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A Marseille, les recherches s’interrompent par crainte de nouveaux effondrements
Les corps de six victimes ont déjà été extraits des décombres. - © AEDO LOIC

A Marseille, les recherches s’interrompent par crainte de nouveaux effondrements

F.M. |  le 08/11/2018  |  Bouches-du-Rhône

Plusieurs immeubles voisins des trois qui se sont effondrés sont totalement interdits d’accès, par crainte d’un effet « domino ».

Par crainte de nouveaux effondrements, les recherches dans les décombres des trois immeubles qui se sont écroulés lundi 5 novembre 2018, à Marseille, ont été suspendues mercredi 7 novembre le soir pour environ 24 heures, le temps de mettre à bas deux bâtiments voisins.

"C'est toujours une décision difficile à prendre", a déclaré à la presse le préfet de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur et des Bouches-du-Rhône Pierre Dartout: sous les gravats, où six corps ont déjà été retrouvés depuis lundi, les autorités estiment, sans certitude, qu'il pourrait y avoir encore deux victimes.

Dans un premier temps, les recherches avaient été interrompues dès mercredi après-midi: "la sécurité des marins-pompiers ne pouvait plus être assurée", a expliqué le préfet.

Les causes précises de l’effondrement encore inconnues

Le corps d'une sixième victime, un homme, a été retrouvé mercredi sous les gravats des trois immeubles vétustes qui se sont disloqués lundi, et plusieurs immeubles voisins sont désormais totalement interdits d'accès, par crainte d'"un effet domino".


Dans l'après-midi, le procureur de Marseille Xavier Tarabeux avait annoncé qu'"à ce stade", les causes précises de l'effondrement des immeubles n'étaient "pas établies". "On ignore lequel des deux immeubles a entraîné l'effondrement", a-t-il poursuivi, rappelant que les constructions dataient de la fin du XVIIIe siècle et que les immeubles avaient été construits en "s'appuyant les uns contre les autres"

Plus de 48 heures après l'effondrement, l'espoir de retrouver des survivants est de plus en plus mince et la colère grandit chez les habitants du quartier.

"Complexité"

Les enquêteurs ont recueilli des témoignages selon lesquels l'un des immeubles effondrés, qui avait fait l'objet le 18 octobre d'une "expertise" suivie de "travaux de confortement permettant la réintégration des occupants" selon la mairie, "avait bougé avant son éboulement".

Une locataire de cette copropriété privée avait appelé les "pompiers dans la nuit (avant la catastrophe) pour signaler l'augmentation d'une fissure qu'elle avait observé dans son appartement" avant de finalement les rappeler pour leur dire "qu'il n'était pas nécessaire qu'ils interviennent", a rapporté Xavier Tarabeux. Toutefois, "en l'état, il est prématuré d'imputer des responsabilités pénales" compte tenu "de la complexité de la situation", a-t-il souligné.

Dans la rue d'Aubagne, lieu du sinistre, la rancoeur est pourtant déjà grande: "Ici, il n'y a que des noirs et des arabes, alors tout le monde s'en fout. Mais je paie mon loyer, 380 euros par mois, et je paie même ma taxe d'habitation. Pourtant vous avez vu l'état des bâtiments?", s'indigne Adama, un jeune Comorien.

160 personnes évacuées

"Gaudin, Fructus, assassins", ont scandé mercredi en début de soirée une centaine de militants d'associations de quartier rassemblés en haut de la rue d'Aubagne, visant le maire de Marseille Jean-Claude Gaudin et son adjointe au logement. A quelques mètres, l'appel à participer à une réunion publique "des habitant.es et associations de Noailles" pour exiger "un toit digne pour toutes et tous" a aussi fait salle comble.

La mairie qui a avancé l'hypothèse des fortes pluies des derniers jours pour expliquer la catastrophe, s'est défendue en soulignant "l'énorme travail fait (pour) l'éradication de l'habitat indigne".  La municipalité a engagé depuis 2011 un vaste plan de requalification du centre-ville, mais sans pouvoir véritablement remédier au problème. Selon un rapport remis au gouvernement en 2015, le logement indigne menace la santé ou la sécurité de 100 000 habitants de Marseille.

Elle a indiqué mardi avoir relogé des habitants dans une soixantaine de chambres d'hôtels du centre-ville. En tout, 160 personnes ont été évacuées par mesure de sécurité.

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