/07/2019 12h:32

On croit rêver… ou plutôt cauchemarder. Quel est donc le bilan carbone de cette aberration? Et sa "durabilité", combien de temps résistera le béton des caissons à une immersion dans le milieu marin? Et le sable de Sicile, que vient-il donc faire en cette galère? Quid du milieu dont il a été extrait? … et de celui où il va être déposé? Tout ça pour enrichir encore plus les plus riches. Et remplir les poches de Bouygues et consorts… dont les architectes qui osent prétendre réaliser un "éco-quartier", exemplaire bien sûr… Pure folie.

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