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A l’hôtel Pasteur, la Ville réinterroge la notion d’équipement public

Anne-Elisabeth Bertucci |  le 16/09/2016  |  Collectivités localesBâtimentIlle-et-VilaineERP

Rennes -

On s’est longtemps demandé ce qu’allait devenir ce paquebot de 6 000 m2 qu’est l’hôtel Pasteur, ancienne faculté dentaire de Rennes. Musée des sciences, équipement culturel ou hôtel de luxe ? Cela aurait pu être le cas si la Ville n’avait pas accueilli, en 2013, une expérimentation urbaine qui tient du protocole scientifique. L’idée ? Soumettre ce vaste bâtiment public à l’épreuve des usages, laisser les besoins émerger avant de lancer une programmation qui figerait ses fonctions et, de fait, ses espaces. L’étrange histoire de « l’hôtel à projets Pasteur » a donc commencé ainsi, lorsqu’en 2013, à la demande de l’ancien maire Daniel Delaveau, Patrick Bouchain y a installé cet espace de réflexion et d’expérimentation baptisé « Université foraine » (UFO). Jusqu’en fin 2014, l’architecte de terrain qu’est Sophie Ricard y a tenu une « permanence architecturale », fédérant et croisant les publics tout comme les champs disciplinaires : santé, insertion sociale, sport, culture, bien-être, éducation… « Pasteur est un espace test qui accueille facilement des projets éphémères, nomades et émergents. Des initiatives qui ne trouvent pas forcément leur place ailleurs », décrit Sophie Ricard.

Architecture réversible.

L’expérience aurait pu s’achever à la fin de l’UFO. Et en rester au stade théorique d’émergence d’une nouvelle typologie d’équipement public urbain. « La Ville de Rennes souhaitait entrer dans une phase nouvelle, explique Jean Badaroux, directeur de la société locale d’aménagement Territoires publics, missionnée en 2015 pour accompagner le développement opérationnel du projet. Le bâtiment qui va entrer dans une première phase de travaux s’est révélé apte à accueillir un nouveau groupe scolaire. Huit classes au rez-de-chaussée pour la rentrée 2019. » - le déménagement du centre de soin dentaire étant programmé de longue date pour 2018. « Par ailleurs, la Ville souhaitait maintenir la vocation d’accueil de projets éphémères et émergents selon le principe d’hôtel à projets », poursuit Jean Badaroux. A l’issue d’une consultation lancée au printemps 2016, l’agence Nicolas Chambon a été mandatée pour la réfection du clos couvert. Une seconde équipe de maîtrise d’œuvre sera désignée en novembre pour la réalisation de l’école maternelle. « Les architectes coordonneront également un aménagement réversible et modulable des espaces, en lien avec les partenaires, poursuit Sophie Ricard, aujourd’hui chargée du développement de l’opération. Des chantiers école et des micro-appels à projets sont envisagés pour permettre à de jeunes équipes d’accéder à la commande et de faire leurs preuves. » Le budget total des opérations s’élève à 10 millions d’euros.

Acteurs depuis les débuts de la gestion et de la transformation du lieu, les usagers participent à la programmation de sa réhabilitation. La collectivité prend ainsi le pari de partager l’exercice de la maîtrise d’ouvrage publique avec la société civile… Il en va de même pour la gouvernance. Une association loi 1901, en cours de constitution, préfigure la structure juridique de type coopératif qui gérera à terme le projet avec les utilisateurs. Un cas d’école à suivre.

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