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A Marseille, les recherches reprennent et le maire se défend
A 13 heures ce jeudi 8 novembre, deux personnes étaient toujours portées disparues. - © AEDO LOIC

A Marseille, les recherches reprennent et le maire se défend

Florent Maillet, avec AFP |  le 08/11/2018  |  BâtimentBouches-du-Rhône

Interrompues mercredi soir pour « déconstruire » deux immeubles menaçants de s’effondrer,  les recherches ont repris ce jeudi à 13 heures dans les gravats de la rue d’Aubagne,  après l'effondrement de trois bâtiments qui a fait au moins six morts à Marseille. Attaqué de toutes parts, Jean-Claude Gaudin a défendu son action en matière de rénovation de l'habitat.

Interrompues mercredi soir pour « déconstruire » deux immeubles menaçant eux aussi de se disloquer, les recherches ont repris, ce jeudi 8 novembre 2018, sous les décombres des deux immeubles effondrés lundi, au coeur de Marseille. Cette fin de matinée, le maire (LR) de la ville Jean-Claude Gaudin, cible de nombreuses critiques depuis la catastrophe, a défendu son action et évacué toute idée de démission.

"Démissionner? Vous croyez que le capitaine démissionne quand il y a une tempête ?": trois jours après l'écroulement de deux immeubles rue d'Aubagne, qui a fait au moins 6 morts au coeur du quartier populaire de Noailles, l’édile a fermement défendu "l'ambition et l'exigence fortes" de son équipe en matière "de rénovation de l'habitat ancien et indigne, depuis plus de 20 ans".

35 M € investis

"Je ne regrette rien", a insisté le maire, lors d'une conférence de presse à l'Hôtel de ville, soulignant les 35 millions d'euros investis depuis 2005 pour l'éradication de l'habitat indigne et "les milliers de logements sociaux démolis, reconstruits et réhabilités", appelant au passage à l'aide de l'Etat pour une évolution de la réglementation, "pour faciliter et accélérer" l'action publique. Un point sur lequel s'était exprimé le matin même Julien Denormandie, le ministre du Logement.

Sur le même sujet A Marseille, la lutte contre l’habitat indigne est un combat de tous les jours


Pas question non plus pour le maire de répondre à ceux qui l'accusent dans ce drame, comme ces habitants et militants qui ont encore manifesté mercredi soir aux cris de "Gaudin assassin": "L'heure n'est pas aux polémiques et l'expression des intérêts particuliers", a-t-il plaidé, dénonçant "invectives et anathèmes jetés à travers les médias et les réseaux sociaux".

"Chances très minces, mais réelles"

Face aux décombres des immeubles des 63, 65 et 67 de la rue d'Aubagne (voir carte ci-dessous), les recherches pour d'éventuels survivants ont quant à elles repris à 13 heures, après l'interruption dans la matinée des travaux de "déconstruction" lancés mercredi soir sur deux immeubles mitoyens (au 69 et 71), menaçant de s'effondrer sur les sauveteurs.


Les chances de retrouver encore des survivants, "sont minces, très minces, mais réelles", a précisé le vice-amiral Charles-Henri Garié, commandant du bataillon des marins-pompiers de Marseille.

Deux personnes toujours disparues

Selon les autorités, deux personnes supplémentaires pourraient se trouver encore sous les décombres du 65, le seul des trois immeubles écroulés lundi qui était officiellement habité. Les deux autres étaient murés et théoriquement vides, même si selon des témoignages, le n° 63 était souvent squatté par des sans-papiers ou les vendeurs de cigarettes de contrebande.

Plus généralement depuis lundi, de nombreux habitants du quartier - et des opposants politiques - critiquent l'action de la municipalité, qui avait notamment mis en avant les fortes pluies des derniers jours comme cause de ce drame.

Mais Jean-Claude Gaudin a fermement répondu jeudi matin, dénonçant notamment un rapport de 2015 "au vitriol" et d'un "parti-pris extraordinaire" selon lequel 100 000 personnes seraient victimes de l'habitat indigne ou insalubre à Marseille.

"Principe de précaution"

Défendant aussi l'action de la mairie, son adjoint à la prévention des risques, Julien Ruas, a lui souligné que lors de la seule journée de mercredi, 51 signalements concernant des immeubles avaient été faits auprès de ses services, pour 37 interventions et 4 évacuations au total, au nom du "principe de précaution".

"A ce stade", les causes précises de l'effondrement des immeubles 63 et 65 rue d'Aubagne peu après 9 heurs lundi matin ne sont toujours "pas établies", et il serait "prématuré d'imputer des responsabilités pénales", avait précisé le procureur de la République, Xavier Tarabeux mercredi.

L'immeuble au 65 de la rue d'Aubagne avait fait l'objet d'un arrêté de péril imminent le 19 octobre, mais cela n'avait conduit à l'évacuation que d'un seul appartement, du 1er étage. Selon les premiers témoignages recueillis par les enquêteurs, ce bâtiment "avait bougé avant son éboulement". L'enquête n'a toutefois pas encore permis quel immeuble était tombé le premier.

Samedi 10 novembre, une marche blanche en souvenir des victimes du drame doit avoir lieu entre le quartier de Noailles et le Vieux-Port.

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