En direct

Prévention : A la traîne sur les poussières toxiques
Le risque d'exposition aux poussières toxiques n'arrive, qu'en cinquième position des risques les plus couramment rencontrés. - © Karcher
Etude

Prévention : A la traîne sur les poussières toxiques

Cyril Peter |  le 18/06/2021  |  PréventionDémarche RHSanté-sécurité BTPOPPBTPFrance

Ma newsletter personnalisée

Ajouter ce(s) thème(s) à ma newsletter personnalisée

Prévention
Démarche RH
Entreprises
Santé-sécurité BTP
OPPBTP
France
Valider

L'exposition à la silice, au plomb ou à l'amiante inquiète moins d'un patron sur cinq, loin derrière les risques de chutes.

 

C'est un sujet dit prioritaire. La prévention est prise en charge par 90 % des entreprises de la construction, selon un sondage sur la perception des risques sur les chantiers et dans les ateliers, réalisé auprès de dirigeants, conducteurs de travaux et autres décideurs du secteur par la branche études d'Infopro Digital (groupe éditeur du « Moniteur »). Dans 44 % des sociétés, c'est le responsable du chantier qui s'y attelle. Ailleurs, il est fait appel à un référent santé et sécurité au travail (24 %) ou à un responsable hygiène, sécurité, environnement dit HSE (19 %).

 

Minimisation des risques respiratoires. Ces entreprises font principalement face aux blessures (63 %) et aux chutes (62 %). Viennent ensuite les risques d'accident de trajet (28 %) et de collision (23 %) due à un engin de chantier par exemple. Très naturellement, pour ce dernier danger, le taux monte à 45 % dans les sociétés de travaux publics, de génie civil et de routes. Le risque d'exposition aux poussières toxiques comme l'amiante, la silice ou le plomb n'arrive, lui, qu'en cinquième position des risques les plus couramment rencontrés (18 % des répondants). La fibre de laine de verre et de roche ainsi que la silice sont perçues comme des risques provoquant des maladies respiratoires pour seulement un tiers des sondés.

Alors que, selon l'OPPBTP, près de 365 000 travailleurs en France sont exposés à la silice, le taux de perception du risque ne monte qu'à 58 % pour les entreprises ayant déjà été confrontées au problème des poussières toxiques. Une lacune dont les salariés et dirigeants du BTP semblent avoir conscience, puisqu'un répondant sur quatre et près de la moitié des décideurs franciliens interrogés pointent le manque d'information sur le sujet. Rappelons que les poussières de silice sont classées cancérogènes depuis le 1er janvier dernier.

Le port d'équipements de protection individuelle (EPI), comme les masques antipoussière, est de loin la solution la plus citée (67 %) pour faire face à ces risques. Bémol : une minorité de répondants considère encore le masque chirurgical comme un moyen de prévention alors que celui-ci ne protège pas contre l'inhalation de très petites particules. Venant en deuxième position, le document unique d'évaluation des risques (Duer) ne fait pas l'unanimité (44 %). Et pour cause, il rime avec anticipation chez seulement trois répondants sur cinq. Or, ce document vise, entre autres, à mettre en place des mesures organisationnelles telles que la rotation du personnel pour limiter le temps d'exposition, comme le suggère l'Institut national de recherche et de sécurité (INRS).

 

Manque de formation. Cet organisme recommande aussi d'investir dans des systèmes de captage et d'aspiration afin de réduire les poussières toxiques. Mais seulement un sondé sur deux dit travailler dans une entreprise qui mise sur l'automatisation des tâches (découpe, nettoyage…) pour réduire la durée d'exposition. Encore un message qui peine à faire mouche…

Si le « manque de temps » et le « coût financier » sont décrits comme des freins à la mise en conformité ou à la prévention des risques, les chefs d'équipe répondants pointent surtout le manque de formation des salariés. Le principal blocage cité concerne la réglementation difficile à appliquer. Dans ce contexte, plus d'un sondé sur quatre considère que sa société n'est pas suffisamment préparée pour respecter les valeurs limites d'exposition professionnelle (VLEP) aux produits chimiques. Aux décideurs, donc, de passer aux actes. Et vite.

 

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur
Ajouter Le Moniteur à l'écran d'accueil