A Lyon, la frugalité joue avec la légalité
La conférence débat sur la ville frugale a clôt le cycle Nature en ville rythmé par trois expositions dont Franchir la berge, encore visible au CAUE Rhône-Métropole jusqu'au 21 décembre. - © P Ruault

A Lyon, la frugalité joue avec la légalité

Laurent Miguet |  le 14/10/2019  |  lyonRhôneCAUE

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« L’aménagement frugal sauvera l’humanité ». Le paysagiste, arboriste et horticulteur Olivier Jacqmin résume en peu de mots l’espoir qu’il partage avec les deux autres conférenciers invités le 8 octobre à Lyon : la paysagiste Laure Planchais et l’architecte Philippe Madec ont également répondu à la sollicitation du conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement de Rhône Métropole, pour une table ronde intitulée « Ville désirable, ville frugale ? ».

Douze années de gestion d’une forêt urbaine, à Nancy, ont conforté la conviction d’Olivier Jacqmin : « Il n’y a pas d’autre choix que de se mettre hors la loi ». Devant 80 personnes réunies le 8 octobre à Lyon par le Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE) sur le thème de la ville frugale, le paysagiste et entrepreneur  a présenté « le seul parc municipal ouvert jour et nuit, où les autorités ne pénètrent pas, où chacun peut manger, cuisiner, promener son chien non tenu en laisse et faire du feu ».

Le sésame d’une maîtrise d’œuvre conduite par Alexandre Chemetoff a permis au hors-la-loi de se mettre en phase avec le service municipal des espaces verts. A mille lieux du décor somptueux et des techniques de gestion des jardins à la française de Vaux-le-Vicomte où il a acquis son expertise professionnelle, le chantre de l’aménagement frugal nourrit son inspiration au contact des usagers : « Les rencontres simples invitent à repenser le monde. Le chantier réunit », témoigne Olivier Jacqmin.

Passagers clandestins

Plus classique dans sa pratique des relations entre maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre, Laure Planchais n’en souligne pas moins la fragilité de sa position de paysagiste conceptrice : « Profession marginale en France, nous sommes entrés dans la commande publique comme des passagers clandestins, sans programme ni budgets. D’emblée, cela nous a conduits à répondre à la question : comment faire avec rien ou très peu ? Le réemploi devient alors une chasse aux trésors et un moyen de retourner l’image d’espaces autrefois symboliques d’une pauvreté subie ».

L’ingéniosité peut transformer une passagère clandestine en pédagogue de la loi : « Au lieu d’utiliser des mots de technocrate comme densité, parlons de la possibilité de faire ses courses ou d’aller au boulot à pied à ou à vélo », recommande la paysagiste, lauréate 2012 du prix national du paysage.

Croisade de la terre coulée

L’architecte Philippe Madec n’a pas eu besoin de forcer sa nature pour revendiquer, lui aussi, sa part de clandestinité : « Dans le manifeste pour une frugalité heureuse co-signé par Alain Bornarel et Dominique Gauzin-Muller, nous appelons à la désobéissance civile collective », rappelle-t-il.

Sa croisade contre le béton, source de 9 % des gaz à effets de serre, se prolonge dans une invitation aux bâtisseurs : mettre l’art du banchage au service de la terre coulée, pour reconnecter la construction avec les territoires. Comme Laure Planchais et Olivier Jacqmin, il donne aux usagers un rôle moteur : « A Bordeaux, notre maître d’ouvrage Aquitanis a appris à investir dans la concertation pour s’affranchir des frais de justice inhérents aux recours des tiers, sans que cela ne retarde le calendrier des opérations », souligne Philippe Madec.

Rendez-vous paysagers

Sur des notes optimistes malgré la mauvaise santé de la planète, les perspectives ouvertes par les deux paysagistes et l’architecte ont clôt le cycle Nature en ville engagé au début de l’année par le Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement Rhône Métropole, en partenariat avec Paysage Actualités.

Mais l’agenda paysager 2019 du CAUE ne s’arrête pas avec la fin de la séquence rythmée, depuis janvier, par trois expositions : le 12 novembre à l’Isara de Lyon, le réseau départemental du paysage s’intéressera au sol, « cœur des enjeux d’aménagement ». Le 3 décembre, le CAUE et Paysage Actualités se retrouveront à Paysalia pour explorer « Le paysage pour un projet de territoire ». La conférence préfigurera la publication des Carnets de territoires du CAUE consacrés au lyonnais, à paraître en janvier 2020. Elle accompagnera le numéro spécial de Paysage Actualités consacré à Paysalia.

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