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A Marseille, la sécurité sur les chantiers mobilise toujours
Un chantier à Marseille. - © © P. B.

A Marseille, la sécurité sur les chantiers mobilise toujours

Christiane Wanaverbecq (Bureau de Marseille du Moniteur) |  le 30/03/2018  |  Bouches-du-RhôneEquipementSécurité et protection de la santéMaîtrise d'ouvrage

Le 28 mars, la FBTP 13 a organisé les premières assises de la sécurité à Marseille. A cette occasion, représentants du BTP, des forces de police et de la justice ont présenté un front uni pour convaincre les entreprises de déposer plainte et les maîtres d’ouvrage d’accepter le lot «sûreté».

Ce 28 mars, à la maison du bâtiment à Marseille, une centaine de personnes étaient réunies pour participer aux premières assises de la sécurité organisées par la Fédération du bâtiment et des travaux publics des Bouches-du-Rhône (FBTP13). Le sujet mobilise depuis longtemps. En octobre 2015, lors d’une assemblée générale, la FBTP13 avait mis à l’ordre du jour le sujet de la sûreté sur les chantiers. Et en 2004, elle avait pris l’initiative de créer en partenariat avec la préfecture "Ras-le-vol", un dispositif de prévention et de répression rassemblant les entreprises, les maîtres d’ouvrage, la police, la gendarmerie, le parquet (voir focus ci-dessous). «Nous estimons que chaque année 50 millions d’euros, et donc plus d’1% du chiffre d’affaires de nos entreprises partent dans la nature, conséquences des pertes liées aux vols, dégradations et rackets subis et aux arrêts de chantier», a déclaré Philippe Deveau, président de la FBTP13, en conclusion des assises en présence d’Olivier de Mazières, préfet de police des Bouches-du-Rhône, d’André Ribes, procureur adjoint de Marseille et du commissaire général Jean-François Jaffuel.

Agressions et vols

Quatorze ans plus tard, le sujet mobilise toujours. D’autant que "Ras-le-vol" n’a pas mis fin aux agressions et aux vols sur les chantiers. Le 7 février dernier, un ouvrier du groupe Eiffage a ainsi été frappé sur la tête par un burin alors qu’il travaillait sur un chantier de rénovation urbaine dans le nord de Marseille. En réaction, lui et ses compagnons avaient demandé un droit de retrait. Le chantier a repris le 21 février après force dialogue pour rassurer.

Les outils pour lutter contre ces phénomènes existent: que ce soit le groupement local du traitement de la délinquance (GLTD) ou bien le groupe de voie publique (GPV) rassemblant quatre magistrats et une dizaine de policiers dédiés à la sécurisation des chantiers. En partenariat avec la police, la FBTP13 a produit différents documents pour aider maîtres d’ouvrage et entreprises à agir: procédures pour déclarer le chantier et donner les contacts , le mode d’emploi suite à un incident sur un chantier , aide à la rédaction du mail suite à l’incident , conduite à tenir, etc. Mais cela ne suffit pas. «Nous ne pouvons pas agir sans dépôt de plainte», a ainsi insisté le préfet de police rappelant que tout est mis en œuvre aujourd’hui pour protéger les plaignants «grâce à l’anonymat, aux délais d’attente moins grands ou bien encore à la possibilité de déposer une plainte en ligne».

Lot "zéro"

La mise en place du «lot sûreté» ou «lot zéro», consistant à la prise en charge, en amont, de l’ingénierie et du coût des mesures indispensables à la sûreté des chantiers, est un autre projet qui tient à cœur à la FBTP13. Elle travaille actuellement sur le sujet au sein de la «commission sûreté» avec l’Association régionale des organismes HLM des régions de Provence-Alpes-Côte d'Azur et Corse. «Il s’agit de construire une démarche. Il faut expliquer que cela n’est pas un surcoût, qu’au final, cela permet d’éviter d’autres surcoûts», explique Philippe Deveau, le président de la FBTP13, qui admet «les réticences des maîtres d’ouvrage». Se pose en effet la question du financement des mesures de précaution mises en place sur un chantier et de savoir qui voir qui paie. L’entreprise ? Le maître d’ouvrage ? L’Etat serait-il prêt à participer ? Différentes questions qui n’ont pas encore trouvé de réponses. Il reste aussi à convaincre les maîtres d’ouvrage privés à participer au conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance. A ce jour, seuls les bailleurs sociaux y participent.

Le dispositif "Ras-le-Vol"

Le dispositif Ras-le-Vol comprend trois volets:

- la police forme les salariés et dirigeants des entreprises du BTP pour rendre la sécurisation de leurs chantiers plus efficace;

- les maîtres d’ouvrage signalent à la préfecture, la police et la gendarmerie les travaux de construction ou de rénovation à venir donnant le calendrier des opérations prévues;

- les salariés sont invités à signaler tous les incidents inhabituels sur les chantiers.

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