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A la Bourse de commerce, l’architecte japonais, le cercle parfait et le cylindre

Marie-Douce Albert |  le 26/06/2017  |  ArchitectureBâtimentParisProduits et matérielsBéton

Le monument du centre de Paris entrera en chantier cet été afin de pouvoir accueillir la Collection Pinault au début de l’année 2019. Le projet joue l’équilibre entre le respect de ce bâtiment circulaire historique et l’ambition d’une création architecturale novatrice. L’architecte Tadao Ando a donc imaginé de glisser une enceinte de béton au cœur de la rotonde.

La première fois que Tadao Ando est entré dans la Bourse de commerce, dans le Ier arrondissement de Paris, il a mesuré la difficulté de la tâche qui l’attendait. Une nouvelle fois, l’homme d’affaires François Pinault avait décidé de faire appel à lui, pour installer là un musée pour sa collection d’art contemporain. Et le célèbre architecte japonais, qui avait déjà œuvré dans deux premiers sites, à Venise, en 2006 et 2009, se voyait donc chargé d’ouvrir une troisième ambassade pour cet ensemble riche de 3 000 œuvres dans un bâtiment historique et qui abritait alors les bureaux de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris (CCIP). En effet, il y a un peu plus d’un an, la maire de Paris, Anne Hidalgo avait proposé à François Pinault de mettre l’édifice à sa disposition, par le biais d’un bail emphytéotique de 50 ans.

Et Tadao Ando a donc découvert « un cercle parfait ». Ce plan circulaire, le bâtiment l’avait hérité de ses premières fonctions, quand il avait été bâti au XVIIIe siècle pour servir de Halle au blé. Puis il avait su conserver cette rondeur au fil des modifications successives, et notamment de sa transformation en Bourse de commerce en 1889. L’Architecte en chef des monuments historiques (ACMH), Pierre-Antoine Gatier juge même que cette forme «utopique, est unique dans l’histoire de l’architecture parisienne et de l’architecture classique française. Quant à la grande coupole en fonte de fer qui la surmonte depuis 1812, il s’agit de la première de l’histoire de l’architecture. » Pour ce garant du patrimoine, qui œuvre aussi sur le projet de la Collection Pinault, le chantier de musée qui va ouvrir cet été se doit donc évidemment d’être « un projet de conservation ».

L’architecte japonais, auréolé d’un prix Pritzker en 1995, et la jeune agence parisienne NeM, des architectes Lucie Niney et Thibault Marca, devaient donc réussir à imaginer une intervention contemporaine marquante, tout à la fois capable de respecter le bâtiment et d’affirmer sa nouvelle mission d’exposition des grandes œuvres des XXe et XIXe siècles. « Dans le cercle, j’ai donc imaginé d’insérer un cylindre pour accentuer la notion d’épicentre », explique Tadao Ando. Pour créer ce rond dans un rond, le Japonais a choisi d’avoir recours à son matériau fétiche, le béton, avec d’autant plus de bonheur qu’il s’agit, rappelle-t-il, « d’une invention française ».

Réversible

Toutefois, « le souci de préservation du bâtiment nous a amenés à concevoir un projet réversible, expliquent les architectes Lucie Niney et Thibault Marca. Ce cylindre sera par conséquent constitué de caissons métalliques de 25 cm d’épaisseur, qui seront couverts par deux fines peaux de béton, elles, de 12 cm. L’épaisseur totale de cette paroi sera ainsi d’une cinquantaine de centimètres ». Par ailleurs, le vide des caissons permettra de faire passer l’ensemble des réseaux. Ce grand cylindre, de 9 m de hauteur pour 29 m de diamètre, accueillera dès lors un lieu d’exposition qui restera ouvert sur son environnement historique grâce à quatre percées et un oculus.

Le chantier qui sera mené jusqu’à la fin 2018 par l’entreprise Bouygues Bâtiment - Ile-de-France permettra par ailleurs d’aménager les anneaux périphériques de la Bourse de commerce. Y seront créées d’autres espaces d’exposition et des lieux d’accueil pour les visiteurs, tandis qu’un auditorium de 700 places sera construit en sous-sol. François Pinault aimerait assurément que tout cela puisse voir le jour « demain » mais il lui faudra patienter jusqu’au début de l’année 2019 pour que ce musée, porté par une fondation créée et soutenue par l’ensemble de sa famille, ouvre ses portes.

Maîtrise d’ouvrage : Collection Pinault-Paris, directeur : Daniel Sancho.

Maîtrise d’œuvre : Tadao Ando, architecte ; NeM/Niney & Marca Architectes ; Pierre-Antoine Gatier, ACMH (mandataire lots MH); Setec Bâtiment, ingénierie (mandataire).

Entreprise générale : Bouygues Bâtiment - Ile-de-France.

Surface totale au sol : 13 OOO m².

Coût travaux : 1O8 M€.

Calendrier : début du chantier : été  2O17 ; livraison : décembre 2O18 ; ouverture du musée : début 2O19.

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