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A Marseille, Ametis et Logis Méditerranée redonnent du «Sens» à la porte d’Aix
Sens, la résidence pour étudiants qui marquera l’entrée dans le nouveau campus urbain développé par Euroméditerranée au cœur de la ZAC Saint-Charles a été conçue par l’Atelier Fernandez & Serres. - © © Atelier Fernandez & Serres

A Marseille, Ametis et Logis Méditerranée redonnent du «Sens» à la porte d’Aix

Paul Boinet |  le 26/01/2018  |  ArchitectureAménagementTechniqueBâtimentBouches-du-Rhône

Ametis et Logis Méditerranée ont lancé les travaux d’une résidence pour étudiants de 83 logements près de la porte d’Aix, dans l’hyper-centre de Marseille. Cet écrin minéral signé Stéphane Fernandez marquera l’entrée dans le nouveau campus urbain développé par Euroméditerranée au cœur de la ZAC Saint-Charles.

Le promoteur Ametis Provence-Alpes-Côte d’Azur, l’entreprise sociale pour l’habitat (ESH) Logis Méditerranée (groupe Logement Français) et Fac Habitat ont posé, ce 25 janvier, la première pierre d’une résidence sociale pour étudiants de 83 studios près de la porte d’Aix (3e), dans l’hyper-centre de Marseille. Ce programme de 2 540 m2 de plancher conçu par l’architecte aixois Stéphane Fernandez se développe sur une parcelle relativement exiguë (20m x 20m, soit 400 m2) au cœur de la ZAC Saint-Charles (15 ha), l’une des pièces opérationnelles historiques de l’œuvre de recomposition urbaine instiguée par l’établissement public d’aménagement Euroméditerranée (Epaem). Le projet baptisé «Sens» se déploie en effet sur un morceau de l’emprise de l’ancien échangeur autoroutier, vestige de l’âge d’or du «voiturbanisme» des années 1960. «Nous sommes sur un site atypique en entrée de ville, à la croisée des chemins entre trois ouvrages marqués par le travail de la pierre: la bibliothèque universitaire de Fernand Pouillon, l’église Saint-Lazare et l’arc de triomphe de la porte d’Aix, avec en ligne d’horizon la basilique Notre-Dame de la Garde», indique Stéphane Fernandez.

L’entreprise Stam est en charge du gros œuvre.
L’entreprise Stam est en charge du gros œuvre.

Minéralité

Dans un contexte dominé par les barres de logements des années 1950-1960, le concepteur a refusé la course à l’échalote grandiloquente: «Le site et son histoire méritaient d’être respectés. Pour ne pas être écrasé par les immeubles voisins, nous avons imaginé un bloc sculpté qui puise son épaisseur dans le travail sur la matière», déroule l’architecte lauréat dans la catégorie «Culture, jeunesse et sport» des Prix d’architecture du Moniteur en 2015. L’ouvrage s’inscrit dans la veine minérale de Fernand Pouillon. Le bâtiment se déploie sur 6 niveaux au-dessus d’un socle en béton lisse. Le corps principal est habillé d’une enveloppe en pierre naturelle de couleur claire qui se patinera avec le temps. Au dernier niveau, un ouvrage en attique se détache du bâtiment par sa définition en béton lisse. «Plutôt que par sa dimension, le bâtiment s’immisce dans le paysage comme un objet précieux», résume Stéphane Fernandez.

Le bloc sculpté puise son épaisseur dans le travail sur la matière.
Le bloc sculpté puise son épaisseur dans le travail sur la matière.

L’environnement urbain a également guidé l’écriture des ouvertures. Les façades sont percées de fenêtres verticales en biseau dont la forme et l’emplacement ont été minutieusement étudiés afin de laisser entrer la lumière naturelle dans les logements sans sacrifier leur intimité.

Ce parti minimaliste dans les étages tranche avec la mise en scène du socle. Celui-ci se découvre derrière de grandes ouvertures vitrées ponctuellement rythmées par de grands cadres en chêne naturel.

L’accès à la résidence s’effectue depuis le rez-de-chaussée haut, au même niveau que le grand escalier qui dessert la gare Saint-Charles.

Enfin, dans ce grand hall, un grand escalier monumental dessert les niveaux de logements, éclairé naturellement par un puits de lumière qui descend du toit.

L’accès à la résidence s’effectue depuis le rez-de-chaussée haut, au même niveau que le grand escalier qui dessert la gare Saint-Charles. En ligne d’horizon, la basilique Notre-Dame de la Garde...
L’accès à la résidence s’effectue depuis le rez-de-chaussée haut, au même niveau que le grand escalier qui dessert la gare Saint-Charles. En ligne d’horizon, la basilique Notre-Dame de la Garde...

Campus urbain

Avec son voisin l’hôtel de la chaîne japonaise Toyoko Inn (267 chambres pour 6 756 m2 de surface de plancher), dont le chantier à rallonge touche à sa fin (Tangram Architectes, concepteur), cette résidence bioclimatique (labels RT 2012 -10%, BBIO -20% et BDM niveau «bronze») se situe au seuil du nouveau campus urbain développé par Euroméditerranée autour du futur parc de la porte d’Aix. «C’est ici que battra demain le nouveau cœur de Marseille», ose Hugues Parant, le directeur général de l’Epaem. De fait, les abords de ce poumon vert d’un hectare dessiné par le paysagiste Alfred Peter devraient voir pousser en 2021 l’Institut méditerranéen de la ville et des territoires (projet issu du regroupement de l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Marseille-Luminy, de l’Institut d’urbanisme et d’aménagement régional et de l’antenne marseillaise de l’Ecole du paysage de Versailles). Le ministère de la Culture a récemment confié à l’agence NP2F Architectes la réalisation de cet équipement d’environ 9 500 m2. Sa construction viendra conforter la vocation universitaire de ce secteur de l’hyper-centre qui accueille déjà les facultés de Saint-Charles (sciences) et de Colbert (économie, gestion).

Ametis joue plein centre à Marseille

La réalisation de cette résidence confirme l’ancrage marseillais d’Ametis Paca. «Après avoir longtemps investi dans les quartiers nord, nous ciblons désormais le centre-ville», explique Michel Tamisier, son directeur général. Le promoteur languedocien réalise à quelques hectomètres de la Porte d’Aix un second programme de 74 logements sociaux acquis en Vefa par l’ESH Logirem. Cet ensemble conçu par Rudy Ricciotti sort de terre rue Fauchier (2e), au cœur de la ZAC Joliette, autre pièce opérationnelle d’Euroméditerranée. Et à Saint-Just (4e), près de l’hôtel du département, il est à la manœuvre pour une opération de 546 logements dessinée par Les Ateliers Jean Nouvel.

Pour la résidence pour étudiants de la porte d’Aix, Ametis a recours au montage qu’il utilise très souvent: il réalise l’opération cédée en état futur d’achèvement à un bailleur, en l’occurrence l’ESH Logis Méditerranée (prix de revient: 4,65 millions d’euros, dont 3,2 millions d’euros de travaux). Le programme comprendra 83 studios locatifs sociaux (PLUS) et un logement (T2) réservé au gardien de la résidence. La ville achètera un local en rez-de-jardin (333 m2) pour y implanter une buvette ainsi qu’un local technique pour l’entretien du parc mitoyen.

Le conventionnement social des logements mérite d’être souligné. «Normalement, le fait que nous soyons dans un site en  «Quartier prioritaire de la politique de la Ville» (QPV) interdisait la création de logements sociaux. Mais, avec la ville nous avons fait le forcing auprès du ministère pour obtenir une dérogation. Tous les logements bénéficient du conventionnement «Prêt locatif à usage social» (PLUS), précise Sandrine Bordin, présidente du directoire de Logis Méditerranée.

La gestion de la résidence sera assurée par la société Fac Habitat.

La livraison du programme est prévue pour la fin du mois de juin 2O19.

Pour le choix de l’architecte, Ametis avait organisé une consultation restreinte qui mettait en lice trois agences: Rudy Ricciotti, François Fontès Architecture (François Fontès est propriétaire de la société Ametis) et Stéphane Fernandez. C’est finalement le projet de ce dernier qui a été retenu.

Maître d’ouvrage: Ametis Paca

Investisseur: Logis Méditerranée

Gestionnaire: Fac Habitat

Architecte: Stéphane Fernandez

Entreprise chargée du gros œuvre: Stam

Surface de plancher: 2 54O m2

Terrain d’assiette: 4OO m2

Labels

BDM niveau bronze

RT 2O12 -1O%

BBIO -2O%

Conforme à la réglementation acoustique NRA

Chauffage électrique et production d’ECS par Mégapack

Financement

Astria Action Logement: 39O OOO euros

Région Paca: 2OO OOO euros

Ville de Marseille: 3OO OOO euros

Caisse des dépôts: 3 millions d’euros

Logis Méditerranée: 756 OOO euros

Total: 4,656 millions d’euros

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