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A la recherche de l'équation du bâtiment à énergie positive

eric Leysens |  le 03/02/2012  |  SantéTechniqueEnvironnement

Effinergie a mis en équation la définition du bâtiment à énergie positive. L'association va maintenant l'ajuster en la confrontant à des cas concrets. Comme toujours lorsque l'on parle de réglementation énergétique, les véritables enjeux se jouent dans les détails.

En l'absence de référentiel, se basant sur une définition aussi succincte « qu'un bâtiment qui produit plus que ce qu'il consomme », de plus en plus d'immeubles s'autoproclament « à énergie positive». Afin d'éviter que le terme devienne aussi galvaudé que celui d'« éco quartier », un cadre se doit d'être posé . Aujourd'hui, un bâtiment à énergie positive (Bepos), peut aussi bien être un immeuble de bureaux dont l'électricité produite par les panneaux photovoltaïques implantés en toiture dépasse la consommation nécessaire au chauffage, la production d' eau chaude sanitaire, l'éclairage, la ventilation et le rafraîchissement, qu' un autre dont l' énergie produite par le bâtiment dépasse la consommation totale, incluant notamment le poste informatique, souvent le plus important dans le tertiaire. Demain, seul le second immeuble pourra prétendre au titre de « Bepos ».


Cep hors prod locale + Conso autres usages - Conso bois - Conso réseau de chaleur EnR < Production d'énergie + Ecart accepté


Effinergie vient d' établir une esquisse de définition qu'elle va confronter à des projets pilotes afin de l' ajuster et, d'ici un an, proposer un label. Pour l'association qui lançait en 2007 le désormais fameux label « BBC », un Bepos est un bâtiment dont le fonctionnement nécessite d'acheter une quantité d'énergie non renouvelable (déduite des simulations thermiques) inférieure à celle théoriquement vendue et produite à partir d' installations établies sur la parcelle où il est implanté.


Inégalité à respecter pour être Bepos
Inégalité à respecter pour être Bepos

Enfin presque, car Effinergie prévoit que cette énergie produite puisse être modulée selon différents critères : la zone climatique et l' altitude de l'implantation, l'usage du bâtiment et son nombre d'étages, le raccordement à un réseau de chaleur, ou encore la consommation de bois.
« Il est largement plus facile pour une maison rurale du sud que pour un immeuble d' une zone dense du nord d' être bepos. Il est donc indispensable de pondérer. » explique Jean-Christophe Visier qui a transposé les critères ci-dessus en variables d' une équation permettant d' établir si un bâtiment est à énergie positive ou non.


Vers une intégration de la mobilité dans le bilan énergétique d'un bâtiment



Pour le directeur du département Energie Santé Environnement du CSTB, le pétrole brûlé pour la mobilité des usagers du bâtiment et les kWh nécessaires à sa construction,dite énergie grise, ne doivent pas êtres intégrés directement dans l' équation du Bepos. Néanmoins, les maîtres d'ouvrage qui veilleront à respecter la toute nouvelle définition sont invités à les évaluer. Et Jean Christophe Vizier souligne que l' on peut aisément imaginer d' intégrer une pondération négative pour un bâtiment périurbain pouvant s'étendre et donc se couvrir de silicium, mais dont la quantité de carburant consommé par ses occupant est importante Pour cela, d'ici deux mois, un site développé par la Caisse des dépôts et le Cstb, permettra aux entreprises de mesurer directement en ligne, l'impact des déplacements des occupants.


Une énergie grise difficile à objectiver



Concernant l'énergie grise, les choses sont plus compliquées. Effinergie renvoie aux logiciels existants, s'appuyant sur la base de données relative aux caractéristiques environnementales et sanitaires des produits de construction Inies. Incomplète à ce jour, fonctionnant sur l'auto-déclaration, si Inies a le mérite d'exister, elle semble difficilement permettre d' asseoir une méthodologie reconnue pour la prise en compte de l'énergie grise.

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